‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 38 sur 102 · DE LA RÉGION ORBITAIRE INTERNE. I · texte numérisé non relu

DE LA RÉGION ORBITAIRE INTERNE. I

paupière supérieure ; ensuite le droit supérieur de l’œil ; au-dessous , les vaisseaux musculaires supérieurs, et la branche ascendante du nerf moteur commun ; enfin , au milieu de la graisse , immédiatement sur le nerf optique, le nerf nasal et l’artère ophtalmique qui se portent de dehors en dedans , puis les vaisseaux et nerfs ciliaires qui suivent parallèlement le nerf optique. (i° Inférieurement. La paroi osseuse étant également enlevée avec les vaisseaux et nerfs sous-orbitaires qui s’y trouvent logés d’abord dans une gouttière , puis dans un canal , on découvre successivement : le muscle droit inférieur et le petit oblique, la branche inférieure trifide du moteur commun et le filet qu’elle envoie au ganglion ophtalmique , enfin les vaisseaux musculaires inférieurs au milieu de la graisse. 3° En dedans. De la paroi olfactive vers le nerf optique et l’œil , la première étant détruite , un premier plan apparaît formé parle muscle grand oblique en haut et le droit interne en bas , entre eux par le nerf nasal et les artères ethmoïdales; plus profondément, au milieu de la graisse viennent ensuite : i° en arrière la fin du nerf pathétique, et aussi le nasal qui se place bientôt dans le plan précédent; 2° en avant, l’artère et la veine ophtalmiques. 4° En dehors. Au dessous des os traversés eux-mêmes par quelques filaments nerveux et vasculaires , qui servent d’anastomose avec la tempe , on trouve : les vaisseaux et nerfs lacrymaux et la glande lacrymale supérieurement, plus bas le muscle droit externe bifurqué en arrière , et donnant passage ainsi aux nerfs moteur

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commun , moteur externe et nasal * enfin entre ce muscle et Fœil , beaucoup de tissu adipeux au milieu duquel se trouvent postérieurement le nerf nasal, Fartère et le ganglion ophtalmiques. 5° En avant. Après avoir enlevé les paupières, le plan antérieur est partout à nu ; il est formé autour de Fœil par beaucoup de tissus cellulaire et adipeux, au milieu duquel on distingue, i° en haut, sortant de cette région les vaisseaux et nerfs sus-orbitaires qui se recourbent supérieurement , le muscle releveur de la paupière , F extrémité antérieure de la glande lacrymale , le tendon réfléchi du muscle grand oblique, et l’extrémité de Fartère ophtalmique ; 2° en bas , le muscle oblique inférieur contournant Fœil en haut et en dehors.

Développement. — La région orbitaire interne, développée avant l’externe, proémine beaucoup dans les premiers jours , et se laisse distinguer à un point noir , rudiment du globe de Fœil ; le cintre osseux se forme ensuite. La description des diverses phases que Fœil revêt successivement, appartient à l’anatomie descriptive; maisl’importance de cellesci, et aussi l’omission de leur histoire dans beaucoup des traités élémentaires , m’engagea la retracer ici. D’abord Fœil est formé de parties tout-à-fait transparentes, sans même excepter la sclérotique; il est parfaitement sphérique et s’aplatit par la suite ; la cornée est très saillante , et toute la chambre antérieure, est dilatée par le séjour exclusif de l’humeur aqueuse dans ce point, suivant M. J. Cloquet; pendant, les premiers mois de la vie intra-utérine ,

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cette chambre ne communique pas avec la postérieure ; la continuité s’établit ensuite par la rupture de la membrane qui bouchait la pupille , membrane que M. Cloquet a trouvée formée par deux lames , dont une appartient à la membrane de l’humeur aqueuse ; entre ces deux lames de la membrane pupillaire se prolongent les anses des artères iriennes, artères anastomosées latéralement et non par leur convexité. A sept mois la membrane pupillaire se rompt , et la pupille s’établit. Que suivant la remarque de M. Cloquet , la rétraction des anses artérielles détermine cette rupture , ou bien que celle-ci ait beu par résorption du centre de la membrane, toujours est-il que le petit cercle artériel de l’iris préexistant et flexueux, s’établit alors d’une manière régulière. La chambre postérieure auparavant à parois contiguës, se dilate par l’arrivée de l’humeur aqueuse 1 . Le cristallin d’abord très mou est formé de trois segments, que séparent trois intervalles linéaires dans lesquelles se trouve un fluide analogue à l’humeur de Morgagni. Toutefois le centre de cet organe est formé avant sa circonférence. Le corps vitré avant la naissance est très développé.

