ARTICLE III. — APPAREIL DÉFÉGATEUR
Le rectum est refoulé en arrière par l'appareil utérin. Le vagin lui est uni dans les trois quarts inférieurs» ce qui constitue la cloison recto-vaginale^ formée de toutes les tuniques de ces deux organes. En haut, oii les sépare le péritoine, l'intestin adhère à un tissu cellulaire lâche qui se dédouble aisément et permet isolément les prolapsus du vagin ou du rectum. Parfois ce dernier pousse l'autre en bas et en avant vers la vulve , et donne lieu au rectocèle vaginal^ espèce de hernie signalée comme nouvelle par M. Malgaigne , mais déjà connue et décrite par Sabatier , Van Swieten , Monteggia » darke, etc. MM. Stoltz et Champion (de Bar-le-Duc) ont remarqué i|u'il se produit souvent alors un collet analogue à celui des autres bernies. La muqueuse rectale faisant saillie entre les fibres musculaires écartées, le resserrement de celles-ci constitue un véritable anneau qui comprime le doigt au moment où il s'engage dans la poche pour procéder à l'exploration rectale déjà recommandée par Clarke etBellini comme fournissant le signe pathognomonique du mai. Les guérisons spontanées sont très rares; M. Erhmann en a recueilli un exemple, et M. Malgaigne un autre.
M Sloltz m'a communiqué un procédé ingénieux qu*il a imaginé pour y remédiert et qui a réussi dans deux cas. V temps :Le doigt d*un aide est introduit éaBsla poche herniaire pour la tendre ; on fait sur la tumeur deux incisions semi-
â66 DU BA88IN.
elliptiques, dont récartement est réglé sur sou volnniti Qndlssèqaeciroueitoïc
avec le bisiouri et des ciseaux courbes sur le plat, toute la portion de munusut
ainsi circonscrite, en ayant soin de s'arrêter à la tunique fibro-fiaculairc. —
3* temps. Ayec une aiguille courbe, munie d'un fil drë, on lait, à partir de li
commissure inférieure, en allant de gauche à droite, une sotare à pcriatt piMêi,
disunis de 3 à 4 millimètres (1 ligne et demie à 3 lignes), qui oontovM li
commissure supérieure, et revenant à son point de départ, clroonscrit alaii
toute la tumeur. — 3* temps. Les deux fils sont attirés par la mala droite p»
dant que Tindex gauche refoule la tumeur, et réduit la hernie par une c^ècc
d'invagination. Le fil rapproche ainsi, en les fronçant, les lèvres saignaitcide
la plaie. Un nœud à rosette termine Topération. La tumeur a dinpara» et la pv-
tion opérée du vaghi rentre dans le bassin, hors de la vue ; nne cicatrice n|ii*
née se forme et se consolide rapidemenu Le rectocèle est nninlena réMfV
le froncement de la paroi vaginale et par la répulsion de la portion litnWi Ai
rectum.
c G*est chei les femmes surtout qu*on peut apprécier la jmtaM de la théorie de M. O'Beirn ; bien que d'ordinaire constipées, tint très rare qu'on trouve des matières fécales dans le rectum. > (Ugaigne.) J'ai déjà dit (voyez Rectum chez Thomme) que Tobsemtion clinique enseigne le contraire , et j*en appelle à rexpérieoee des praticiens sur ce point. Le mode d*excrétion , après les déchirures du périnée , n*est pas favorable non plus i cette doctriie: aujourd'hui, le sphincter supérieur paraît singulièrement dédioè son importance, si l'on en juge d'après le silence qui s'est fiût aolnr de cette théorie.
ARTICLE IV. — W PÉRINÉE.
Le périnée chez la femme présente de grandes différeBces suivirt l'âge. Avant la puberté, il est resserré transversalement, et sa teur prédomine. Chez l'adulte, au point de vue obstétrical, il prend tout le plancher inférieur du bassin ; ses diamètres anténpostérieur et transverse ont chacun 108 millimètres (à pouces); le premier peut s'agrandir encore par la rétrocession du coooji. L'écartement des ischions et la largeur de la symphyse sont m caractères ^ mais les vices de conformation du petit bassin loi m priment de notables variétés.
Le périnée proprement dit doit s'entendre surtout de l'intervalb ano-vaginal. Les organes de cette région sont compris dans oi espace triangulaire dont la base répond à la peau , et le sommet â l'adossement du rectum et du vagin , ce qui constitue la doim recto-vaginale. Sur vingt femmes, la profondeur du pérîné , eatu
DES PARTIES MOLLKS DU lUSSIN CHEZ LA FEMME. i67
It méâl urinaire el le eul-de-sac du péritoine derrière la vessie ^ « varié de 6A à 81 millimètres (2 à 3 pouces) ; au niveau du vestibule, la dbtance de la vessie à la surface a offert 32 à 33 millimètres (10 à 15 lignes) (Blandin).
Lastructurepérinéale nous est déjà connue par l'étude des régions de Tanus et de la vulve, auxquelles nous devons renvoyer pour éviter des répétitions. Son relâchement est une des causes qui favorisent le prolapsus utérin. Il importe, dans l'accouchement, de le soutenir pour en empêcher la déchirure , accident fréquent en obstétrique. U n*y a pas d'exemple que cette division ait jamais été congénitale, OûiDine on le voit pour l'urèthre et la face antérieure de la vessie ; c'esl pendant le travail de la parturition que s'opèrent les ruptures du périnée et de la cloison, surtout chez les primipares, et lorsque le volume de la tète n'est pas en rapport avec la dilatabilité des par« liaa génitales ; elles peuvent comprendre tout le plancher périnéal, jusqu'à la marge de l'anus, pénétrer même jusque dans le rectum et envahir aussi une étendue variable de la cloison vaginale ; dès lors , la double ouverture ano-vulvaire ne constitue plus qu'un inÇoiroie cloaque où tombent et se confondent les urines, le mucus aléro- vaginal, le sang des règles, les gaz intestinaux et les matières iéoales ; de plus, il existe d'ordinaire une incontinence de ces der* nîères. Rien n'est plus triste que la condition des femmes réduites à cal état ; objet de dégoût pour autrui et pour elles-mêmes, en proie A une infirmité incessante, inhabiles à la vie sociale, et, pour ainsi dire» aussi misérables que si elles avaient un anus contre nature, elles soat presque toutes obligées de vivre dans une solitude contraire ileur âge, à leur sexe, à leur santé et à leurs habitudes. — Des procédés divers oiU été employés pour y remédier, depuis Guillemeau jusqu'à M. Roux, qui a appliqué la suture enchevillée. J'ai nommé férméoraphie ce mode de restauration du périnée, expression aujourd'hui passée dans la science : M. Danyau s'en est servi dans un mémoire où il cherche à prouver que la périnéoraphie peut s'appliquer avecavaotage, tout de suite après l'accouchement (Jaum. dechir.^ ftUS). Dans les ruptures même incomplètes, la nature est impuissante pour opérer la réunion, et l'observation m'a conduit à considérer comme mal fondée la confiance de Chelius dans le décubitus laléral. On s'étonne qu'il se borne à conseiller la suture entrecoupée qui est même inférieure à la suture entortillée (CAir,^ trad. de Pigné, 1886, 1. 1, p. 262). La suture enchevillée a l'avantage de léuair la plaie par ses parties profondes , au meyeo de la donUe
pression latérale et uniforme qu'accroissent les cylindres, raifoumi ailleurs (Gaz. méd,^ 18A0, n"" 52) des exemples et des préceptes de détail. M. J. Cloquet a réussi à l*aide de cautérisations répétées sur
Tangle même de la déchirure.