ARTICLE II. — DES REINS ET DES URETÈRES
Le rein^ organe sécréteur de Turine, est couché sur les côtés du nehis et du psoas, au devant du carré des lombes ; il correspond ux dernières vertèbres dorsales, et aux deux premières lombaires, else prolonge à 6i millimètres (2 pouces] au-dessous de la douzième oôte, de manière à reposer sur V aponévrose trilobée; il est plongé tOQt à fait en dehors du péritoine, dans une couche épaisse de tissu adipeux, que Bordeu nommait Y atmosplière celluleuse du rein. Le gauche est un peu plus élevé que le droit. On y trouve de fréquentes anomaKes ; j*ai cité l'observation d'un rein gaucheformé dedeux lobes distincls, avec deux bassinets et deux uretères [Gaz. méd., 18S7, Q* IS). Cette réunion incomplète réalise des conditions fœtales coDservées par suite d*un arrêt de développement : cette séparation Idbuleuse, qui, chez Thomme adulte, est une monstruosité, repré* sente les caractères normaux d'un assez grand nombre de mammiftres, et notamment des cétacés, chez qui les lobules du rein sont si nombreux et si bien divisés que Torgane, dans son ensemble, a été comparé a une grappe de raisin. Concluons que les reins surnuméraires dont parlent les auteurs ne sont souvent que des lobules normaux, restés distincls; qu*en un mot, il y a plutôt scission que multiplication de Torgane. J'ai rencontré, sur un vieillard, le rrîn gauche couché en travers sur les dernières lombaires. Son siège est sur la ligne médiane, quand il n*y en a qu'un, par fusion des deux en un seul. M. Velpeau dit avoir vu cet organe flottant dans le bassin : sur un malade de M. Rayer, le rein droit pouvait être repoussé jusqu'à l'ombilic, comme une tumeur mobile. On conçoit à quelles graves méprises pourraient donner lieu ces anomalies
8là DE l'abdomen.
dans le diugnostic des tumeurs du venlre. Il faut, avec Rokitânski, distinguer le rein impair, par absence de son congénère, du rein unique par fu>iori, lequel présente les caractères de la duplicité organique, et dont le plus faible degré esl connu sous le nom dp fera cheval (Gorup Besanez).
L'échancrure ou hile dû rein reçoit V artère rénale y branche de l'aorte, et des nerfs nombreux émanés du plexus rénal. On en voit sortir la veine rénale, qui se rend dans la veine cave -, les lymphatiques profonds , qui, réunis dans ce point au réseau superficiel dont l'organe est entouré, vont se jeter dans les gailglions lombaires; enfin Y uretère^ qui fail suite au bassinet, poche membraneuse infuodibuliforme où se versent les calices. L'uretère est un long canal membraneux qui conduit l'urine du bassinet à la vessie où il s'ouvre dans le bas-fond, après avoir traversé obliquement les parois dans rétendue de quelque.^ lignes. II descend obliquement sur le muscle psoas et l'iliaque primitive, jusqu'au devant de la symphyse sacroiliaque, où la base du sacrum le sépare de son congénère. J*ai constaté que, dans les cas de rétention chronique d'urine, il y a pi^ fois conversion de leur tunique fibreuse en membrane musculeuse, par suite des efTorts continuels nécessaires pour l'expulsion de ce liquide.
Une plaie pénétrante aux lombes peut intéresser le bassinet et le rein ; de là, le danger d'une fistule urinaire. Dans les calculs rénaux, doit-on recourir ù la néphrotomie? On pourrait certaimment pénétrer par une incision verticale le long du bord antérieur du grand dorsal ; mais la profondeur du viscère et l'incertitude des symptômes imposeront toujours une extrOme réserve. Si le calcul a déjà occasionné un abcès aux lombes, il faut l'ouvrir et extraire avec soin toutes les concrétions, pour prévenir la persistance d'une fistule.
Le rein est env(»loppé d'une membrane fibreuse propre; il se compose de deux substances, l'une externe ou corticale^ d'apparence granuleuse*, l'autre interne ou tuhuleusej disposée en faisceaux coniques (/;yr<mw*rfc.s*rfff Malpighi)^ au nombre de dix à vingt, dont le sommet mamelonné regarde le hile. Le rein joue un grand rôle en pathologie, notamment dans deux maladies générales: Xalbuminurie, caracteri>ée par la présence d'une quantité notable d'albumine dans l'urine, et le diahpte ou glycosurie^ qui consiste dans la sécrétion abondanle d'urines chargées de matières sucrées. — J'ai trouvé, chez quelques vieillards, (|ue la substance corticale
CAVITÉ ABtiOMiNALE. SUft
VhtMphie, les cônes subissent la transformation graisseuse, et Torfttie ne représente plus qu*une poche avec hydroncphrose (Gaz. f.,18S7, nM5).