‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 8 sur 167 · TAILLE · texte numérisé non relu

TAILLE

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Il est aisé, avec ces doiiiiffes, d'arriver l\ la délermiiiation do rdfte d'un individu : Supposons une laillo <le l'"6G et un poids de 58 k. D'aprf-s la première

s PROLÉGOMÉLXES.

Les professiofès et Y habitude modifient telleroent qu'on a dit qu'elles créaient une seconde nature. Les prédooiiiiaDce natives s'effacent ou se nivellent ; un exercice partiel dêv)eloppe4H un organe , d^autres s*atropbient par le repos. La maigreiir di bras chez les danseurs de profession est aussi proverbiale que li volume de leurs mollets. Le cadavre d'un vieux tailleor mor pbthisique, a offert à M. Diday un exemple curieux de ces cflels au milieu de tous les muscles amincis et décolorés, le coQtnrie seul Justifiant ainsi son nom) témoignait par son volome et s rougeur que son usage prolongé Tavait sauvé du dépérisseineii général. Il importe au médecin d*étudieret de connaître les prédis positions acquises qu'amènent les habitudes sociales et professioii nelles. Il saura qu'elles soûles doivent être accusées de produir certaines déformations qu*il ne faut pas rapporter a d'autres origines on peut citer les déviations des métatarses chez les tailleurs, le inégalités du sternum chez les cordonniers , etc. Parfois aussi d nouveaux organes sont créés de toutes pièces et peuvent ensuili devenir le siège de maladies spéciales ; telles sont les bourses mu queuses qu'on voit se former partout où s'opèrent et se répèteo des frottements.

L'histoire du dévelopjtement nnbryonaire a pris dans ce sièck une grande extension philosophique; ses lois générales, comnv ses phénomènes de détail , sont élevées aujourd'hui au rang d vérités démontrées. L être humain se forme de deux moitiés latérale dont la fusion s*opère sur la liirne médiane : et sans avoir pu sur prendre sur le fait leur sé|>aration primitive, on l'admet par ana logie, et les faits patholofrique< et tératologiques viennent largemen déposer en faveur de ce système. Faut-il rappeler d'une part li duplicité des organes latéraux, les symphyses médianes, le rapb

coloBBe, U aurait on peu plus de 18 ads. et, d*aprèft la deniième, oo pra inoia de 20 : OQ coadora avec beaucoup de probabilit*^ qa*n doit avoir i8 à 30 aoi Toutefois, dans rig;e adulte, où la taille change peu et où le poids varie i>ea» coup, ce» cbitTreH o*; douneut que des approximations incomplètes ; ils sob peu applicables. .Main pnnr les ;:utres âges , le rapport nioven de la slatare afci le poids, qui indique le véritable déféré de développement, peut foamir de t\tH\née% nou««'ll<^ ei préci^uv s. \\, Malgaigne dê>iierait avec rai»on qo^on Ita rompt'* ao^M ^p la loiifiiiriir iWs oKmhrrs thnraciqiif'u et de ce.le di*s abdomi" naux compara titi-m'^nt an ironr |.n Innuiieiir «îo-t premi**rs fHOi ajooter quef qu#! f.liOfM* au |Kml« , tamli^ i{ue cfll** dt*» vTond», a laiik «'cale, peut le dimi tMirr.

des téguments, le frein de la langue, des lèvres, du prépuce; d^autre part, la bifldité palatine, le bec-de-lièvre , le spina biBda, Thypospadias, etc. ? Ce sont là autant d'arguments en faveur de cette doctrine, et surtout autant d'exemples qui en montrent la fécondité. Son grand mérite, pour le médecin , consiste dans la lumière qu'elle jette sur les causes d'une foule de monstruosités ou de maladies originelles.

Le rachis, premier appareil distinct, n'est d'abord formé que de deux lignes parallèles, présentant à leur extrémité supérieure un point de jonction, rudiment de la tète. La moelle apparaît plus tard entre elles ; et bientôt leur union complète à cet organe son cylindre protecteur. L^organogénésie des autres éléments de l'économie suit des phases analogues. Quelques conduits , primitivement doubleSy le demeurent parfois durant toute la vie (vagins bifides, ulérus bicornes); d'autres, imperforés dans l'origine, conservent cette disposition (atrésie anale) ou ne s'ouvrent qu'incomplètement (membrane hymen). Il est remarquable que les diverses périodes par lesquelles passe le corps humain jusqu'à sa formation complète, sont chacune la reproduction de l'état définitif de certaines classes d'animaux inférieurs; circonstance qui donne la clé d'une foule d'anomalies, et qui apprend pourquoi, dans la série animale, jamais un vice de conformation ne représente chez un individu des dispositions propres à un être supérieur.

Les membres sortent du tronc par une espèce de bourgeonnement : c'est d'abord la main et le pied qui apparaissent; puis i'avant-bras et la jambe se détachent ensuite, et enfin le bras et la cuisse viennent à leur tour éloigner les extrémités podales etchéiriennes du lieu de leur implantation primitive. Aussi n'est-il pas rare de voir des monstres dépourvus de cuisses ou de bras , ou n'ayant pour tout appendice que des mains ou des pieds. J'en ai rencontré un exemple curieux sur un anencéphale. C'est là un arrêt de développement dans son expression la plus simple.

