RÉGION PECTORALE OU THORAGIQUE
la base du mamelon, au sommet duquel ils s'ouvrent par 15 ou 20 orifices (Haller) cachés dans les rides de la muqueuse. Ils [sont agglomérés et se trouvent repliés sur eux-mêmes dans Tétat de flaccidité de Vorgane ; dans la turgescence mammaire, turgescence à laquelle participe le tissu érectile dont est pourvu le mamelon, ils deviennent au contraire rectilignes, et donnent au lait une issue facile. Je les ai toujours trouvés difficiles a injecter sur le cadavre ; lobservation qui précède en rend compte.
La plupart de ces dispositions anatomiques peuvent se reconnaître sur le vivant, dans la galactorrhée ou hypersécrétion laiteuse, fen ai relaté {Bullet. thérap., 1836, X, 12) une observation curieuse recueillie sur une femme de vingt-six ans : L^écoulement du lait n'était pas continu ; il ressemblait à celui d'une fontaine intermittente ^ la glande sécrétait sans cesse ; les réservoirs lactifères s'emplissaient ;les conduits eux-mêmes se distendaient; on trouvait alors des nodosités nombreuses, dues à Tengorgement passif de la glande et de ses voies excrétoires, avec des embranchements très marqués, qui dessinaient à la main exploratrice les conduits galactophores ; tout le sein changeait ainsi de forme et de volume. Un sentiment de pesanteur et de plénitude s'y manifestait avec des fourmillements et une ardeur incommodes, puis la détente arrivait comme par regorgement, et tout l'appareil sécréteur se vidait, pour se remplir de nouveau. L'art est peu avancé sur la nature et le traitement de la galactorrhée. c Les canaux galactophores, dit Dugès, participent sans doute fréquemment aux maladies des mamelles, mais ils en ofiTrent peu de particulières, ou du moins elles sont peu connues: quel rôle jouent-ils donc dans la galactorrhée? » (Dict, en 15 vo/., 1834, X, 354.) Peut-être peut-on répondre qu'en général ce n'est pas sur eux que porte la maladie, qu'ils ne sont la que des canaux de décharge, et que la glande seule est le siège ordinaire de la fluxion sécrétionnelle. D'après mon observation, il .doit être rare de constater expérimentalement l'état dont Dugès parle ailleurs : « Il n'existe ici (dans la galactorrhée séropurulente) qu'une inflammation chronique de ces conduits, ou seulement peut-être de leur membrane interne; inflammation qui peut durer longtemps sans inconvénients graves, mais qui peut aussi se terminer par des ulcérations qui minent l'aréole et font tomber le mamelon. » (Dict. en 15 vol., 1832, VIII, 605.) — Dans la galactorrhée, on a une tumeur laiteuse; après l'ulcération, c'est une fistule interne qui tôt ou tard devient complète, c'est-à-dire s'ouvre
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à Textérieur, et Ton constate ainsi les trois degrés des fistules lactces. Est-on dans la période de la lactation, les conduits versent, dans le foyer, du lait qui se mêle au pus. M. Bonnet dit avoir observé qu'alors le lait suinte goutte à goutte par intervalles de vingt à trente secondes {Arch. de méd., dée. 18S5). Je n*ai pas pu constater cette régularité ; mais j*ai vu, comme lui, que, lorsque la femme allaite avec la mamelle saine, la succion exercée par renfint augmente récoulement du côté malade.
Veut-on reconnaître si le liquide fourni par Tabcès contient du laity on le recueille dans un verre, et on le laisse reposer. A sa surface il se forme une couche de crème; dissolvez-la dans Téther, vous y retrouverez la matière grasse du beurre, qui rendra le papier transparent. Une deuxième couche appartient au caséum; une douce chaleur peut à la longue le cailler en partie ; les acides produisent ce résultat d'une manière tranchée. Enfin, une troisième partie, liquide, enveloppe le caséum : c*est le petit-lait qui, sans subir la fermentation putride, comme le pus, passe à Tétat acide, ce qui m*a toujours été facile à constater avec un papier réactif. Ajoutons que le microscope permet de reconnaître les globules caractéristiques du laite — J^ai rencontré bon nombre de fistules lactées : j'ai réussi à les guérir par Tablactation, la cautérisation de Torifice, et la compression méthodique laissée longtemps à demeure. Ces trois moyens réunis sont très eflîcaces. Dans la galactorrhée, j'ai obtenu la cure avec la ciguë et le camphre à l'intérieur, avec les frictions narcotiques et la compression à l'extérieur, en m'aidant au besoin des bains de vapeur. — Le tissu de la glande peut devenir le siège d'une troisième variété d'abcès (abcès mammaires ou/wrcyichymatpvx] qui débutent souvent par l'inflammation des conduits lactés connue des anciens sous le nom de poil. Dès qu'il y a suppuration , l'indication est de suspendre l'allaitement pour enipcVlier le nourrisson de sucer des globules de pus avec le lait.
5° Une lame cellulo-fibreuso tapisse la paroi postérieure de la glande, et concourt à lui former une enveloppe complète, en se confondant avec le feuillet profond du fascia super ficialis. Elle permet une sorte de mobilité à la mamelle, en l'isolant des couches sous-jacentes, mobilité qui persiste dans le squirrhe, tant que la dégénérescence n'a pas encore envahi le grand pectoral; alors l'opération devient toujours moins facile et plus grave ; elle nécessite une rescision musculaire. J'ai constaté à l'autopsie que plusieurs cancers réputés incurables avaient des racines moins profondes