CHAPITRE PREMIER
RÉGION STERNO - HYOÎDlENNIi:.
La région stemo-hyoïdiemie (laryngo-lrachéale, Blandiii), portion médiane de la région trachélienne , a la forme d'un triangle
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allongé dont la base répond à l'os hyoïde et le sommet tronqué i la fourchelle du sternum.
Couches anatomiques. — 1* La peau est mince et molle ; elle renferme peu de follicules sébacés. Elle est sujette à prendre une couleur bistre ou ocreuse, que M. Pillon considère comme une syphi* lide et M.Diday comme un effet de la chlorose spéciale des sypbilî* tiques ; tous deux s'accordent à y voir un symptôme persistant de vérole constitutionnelle, dont c'est quelquefois le seul vestige. Elle présente latéralement le sillon stemo-mastoîdien^ qui correspond si exactement à la carotide primitive qu'il suffit d'y faire une inci* sion et de déjeter le muscle en dehors pour arriver sur le vaisseau. En haut, on sent la saillie de l'os hyoïde, dont la grande corne sert de point de repère pour la hauteur de l'incision à pratiquer dans la ligature de l'artère linguale. Il faut se rappeler que la peau est assa mobile, ce qui la fait participer aux mouvements de toutes ks parties environnantes : aussi dans la ligature de ces deux artères, comme dans la trachéotomie, il ne faut pas trop la tendre, car elle se déplace si facilement qu'on changerait involontairement ses rap* |)orts. Les plaies transversales se réunissent moins bien que lei longitudinales, et c'est une direction qu'on doit éviter de leur donner dans les opérations du cou ; elles sont difficiles à maintenir affron* tées à cause de l'antagonisme des muscles sus et sous*hyoldiens : il faut s'aider à la fois de la suture et de la position fléchie do la tête.
2* La couche sous-cutanée est cellulo-adipeuse; elle est plusoQ moins abondante suivant les sujets ; elle communique avec celle des régions environnantes: aussi ses inflammations ont une grande tendance a devenir diffuses, et fréquemment elle participe elle-mâme aux fluxions voisines.
S* Le fascia super/icialisy qu'il faut bien distinguer de l'aponé» vrose cervicale, prend quelques points d'insertion en haut sur le bord inférieur de la niAchoire, en bas sur la clavicule jusqu'à Tacromion, mais sans s'arrêter à ces limites qu'il dépasse pour s'étendre au delà ; il est simple sur la ligne médiane et bifolié sur les côtés, où il renferme entre ses deux lames du tissu cellulaire et le muscle peaurier (thoraoo-facial). — On y trouve aussi la veine Jugulaire externe, qui descend presque verticalement entre le peaucier et le storno-mastoïdien, qu'elle croise pour se jeter dans la sous-clavière. Cette veine est quelquefois double : dans la phlébotomie, il laut en pratiquer l'ouverture obliquement à ce dernier muacle, au-
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dessous de la partie moyenne du cou, à S ou i centimètres de la clavicule, afln d'éviter les filets nerveux qui l'entourent, avec la précaution, pour prévenir l'entrée de l'air, de ne pas cesser la com* pression entre la saignée et le cœur, avant de l'avoir établie sur la piqûre même. — La jugulaire antérieure^ devenue importante par ropéralion du torticolis, suit le bord antérieur du sterno-mastoldien, et vient en bas se recourber sous lui, à angle droit, pour s'aboucher dans la sous-clavière en dedans de la jugulaire externe. On se rappellera son trajet pour ne pas la léser dans la section de ce muscle.
Mous décrirons ici dans son ensemble le muscle peaucier^ afin d*eD mieux comprendre les usages, avec les inductions pathologiques qui en découlent : il s'insère à la face sur tout le corps de la mâchoire inférieure, et à la peau du thorax dans toute l'étendue de b clavicule; il occupe toute la surface antérieure et latérale du cou, excepté sur la ligne médiane où un raphé triangulaire a base inférieure sépare le peaucier gauche du droit. Ce n'est pas seulement un muscle de l'expression : M. Foltz a montré ifiev. médic.^ févr. 1862) qu'il a un usage plus important encore, celui de contrebalancer l'action de la pression atmosphérique de manière à assurer la continuité et la régularité de la circulation veineuse du cou, qui sans lui risquerait à chaque instant d'être troublée ou partiellement interrompue. Il a fait voir par là qu'il joue un grand rôle dans l'accident redoutable qu'on nomme entrée de l'air dans les veines : par sa contraction, en effet, il tend à produire le vide dans les organes creux situés derrière lui, et attire conséquemment Tair dans les veines qui ont été ouvertes. Cette explication est un complément satisfaisant de celle qu'en a donnée M. P. Bérard en signalant les brides fibreuses qui maintiennent les veines béantes, explication qui ne pouvait guère s'appliquer qu'aux gros troncs situés près de la poitrine. Enfin M. Foltz a prouvé que les peauciers concourent avec l'aponévrose cervicale à assurer Texercice libre et facile des mouvements du laryiix et de la trachée-artère, soit pendant l'inspiration, soit pendant le chant.
k** \j aponévrose cervicale a beaucoup compliqué Tanatomie chirurgicale du cou, à cause de la diversité de formes et de distributions que chaque auteur lui attribue. J'ai pensé qu!il serait préférable d'en donner ici une description générale, au lieu d'étudier isolément chacun de ses divers feuillets : on pourra mieux en saisir l'ensemble et les détails. — La description de M. Froriep nous a paru, comme