Variétés. — Souvent l’artère ophtalmique passe

1 Telle est l'opinion de M. Jules Cloquet; cependant nous devons dire que M. Edwards pense qu’avant la rupture de la membrane pupillaire, l’humeur aqueuse au contraire occupe la chambre postérieure, ou selon lui elle est formée par les procès ciliaires.

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au-dessous du nerf optique , quelquefois elle est divisée eu deux branches qui embrassent ce nerf, et se réunissent ensuite; de ces deux racines, souvent l une représente Forigine ordinaire de Fartëre , Fautre vient de la méningée moyenne , et traverse îa fente sphénoïdale ; d’autres fois , Fartëre méningée moyenne fournit seulement Fartëre lacrymale ; tantôt dans F état normal l’œil est trës saillant, tantôt il est trës enfoncé, ce qui peut tenir à deux causes : i° à la dépression plus ou moins forte vers lui de la voûte osseuse de la cavité; 9,° au déNœloppement variable du coussin adipeux postérieur. Chez les albinos le fond de Fœil paraît rouge ainsi que la pupille , en raison de l’absence du pigment noir de la choroïde.

Déductions pathologiques et opératoires. — La membrane pupillaire peut persister en tout ou en partie, après l’époque de la naissance. On explique ces variétés , par des anastomoses anormalement établies entre la convexité des anses artérielles opposées , ou simplement contiguës de la membrane pupillaire; dans le premier cas , la rupture ne pourrait se faire; elle s’opérait au contraire dans le second, mais de manière à laisser persister pendant toute la vie, un lambeau flottant de la membrane. Béclard, dans ses cours, citait; un exemple frappant de cette dernière disposition.

Les plaies de cette région , si elles portent sur le globe de Fœil , peuvent le détruire tout-à-fait immédiatement , ou par inflammation ; elles peuvent être suivies de taches, ou d’opacité des milieux trans-

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parents ; extérieures au globe de l’œil, elles sont peu graves, si ce n’est dans le cas où l’instrument vulnérant ayant pénétré profondément, elles seraient compliquées de lésion de la voûte orbitaire, des parois osseuses, interne, externe, ou des organes qui occupent la fente sphénoïdale et la fosse zygomatique. Au reste, dans les plaies faites à dessein , pour extirper l’œil, il faut se garder d’enfoncer l’instrument trop profondément pour éviter ces complications; la glande lacrymale doit aussi être enlevée dans cette opération, parce qu’elle ne pourrait que nuire si la sécrétion des larmes était continuée* On ampute quelquefois seulement le globe de l’œil au lieu de l’extirper ; alors il faut prendre la précaution de couper audelà de l’iris , pour éviter de voir cette membrane se resserrant dans son centre, empêcher l’évacuation de l’humeur vitrée , et par suite la formation d’un moignon propre à mettre un œil artificiel. J’ai observé un cas de ce genre à l’hôpital delà Charité ; M. Boyer fut obligé de faire une seconde fois l’opération. L’œil peut se porter en avant, au point de faire saillie entre les paupières, c’est Y exophtalmie ^ symptôme de plusieurs maladies profondes de l’orbite , telles que le phlegmon , des tumeurs osseuses , érectiles ou fongueuses nées de la duremère. Le phlegmon orbitaire est très grave et peut même devenir mortel ; il se propage facilement dans la région zygomatique , par la fente orbitaire inférieure , et surtout par la supérieure dans le crâne , autour du sinus caverneux, ou même dans celui-ci lorsqu’il y a en même temps, comme je Fai vu deux

fois? phlegmasie delà veine ophtalmique. M. Travers a guéri une tumeur érectile , qui avait déterminé F exophtalmie , par la ligature de la carotide primitive. Un polype développé dans le sinus maxillaire , peut encore déterminer F exophtalmie , en soulevant la paroi supérieure de ce sinus. La liaison des vaisseaux de cette réaion avec ceux du

