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viscérale» appartiennent au poumon et non à la séreuse (Sappey). — Dans certains casd*inranlicide, MM. Bayani et A. Tardieu ont signalé un phénomène anatomique important pour les médecins légistes : ils donnent comme un signe de la mort par suffocation Veiistence A'ecchymoses sous-pleurales, dont le nombre parait en rapport avec la durée de Tagonie. On les a trouvées soixante -cinq fois sur cent trente-deux nécropsies ; les expériences sur les animaux fournissent le même résultat. Ces ecchymoses servent à distinguer la mort par suffocation des cas où d'autres causes viennent s'y joindre pour la produire. Ce signe n'aura toute sa valeur diagnostique chez les nouveau-nés qu'autant que la docimasie pulmonaire conduira à une conclusion analogue (Ann. d* hygiène ^ 1856).
Les cavités pleurales sont séparées par le médiastin ; leur sommet s'élève au-dessus de la première côte ; une plaie faite à la base du cou pourrait ainsi pénétrer dans le thorax. Leur hauteur mesure celle de la poitrine, et varie comme elle dans les mouvements respiratoires. La cavité droite est plus large que la gauche, mais moins haute, à cause de la présence du foie : de là le précepte, dans Tempyème, de ponctionner dans le troisième espace intercostal à gauche, et dans le quatrième à droite.
Les paumons^ organes essentiels de la respiration, sont au Dombre de deux, situés dans le thorax, un de chaque côté. Ce sont lies organes cellulo-vasculaires, spongieux, rétractiles, séparés l'un le l'autre par le médiastin. Ils ont la forme d'un demi-cône, dont e sommet est en haut et la base cxcavée en bas; le droit est plus rolumineux que le gauche : ce dernier est divisé en deux lobes par Joe scissure unique, et le premier en trois lobes par deux scissures. jcur base repose sur le diaphragme ; leur sommet déborde la prenière côte, de sorte que la cavité thoracique se prolonge au-dessus lu niveau de la cage osseuse, en forme de cul-de-sac ; l'opérateur |ai aurait a lier le tronc innominé, ou l'artère sous-clavière gauche, levra se rappeler cette disposition, pour ne pas s'exposer à ouvrir a poitrine. Leur face exieriieesi libre et se meut sur la plèvre paiétale ; dans le premier degré de la pleurésie , elle se dessèche , et 'ai plusieurs fois constaté qu'elle fait entendre un bruit distinct de rotiement, symptôme utile à connaître pour arrêter la phlogose à (on début. Leur face interne devient adhérente au médiastin, lu-dessus de son milieu, par la racine des poumons ^ qui se com- )0se d'une division de la trachée-artère , d'une branche de l'arère pulmonaire, des deux veines pulmonaires, entourées des
ramifications du pneumo-gaf/trique et du grand sympathique, enfin de vaisseaux et de ganglions lymphatiques. Ces troncs aériens et vasculaires se ramifient et se subdivisent de plus en plus dans le parenchyme puhnonaire, à mesure qu*il8 s'éloignent de leur origine. Dès lors, plus les plaies du poumon sont profondes, plus elles deviennent graves.
Chaque lobe est composé de lobules ; chaque lobule est indépen* dant, et formé de vésicules appendues, comme des grains de raisin, à une radicule bronchique. Les vaisseaux sanguins et lymphatiques se répandent en rameaux déliés dans Tintérieur des lobules. J*ai vo à Strasbourg une belle préparation où l'on suit la distribution capillaire des extrémités de l'artère pulmonaire sur les parois des vésicules bronchiques remplies de mercure. J'ajouterai qu'on y conserve la pièce historique qui a servi de type aux dessins de Reisseisen : c'est un lobule pulmonaire d'un veau^ dont les canaux aériens ont été injectés de mercure. Le métal est arrivé jusqu'aux dernières bifurcations , et l'aspect chagriné de la surface donne une bonne idée de la forme et des dimensions des vésicnles bronchiques (Rhrmann, Musée anat. de Strasbottrç^ 18S7).
Quand une cause morbide, comme une hydropisie, un pneumothorax ou un épanchement de sang, vient à comprimer l'organe pulmonaire, il se retire en haut vers sa racine. Il jouit d'une grande force de rétraclililé;on Ta attribuée, depuis Reisseisen, i l'action fies libres musculaires qu*on a admises dans les bronches ; ce n'est (|u'une propriété organique, inhérente à son tissu, qui persiste après la mort, et devient manifeste dès qu'on a fait cesser sa lutte avec la pression atmosphérique, en ouvrant la poitrine : l'air extérieur, entrant alors dans la plèvre, presse sur le poumon que sa propre élasticité fait revenir sur lui-même. Quant à la force d'expansion active dont on l'a doué, il y a eu erreur : la dilatabilité du poumon n*est qu'un phénomène passif dû à la précipitation de l'air dans ses cellules ; la pesanteur atmosphérique, agissant de dedans en dehors, le refoule et rapplique contre les côtes, grâce au vide pleural. Lorsqu'on ouvre la poitrine des deux côtés, sur un chien, N. Amussal a prouvé que l'organe s'affaisse et que l'animal meurt asphyxié, toutes les fois qu'on tient les deux plaies béantes. On a comparé avec justesse l'appareil pulmonaire à un soufllet à deux (compartiments, garnis chacun d'une poche ou vessie, communiquant entre elles et avec Tair extérieur par un tube commun ; ce tube c*est la trachée, les vessies représentent les poumons et le soufflet
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la cage thoracique (Halliday). L'inspiration et Texpiration sont analogues dans les deux machines. Survient-il an soulHet une perfbralion latérale, sans ouverture de la vessie? l'air s'introduira à la fois par le tube, et par le trou dans l'intervalle qui s'établira autour de la poche ; pour le poumon, il faut ajouter que, de plus, la rétraclilîté organique attire le fluide atmosphérique par la perforation, en refoulant l'organe vers sa racine.
