‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 49 sur 102 · PORTION TRAC H É LIEN N E DU COL · texte numérisé non relu

PORTION TRAC H É LIEN N E DU COL

qu’au moment où elle s’ouvrit dans le premier. Au reste, toutes les maladies avec gonflement des régions qui entourent le pharynx, peuvent le rétrécir et causer ainsi une altération de la déglutition et de la respiration. Les polypes des fosses nasales se portent quelquefois vers la région qui nous occupe, refoulent le voile du palais , l’empêchent de fermer exactement le passage des arrière-narines ; de là une voix nasonnée, et une gêne considérable de la déglutition. La division du voile du palais détermine les mêmes phénomènes, parce que ce voile mobile est rendu par là impropre aux fonctions qu’il exerce relativement au pharynx dans l’état normal. On porte des instruments dans le pharynx, pour extraire des corps étrangers, ou pour sonder le larynx et. l’œsophage. Il sera plus tard question de la première espèce de cathétérisme ; pour accomplir facilement la seconde, il faut faire glisser la sonde contre la paroi postérieure de la cavité.

Division. — La portion trachélienne du col comprend un si grand nombre d’organes , les fonctions de ceux-ci sont liés d’une manière si intime à l’entretien de la vie, enfin cette partie du corps est si importante sous le rapport des opérations chirurgicales, que son étude 11e saurait, être trop minutieusement achevée; maïs pour arriver à ce but, il est évident qu’il faut circonscrire l’examen spécial que l’on doit successivement faire dans des espaces bornés, espaces auxquels toutefois ou doit conserver des limites naturelles. Cependant, cette dernière condition est impossible à remplir dans quelques points; après

l86 ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.

avoir mûrement réfléchi sur ce sujet; j’ai reconnu que deux moyens d’inégale valeur se présentent pour éluder la difficulté : i° circonscrire par des lignes arbitraires toutes les régions du col ; 2° former des régions artificielles ; seulement là où elles ne peuvent être autrement tracées ; puis, en suivant ce dernier principe , grouper les rapports des parties voisines autour d’un organe important qui donnera son nom à la région. Ce dernier parti nous paraît préférable ; c’est à peu près celui que Béclard avait choisi pour diviser le col ; dans le cours d’anatomie topographique; qu’il fit à la Faculté ; il y a plusieurs années. Les régions que nous obtiendrons ainsi seront ; les unes tout-àfait naturelles ? les autres complémentaires et tracées d’une manière un peu artificielle. Au reste ? le tableau suivant; conçu d’après ces principes; donnera une idée de la division que nous adoptons pour la partie trachélienne du col; division dont l’importance pratique ne sera mise en question; que par ceux qui ne voudront pas l’éprouver de la seule manière convenable , sur le cadavre.

r Au-dessus de C Au milieu.. . . Rég. glosso-sus-hyoïd. Régions naturellement | l’os hyoïde. { Sur les côtés.. Région parotidienne.

ouconserites. \ Au-dessous de ( An milieu.. . . Rég. laryngo-trachéale.

( 1 os hyoïde. ^ Sur les côtés.. Rég. sus-claviculaire

( Du muscle

Régions complémentaire. / slerno-mastoïdien.. . . Région sterno-mastoïdienne. Groupes formés autour. . r De l’artcre carotide.. Région carotidienne.

PARAGRAPHE PREMIER

Régions naturelles de la partie antérieure du col.

Ces régions sont au nombre de quatre : les unes ;

CH

hi

DE LA RÉGION GLOSSO-SUS-HYOÏDIENNE. I 87 impaires , symétriques et occupant la ligne rnétb diane ; les autres, paires, non symétriques et plai-a cées latéralement; l’os hyoïde les sépare en deux groupes., l’un supérieur, l’autre inférieur.

ORDRE PREMIER

Régions naturelles de ia partie sus-hyoïdienne du col.

Di

Ces régions lient en avant le col et la tête ; elles sont au nombre de deux : la sus-hyoïdienne proprement dite et la parotidienne.

i° Région sus-hyoïdienne, ou glosso-sus-hyoïdienne.

Cette région est circonscrite en haut par le bord inférieur de l’os maxillaire , par l’hyoïde en bas , et latéralement par une ligne fictive, qui joindrait l’un à l’autre Fangle maxillaire et la grande corne de l’os hyoïde à son extrémité ; elle est impaire, symétrique, placée sur la ligne médiane et forme à la fois , en y faisant entrer la langue , tout le plancher de la bouche et une portion de la paroi antérieure du pharynx ; elle est aussi , pour ce double usage , dirigée de telle sorte que sa partie antérieure horizontale, forme avec la postérieure verticale, un angle arrondi et ouvert en bas ; elle est terminée par deux faces : l’une cutanée garnie de poils très forts chez l’homme adulte, et présentant chez les individus gras une ou plusieurs saillies transversales qui semblent multiplier le menton; l’autre, muqueuse, pharyngienne en arriéré , offre dans ce sens, la base glanduleuse de la langue , le frein de l’épiglotte et deux dépressions muqueuses latérales; buccale

en avant ? elle présente encore la langue presque partout, si ce n’est tout-à-fait antérieurement où celle-ci se détachant, laisse à nu un espace en forme de croissant dont la convexi té regarde en avant; c’est là que l’on trouve sur la ligne médiane, le frein de la langue, très près de lui deux petites saillies sur lesquelles s’ouvrent de chaque côté le conduit de Warthon , et enfin depuis ce point une ligne obliquement dirigée en arrière et en dehors ; c’est le relief du conduit de Warthon lui-même.