La doctrine des arrêts de développement révèle le secret de la plupart des monstruosités : seulement, pour être vrai, il ne faut pas lui donner une valeur exclusive dan^i l'explication des difformités; les accidents morbides de la vie intra-utérine jouent aussi un rôle secondaire; il faut reconnaîlre que certains vices de conformation résultent des maladies du fœtus (pied bol), des rapports irréguliers de ses parties (adhérences anormales), ou du développement simultané de deux êtres dans les munies enveloppes (diadel-f

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phes), etc. L'évolution une fois (roublée ou suspendue, les parties qui sont frappées ne croissent ni ne vivent plus comme à l'ordinaire; leur physionomie se dénature a la longue. Il est facile de concevoir les désordres que peut produire la puissance combÎDée de ces nouveaux éléments morbides. L'anatomie médicale doit connaître et apprécier toutes ces influences; car le traitement d'une difformité variera évideniment, selon qu'elle est un résultat de maladie ou un simple temps d*arrèt dans l'évolution organique.

A l'autre extrémité de la vie, Tinfluence de Tàge vient i son tour désorganiser le corps humain. Des organes entiers s'altèrent ou disparaissent à mesure que l'existence parcourt ses périodes; le thymus se résorbe; les mamelles et les ovaires s'atrophient; le cristallin devient opaque; les artères s'ossifient; l'ouïe s'émousse; les dents tombent, ainsi que les cheveux. L'économie se détériore jusqu'i son dernier jour.

La mort livre i l'anatomiste l'objet même de son étude ; car, i part quelques rares occasions fournies par la médecine opératoire, c'est de la nécropsie que se tirent toutes nos notions de formes et de structure. Mais le cadavre prête encore a l'investigation médicale sous un autre point de vue : son examen éclaire souvent sur l'époque et la cause de la mort; et, dès lors, il importe, pour régulariser cette étude, de déterminer de quelle manière les choses se passent dans la mort naturelle. Le refroidissement est le premier phénomène appréciable, ainsi que la décoloration: les signes de fluxion se dissipent, et souvent les congestions ne laissent plus de traces. Les attitudes de l'agonie persévèrent, et les parties finissent par se raidir dans la situation où lu mort les a surprises; c'est la rigidité cadavénqiw.^ dont l'époque d'invasion, bien déterminée par Nysten, est un signe précieux pour calculer le moment d'un décès dont la date est encore récente; le développement rapide de la rigidité cadavérique et de la putréfaction païuit être en raison de la quantité de carbone brûlée dans les derniers temps de la vie (Dumai) et surtout de la surexcitation musculaire (Brown-Séquard, Gaz. méd. 18A(>, n» 17). Les nerfs des muscles paraissent perdre leur excitabilité galvanique dès les premiers jours , tandis que la fibre musculaire ello-mênie conserverait la sienne plusieurs semaines (Longet). Il est que^iues actes fonctionnels qui se poursuivent quelque temps encore, comme lu sécrétion de la bile, de Turine, dont les réservoirs ne sont jamais vides à l'autopsie ; on dirait que le centre de Téconomie continue à agir par une sorte de mouvement

idio-organique (Ripoult). Qui ne sait que les sécrélions cpidermi* ques s'accomplissent plusieurs jours encore après le dernier soupir jongles, poils)? Quel anatomiste n*a pas constaté la croissance de la barbe sur les cadavres ?

On a désigné sous le nom A' effets cadavériques divers phéno^ mènes qui ne sont pas encore la décomposition, mais qui n*appar« tiennent déjà plus à la vie : La plupart de ceux qui précèdent rentrent dans cette catégorie; on a récemment donné comme nouveau signe de la mort réelle, la déformation transversalement ovalaire ou elliptique de la pupille sous l'influence d'une forte pression exercée par le doigt, sur le globe oculaire, par-dessus la paupière inférieure (Ripault, Revue médic, 1846, 1. 1, p. 446). Il faut ajouter la décoloration de la pulpe des doigts qui, placés entre l'œil et la lumière, ne reflètent plus une teinte rougeàlre, comme sur le vivant; diverses stases sanguines vers les points déclives ; une variété d'engorgement ou de pneumonie liyposlatique; les concrétions fibrineuses des cavités du cœur et des gros vaisseaux ; enfin la coloration verte ou bleue du ventre, seul signe univoque de la mort réelle, d'après M. Deschamps.

Personne n'ignore combien il importe d'étudier tous ces changements pour apprécier leur 'évolution et leurs degrés divers, afin de ne pas les rapporter à des affections étrangères à leur production, de n'attribuer aux lésions pathologiques que leurs caractères réels, et de ne pas confondre la léthargie et les diflerentes morts apparentes avec l'extinction absolue des forces vitales. La médecine légale surtout puise dans ces faits des lumières précieuses : par l'état physique et chimique des éléments organiques, elle détermine l'époque du décès. L'examen des appareils cardiaque et pulmonaire lui permet d'établir si un nouveau-né a vécu de la vie extra-utérine (docimasie pulmonaire). Le seul aspect vultueux ou pdlo de la face, après la mort par suspension, lui enseigne si le sujet a succombé à l'asphyxie ou a la luxation des vertèbres (Orfila) ; en s'éleVant à la théorie du mécanisme et de l'époque de la mort, elle va parfois jusqu'à en découvrir l'auteur, par les circonstances spéciales des lésions traumatiques. Des malfaiteurs font-ils des blessures au cadavre de leurs victimes pour dérouter la justice? Le médecin légiste trouve, dans Tabsenco d'un travail vital, d'ecchymose ou de turgescence autour de la plaie, les éléments d'un diagnostic sûr; il déjoue les manœuvres du rrimc ; lu nature posthume des lésions est dévoilée.

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