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cerveau , explique la rougeur de Fœii et les douleurs orbitaires, dans les maladies cérébrales. Dans l’ophtalmie la conjonctive oculaire est le plus ordinairement malade, celle qui passe sur la cornée, Test aussi très souvent en même temps ; cette dernière s’injecte et se boursoufle peu, en raison de son adhérence intime ; le lieu où cette union devient brusquement très lâche, est celui où se forme, dans le chénwsis, le bourrelet qui s’élève au-dessus du niveau de la cornée. La cornée s’enflamme quelquefois seule, se ramollit et s’ulcère, ou bien se relâche et se dilate en forme de sac, staphylôme. Les taches que présente cette membrane, siègent tantôt sur la conjonctive , le nuage ; tantôt résultent de l’opacité de son fluide interlaminaire, albugo ; tantôt, enfin, ce sont des cicatrices , leucoma. Les maladies de l’humeur aqueuse, de l’iris , du cristallin et du fluide vitré, se reconnaissent à des modifications des propriétés de ces parties , que l’on aperçoit en examinant l’œil en avant. Parmi ces maladies, la cataracte est la plus fréquente : elle résulte de l’opacité de la membrane cristalline, de celle du cristallin lui-même de l’humeur de Morgagni , ou simplement du tissu du cristallin , dans les points de réunion des trois

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segments, qui le constituaient dans le premier âge : ce sont les cataractes membraneuse, cristalline, laiteuse et a trois branches. Les vieillards sont sujets à un état variqueux des veines choroïdiennes , par suite duquel le pigmentum delà choroïde disparaissant dans les points correspondants aux varices , la vision est singulièrement gênée. Dans l’opération de la cataracte par extraction , il faut se rappeler que la cornée offre une grande épaisseur, et pour cette raison porter sur elle perpendiculairement le cératotôme , si l’on veut ne pas la couper en biseau : il faut éviter le petit cercle de l’iris avec le kistitôme , qu’on ne doit pas non plus enfoncer trop avant, de peur d’ouvrir le corps vitré , dont l’humeur pourrait être en partie évacuée ; cet accident pourtant n’a pas toujours un résultat fâcheux. Dans l’opération de la cataracte par abaissement , on pique la sclérotique à deux lignes de son union avec la cornée , pour éviter la rétine en arrière , le cercle ciliaire et l’iris en avant ; on intéresse toujours avec la conjonctive et la sclérotique, la choroïde, les procès ciliaires , le corps vitré et le cristallin • on porte l’aiguille au-dessous de l’extrémité externe du diamètre transverse de l’œil , pour éviter J’artère ciliaire longue qui occupe ce niveau ; enfin , on tourne en haut la convexité de l’aiguille , parce que, dans cette position , celle-ci présente longitudinalement son plus grand diamètre, et qu’ainsi l’on court moins le risque d’intéresser les vaisseaux et nerfs ciliaires , qui se portent d’arrière en avant. Dans l’opération delà pupille artificielle suivant la méthode du dé-

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collement, ou de Scarpa, on peut blesser le grand cercle artériel de l’iris, c’est un accident qui lui est inhérent. Âpres les opérations pratiquées sur la profondeur de l’oeil, celui-ci s’enflamme, ses parties internes se gonflent et si elles 11e sont largement incisées, la résistance extrême des enveloppes externes, en produit l’étranglement; de là des douleurs profondes très vives , et la perte de l’œil ; si la cornée au contraire est incisée , l’humeur aqueuse s’écoule; de là une détente qui fait que l’inflammation est toujours sans étranglement, les parties internes pouvant se tuméfier autant que le requiert cette altération. Ces faits me paraissent de nature à faire préférer l’extraction à l’abaissement, pour l’opération de la cataracte ; toutefois , les praticiens les plus recommandables sont encore partagés à cet égard.

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