Î)E LA RÉGION ORBITAIRE INTERNE
lieux réfringents , d’autres des tapis absorbants et rarement réflecteurs 1 des rayons lumineux ; un seul forme une toile sensitive pour recevoir les impressions , quelques-uns des parties immédiatement protectrices ; enfin , on y trouve des vaisseaux de tous les ordres et des nerfs; vainement y ehercherait-t-on du tissu cellulaire ou de la graisse. Sept muscles occupent l’orbite : six sont moteurs du globe de l’œil, un seul appartient à la paupière supérieure 2 ; parmi les premiers on distingue les quatre droits et les deux obliques. Une masse considérable de tissu cellulaire et adipeux, forme derrière le globe de l’œil un véritable coussin élastique, sur lequel celui-ci exécute tous ses mouvements; cette masse cellulograisseuse communique par les fentes orbitaires supérieure et inférieure, avec le tissu cellulaire crânien et celui de la région zygomatique. Les artères orbitaires viennent de l’ophtalmique , fournie ellemême par la carotide cérébrale ; disposition qui fait que la circulation de cette région, doit être considérée comme un appendice de la circulation du cerveau ; le tronc de l’artère ophtalmique , comme on l’a vu , est anastomosé avec ceux de la face et de
1 Le tapis diversement coloré de la choroïde des animaux est dans ce cas, comme l’a démon tré M. Desmoulins.
Les auteurs répètent à toit, que le muscle releveur de la paupière supérieure se termine en avant par une mince aponévrose : j’ai maintes fois constaté le contraire. Ses fibres s’écartent seulement les unes des autres, et deviennent plus pâles, circonstance qui a sans doute contribué à faire commettre l’erreur indiquée.
la tempe. Les veines se rendent dans le crâne par un tronc commun , elles débouchent spécialement dans le sinus caverneux ; aussi la veine ophtalmique peut elle être comparée aux grandes veines émissaires, sous le rapport de la disposition. Les vaisseaux lymphatiques sont mal connus ; quelques-uns paraissent se porter vers la base de la cavité , d’autres descendent par la fente orbitaire inférieure. Le nerf de la deuxième paire, ceux de la troisième, de la quatrième et de la sixième sont en totalité destinés à cette région , où l’on trouve encore la branche supérieure de la cinquième paire, branche qui la traverse presque seulement, sans fournir de ramifications intrinsèques ; on y trouve aussi le ganglion ophtalmique, dont les angles antérieurs fournissent les nerfs ciliaires , dont les angles postérieurs communiqu ent chacun par un filet , avecle moteur commun et le nasal de l’ophtalmique de W illis.
20 Rapports. — Les rapports de cette région sont difficiles et pour cela, ils doivent être exposés avec une méthode sévère. Le globe oculaire et le nerf optique forment l’axe, autour duquel nous devons superposer les autres organes ; mais d’abord l’œil lui-même reporté tout-à-fait en avant, doit nous occuper dans sa disposition intrinsèque.
i° En le perçant avec une aiguille suivant son axe, on pénètre successivement : la conjonctive qui passe sur la cornée; les diverses lames de cette dernière membrane, lames que sépare un fluide transparent; le feuillet antérieur de la membrane de l’humeur aqueuse , puis on arrive dans la chambre
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antérieure de l’œil, espace formé par une paroi antérieure concave, et une autre postérieure tout-à-fait plane ; après avoir traversé cette chambre , remplie d’humeur aqueuse , l’aiguille pénètre dans la postérieure, librement au milieu, par l’ouverture pupillaire entourée d’un petit cercle artériel très remarquable ; en dehors de la pupille , elle lèse l’iris et les trois lames qui la composent, la première appartenant à la membrane de l’humeur aqueuse, la seconde formée par le tissu propre de l’iris , la dernière, membrane uvée, lame interne de la choroïde. Cette chambre postérieure , moins spacieuse que l’antérieure et remplie de même d’humeur aqueuse chez l’adulte , est fermée en avant par une paroi plane et en arrière par une convexe , tandis que sa circonférence est constituée par les procès ciliaires, replis de la lame interne de la choroïde. Après avoir franchi cet espace^instrument atteint plus profondément les capsules hyaloïdienne et immédiate du cristallin 1 * l’humeur deMorgagni qui sépare cette dernière du tissu du cristallin s’écoule , celui-ci est lui-même percé et l’aiguille arrive dans le corps vitré , où elle peut blesser l’artère centrale qui parcourt le canal hyaloïdien découvert par M. Jules Cloquet m, enfin au-delà de l’espace cloisonné irrégulièrement qui loge le corps vitré, elle tombe succéssivement : sur la rétine, la choroïde et la sclérotique ;
1 Le cristallin a réellement deux enveloppes ou capsules, l’une qui lui esl propre, l’autre que lui fournit le corps vitré.
ï5f> ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.
il faudrait qu’elle fût dirigée un peu en dedans,
pour atteindre l’insertion du nerf optique.
2° En perçant l’œil de dehors en dedans , au niveau de l’union de la cornée avec la sclérotique , une aiguille léserait successivement : la conjonctive , l’union des deux membranes précédentes , le cercle ciliaire, qui leur adhère intimement en dedans, la grande circonférence de l’iris et son grand cercle artériel; puis inclinant sa pointe un peu en arrière, elle blesserait les procès ciliaires et pénétrerait dans la chambre postérieure ; s’inclinant ensuite en avant, elle arriverait au contraire dans la chambre antérieure , après avoir traversé la membrane de l’humeur aqueuse. Enfin , à deux lignes ou plus de l’union de la cornée avec la sclérotique, l’aiguille intéresserait pour arriver sur le crystallin en avant et sur la capsule hyaloïde en arrière : la sclérotique, la choroïde, et la rétine en arrière ; entre les deux premières, tantôt quelques vaisseaux et nerfs iriens seraient piqués, tantôt l’instrument se glisserait entre ces filaments qui marchent d’arrière en avant.
En dehors de l’œil et du nerf optique , parties centrales de la région orbitaire interne , les ra pports doivent être examinés supérieurement, inférieurementy en dedans , en dehors , et en avant . i° Supérieurement. La paroi osseuse enlevée avec son périoste , on trouve, de suite les vaisseaux et nerfs susorbitaires dans toute la longueur de l’orbite, et en arrière seulement le nerf pathétique dirigé en dedans; plus profondément, le muscle releveur delà