rai entendu M. Bérard professer, dans son cours de physiologie (1835-1837), qa*nnc plaie pénétrante de la poitrine doit nécessairement al>oiir la respiraUon do même côté. Il comparait Tappareil respiratoire blessé au baromètre de Gay- Lntsac, où une ouverture capillaire suffit pour que la pression atmosphérique bne équilibre à tonte une colonne de mercure ; le poumon et les bronches représentaient la bonle et la tige de Tinstrument ; IVifice capillaire était figuré par l'ouverture trauma tique. Mais Tabus des images physiques l'avait induit en erreur ; car ici, il n'y a pas d'analogie, et l'on peut répondre que, toutes choses égales d'ailleurs, l'air a moins de tendance à pénétrer par la plaie que par la glotte. Il y a des distinctions à établir; voici ce qui se passe : L'air, introduit dans ta caTité pleurale, sera comprimé dans l'expiration ; et pour peu que la plaie toil étroite on sinueuse, il se fourvoiera, en soriant, dans les couches souscutanées : de là, une première variété d'emphysème, sans lésion du poumon. Dans ce cas, il faut fermer la plaie extérieure. Y a-t-il plaie du poumon 7 L'air arrive par deux voies dans l'inspiration, et se trouve chassé par l'expiration avec plus de force, sa masse étant plus grande; le poumon, on s'aiïaissant, peut lui fermer une des issues : de là, une deuxième variété d'emphysème, plus fréquente et plus considérable que la première. Le phénomène s'accomplit quand me fracture de côte avec esquille a perforé le poumon, sans plaie extérieure. L'auKuliadon aidera beaucoup h discerner les deux expèces. M. Malgaigne vent qu'on laisse la plaie ouverte dans la deuxième ; on trouve même dans John Bell le eoBiell de l'agrandir quelquefois.
Les plaies pénétrantes de la poitrine se compliquent en général de celles du poumon, car il esl difficile qu'elles se bornent à la plèvre pariétale, sans intéresser l'autre lame qui lui est adossée. L'ausciillation m'a plusieurs fois servi à reconiiaîtie TexisteniT de cc'ttc double lésion. Toute division du poumon entraîne un écoulenienl de sang proportionné à sa profondeur; il s'y joint une iniiltrnlion sanguine des bords, qui les engorge, et leur donne une teinte uoiràtre et comme ecchymosee, dans une étendue vai iable suivant l'importance des vaisseaux blessés. Remarquons (|u'en médecine légale j ce caractère servira à discerner une plaie faite pendarjt la vie de celle qui n'aurait eu lieu qu'après la mort.
Je pense, avec Valentin et Larrey, qu'il faut alors fermer la plaie extérieure. H. Malgaigne adresse trois reproches à cette pratique
qu'il rejelte : — 1* Suivant lui, elle favorise répanchement du sang \ dans la cavité pleurale. — Mais, s'y oppose-l-on efficacement par Taulre méthode ? — 2* Elle produit des symptômes de sufTocation par Texcessive compression du poumon, du médiastin et du diaphragme. — Mais Taflaissement inévitable du poumon par la pénétration de Tair n'a-t-il pas pour conséquence une forte dyspnée, et cela presque en pure perte? — 3* Elle laisse dans la plèvre un énorme foyer de sang, qu*il faudra extraire par une opération, qui, en laissant pénétrer Tair dans un foyer sanguin, peut développer les accidents les plus graves. — Mais Tair n*y pénètre-t-il pas mieux encore dans l'autre procédé, soit qu'on laisse la plaie ouverte, soit qu'on établisse une contre-ouverture, comme la même théorie l'enseigne? El cette introduction est-elle donc si innocente? Sans admettre que le sang épanché se coagule tout entier, on ne peut nier qu'il ne forme bouchon, et ne serve de matière au caillot qui contribue à oblitérer les vaisseaux. D'ailleurs, l'infiltration sanguine et l'engorgement des bords de la plaie, ainsi que l'afiSûssement du parenchyme pulmonaire, rétrécissent tellement les orifices des vaisseaux cou(>és, qu à moins qu'ils ne se trouvent d'un diamètre considérable, Themorrhagie ne lardera pas a s'arrêter. Cette méthode m*a plusieurs fois réussi , et les observations que j'ai compulsées dans les auteurs militent en sa faveur ; je doute qu'aucune autre puisse fournir un pareil nombre de succès, ce qui me semble ici un argument péremptoire. On assure la guérison par le repos complet, l'immobilité des côtes par un bandage de corps, le décubitus sur le côté malade, le silence, l'absence de tout effort, de la toux, de rélernumenl. Au reste on surveillera le blessé, et s'il survenait des phénomènes inquiétants de suffocation, il faudrait, sans s'attacher trop obstinément à cette méthode, rouvrir la plaie et évacuer le sang.
Dans un cas de rétrécissement consécutif à un épanchementpleurétique guéri, M. Pravaz a réussi à dilater le poumon affaissé, par l'usage prolonge du bain J^air comprimé ; il s'aida de l'exercice gymnastique des bras, |K)ur développer la cage thoracique, favoriser l'introduction de Pair et le retour de la circulation. Le jeune homme se rétablit heureusement (Journ. de méd, de Lyon^ 1842). M. Lacour a fait connaître une guérison analogue \fjaz. méd. de Lyon^ 1851}. C'est là une précieuse ressource pour l'art, qui était désarmé dans les lésions bcmblables.
Dociniosie pulmonaire. — Une question grave qu'on a souvent à