Structure. — i° éléments. — La région sus-hyoïdienne , à proprement parler n’a pas de squelette ; les saillies de l’os maxillaire inférieur et de l’hvoïde la circonscrivent, mais ne lui appartiennent réellement pas : on y trouve beaucoup de muscles, les peauciers convergeant vers elles et souvent réunis en haut , par un faisceau transverse, le ventre antérieur des muscles digastriques, les milo-hyoïdiens , dont la réunion forme un plancher à la fois complet et contractile , les génio - hyoïdiens et glossiens , l’hyoglosse, une portion du stylo-glosse, le lingual et les fibres charnues intrinsèques de la langue 1 .

1 Des recherches qui me sont propres, et que j’ai consignées dans un mémoire inséréparmi ceux des archives générales de médecine, ont établi que la langue n’est pas inextricable, suivant l’expression des anatomistes, et qu’elle est formée : i° d’un cartilage médian analogue du prolongement lingual de l’hyoïde des oiseaux , cartilage très développé dans l’homme, manquant dans quelques animaux , et qu’il ne faut pas confondre avec une production du même genre, fusiforme et libre sous la muqueuse de la langue du chien , du loup, de l’ours, etc.; or d’une

DE LA RÉGION GLOSSO-SUS-HYOÏDIEMNE . 1 89

Une aponévrose très forte appartient en propre à cette région , elle a la forme triangulaire, s’insère sur l’os hyoïde et les deux tendons des muscles digastriques, avec la poulie de réflexion desquels elle est continue. Un feuillet de l’aponévrose cervicale réunit ici les deux muscles peauciers sur la ligne médiane; on trouve encore sous ces derniers une lame ceilulo - fibreuse dense , feuillet profond supérieur de V aponévrose précédente ; en passant

membrane muqueuse dont le derme très fort, sert avec le cartilage médian à Tinsertion de toutes les fibres charnues, dont le corps muqueux est hérissé de petits organes secréteurs et d’un grand nombre d’éminences désignées collectivement,, souslenom d epapilles, les unes lenticulaires, les autres coniques, les troisièmes fongiformes, mais auxquelles il faut ajouter une quatrième espèce qui forment le V. de la langue ; celles-ci sont constituées par une sorte de papilles fongiformes très développées, s’élevant du fond d’une petite cavité ou follicule; 3° de fibres intrinsèques longitudinales et transverses peu nombreuses dans l’homme, mais aperçues dans les animaux par mon ami M.Gerdy; 4° de fibres charnues extrinsèques, les unes perpendiculaires émanées du genio-glosse, les autres longitudinales fournies par l’hyo-giossesur les bords et la face supérieure, par le stylo-glosse inférieurement, quelquesunes enfin transversales, provenant d’un faisceau du styloglosse. Sur une langue coupée perpendiculairement et transversalement, on peut voir que les fibres longitudinales sont partout sous la muqueuse, que les fibres perpendiculaires et transverses sont dans le centre, avec le cartilage médian.

J’ai décrit enfin une membrane glosso-hyoidienne propre à l’homme, et fixant la langue au corps de l’hyoïde * et aussi deux glandes linguales , placées sous le repli frangé de la face inférieure de l’organe, et cachées immédiatement par le muscle lingual et le long faisceau du stylo-glos.se*

igQ kNATOMIE TOPOGRAPHIQUE.

au-dessous de la glande sous-maxillaire et de ses vaisseaux , celui-ci vient se fixer au bord inférieur et à l’angle de la mâchoire, se continuant avec le ligament stylo-maxillaire, de manière à établir beaucoup mieux qu’on ne Fa dit , une ligne de démarcation tranchée entre les glandes parotide et sousmaxillaire. Les artères de cette section du col sont très nombreuses, une branche considérable la traverse flexueuse, en suivant le trajet d’une ligne tirée de Fos hyoïde vers le bord antérieur du muscle masséter; cette artère est la faciale cjuii pendant son trajet, envoie des rameaux importants dans les éléments de cette région ; l’un d’eux constitue l’artère sous-mentale, un autre la palatine inférieure, un beaucoup] dus grand nombre n’a pas reçu de noms particuliers ; une autre branche de la carotide externe , ï artère linguale se place, comme la faciale, dans la région sus-hyoïdienne dèsson origine; mais différente de celle-ci, ellenela quitte point ; d’abord inférieurement placée , elle marche parallèlement à la grande corne de l’hyoïde, monte ensuite perpendiculairement dans la portion perpendiculaire de la région , et enfin devient de nouveau horizontale antérieurement; n’omettons pas de rappeler le rameau volumineux qui s’en détache , et constitue l’artère moyenne de la région , la sublinguale , qui fournit quelquefois la sous-mentale ou qui est d’autrefois formée par elle. Les veines sont ici un peu plus jsuperficielles que les artères , la linguale par exemple passe en dehors du muscle hyo-glosse , à part cette disposition , elles suivent leur trajet ; des ganglions lymphatiques nombreux se trouvent autour de la

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