‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 55 sur 102 · DE LA RÉGION DIAPHRAGMATIQUE. 2() I · texte numérisé non relu

DE LA RÉGION DIAPHRAGMATIQUE. 2() I

les couches delà région dorsale • il en sera question autre part.

4° Région diaphragmatique.

La paroi inférieure de la poitrine est tout entière profondément placée loin delà peau, elle forme une seule grande région appelée diaphragmatique.

La région diaphragmatique, est peu compliquée , mais très importante ; son étendue ne saurait être appréciée à F extérieur, elle est enchâssée en quelque sorte dans Faire de la base du thorax, qui lui sert de limites ; mais elle s’élève d’une certaine hauteur en dedans de lui, disposition qui diminue à la fois la cavité de la poitrine, et augmente celle du ventre.

L’épaisseur de cette région est partout uniforme, et de quatre lignes environ : elle descend plus bas en arrière et sur les côtes qu’antérieurement , aussi sa direction est-elle oblique en bas, en avant, et un peu à droite, comme la base du thorax qui la reçoit.

On distingue à cette région deux faces et une circonférence; la face supérieure séreuse et convexe , regarde en arrière, en haut et sur les côtés, se mettant ainsi en rapport avec les régions dorsale, lombaire et costale , dont elle n’est séparée que par un prolongement sinueux de chaque cavité pulmonaire, prolongement dans lequel pénètrent les poumons pendant l’inspiration. Au milieu, cette face unie au médiastin et à l’enveloppe cardiaque, remonte dans sa partie la plus convexe, jusqu’au niveau de la hu itième vertèbre dorsale; sur les côtés,

a()2 ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE,

elle est libre et plus élevée de quelques lignes surtout à droite , à cause de la direction générale de la région, direction imprimée par celle de son cercle osseux, et aussi parle foie qui presse de ce côté. La face inférieure séreuse également, mais concave, regarde en avant, en bas et en dedans; elle est

adhérente au foie et à l’estomac par des liens cellulaires ou des replis séreux. La circonférence très élevée en avant , est réunie à la région sternale près de son extrémité inférieure et forme avec elle un espace triangulaire, par lequel le tissu cellulaire du médiastin communique avec celui de la paroi abdominale au creux de l’estomac; sur les parties latérales, lieu où cette circonférence descend en dedans presque au niveau du rebord cartilagineux des fausses côtes , elle adhère à la région costale ; enfin en arrière elle descend plus bas encore, au-devant de la partie supérieure de la région lombaire, à laquelle elle est réunie, et avec laquelle elle forme : i° une ouverture médiane oblique, appelée hiatus aortique y que traversent l’aorte, le canal thoracique et la veine azygos , a0 deux autres ouvertures latérales, entourées par des arcades fibreuses, l’une qui renferme l’extrémité supérieure du psoas, les deux nerfs splanchniques et le nerfgrandsympathiqueluimême, l’autre qui contient les derniers vaisseaux et nerfs intercostaux. Cette région est traversée par la veine cave et l’oesophage ; à la première, elle fournit une ouverture quadrilatère entièrement fibreuse; une autre fibreuse en haut, charnue en bas et sur les côtes, est réservée pour le second.

Aj

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Structure . — a0 Eléments. — Le diaphragme aponévrotique au centre, et charnu à la circonférence, forme essentiellement cette région, àlaquelle concourent supérieurement les deux plèvres et la membrane séreuse du péricarde, inférieurement lepéritoine, en outre un tissu cellulaire serré, et pas de graisse. Les artères viennentdesmammaires internes et del’aorte, parles diaphragmatiques supérieures et inférieures ; quelques-unes viennent aussi des dernières intercostales; les veines et les vaisseaux lymphatiques suivent la même direction. Les nerfs sont des rameaux du système cérébro-spinal, ce sont spécialement les deux phréniques , branches du plexus cervical et quelques filets des derniers nerfs intercostaux. Quelques rameaux procèdent aussi du grand sympathique, par le moyen des plexus diaphragmatiques inférieurs , divisions minimes du plexus solaire.

a0 Rapports . — Les rapports intrinsèques sont d’une grande simplicité, et ont à peine besoin d’être indiqués : sur les côtes, la plèvre, la portion charnue du diaphragme et le péritoine ; au milieu, la séreuse du péricarde, la portion tendineuse du diaphragme, et le péritoine.

Développement. — Sans doute cette région se forme d’abord latéralement, et se complète par une réunion médiane; on dit que d’abord elle n’existe pas, et qu’alors confondus, Fabdomen et la poitrine forment une seule grande cavité splanchnique, analogue à celle des oiseaux, des reptiles et des poissons.

2q4 anatomie topographique.

V ariétés. — Celte région est un peu plus bombée chez la femme que chez l’homme , surtout chez celle qui a eu beaucoup d’enfants.

Usages. — La résistance de la région diaphragmatique est très grande au milieu, en raison de sa structure tout aponévrotique , et parce que quelques fibres y sont tissues dans diverses directions ; aussi les ruptures arrivent-elles sur les côtes seulement , là où les faisceaux charnus , peu serrés, se laissent facilement séparer.

Cette région exécute des mouvements de totalité qui font singulièrement varier sa direction et son niveau. Remarquons d’abord qu’ils appartiennent surtout à ses parties latérales , le centre étant retenu par son adhérence médiane; tantôt la région tout entière est abaissée, tantôt elle est élevée, dans la respiration ; d’autres fois, elle diminue sa surface en resserrant son cadre osséo-cartilagineux. Lorsqu’elle s’abaisse brusquement, elle imprime aux viscères abdominaux un choc qui retentit vers l’aine droite si la paroi abdominale antérieure est relâchée ; mais cette dernière le reçoit lorsque , comme dans le vomissement, elle est spasmodiquement contractée; alors, en effet, comme nous le verrons, la paroi abdominale antérieure forme un plan tourné en arrière et en haut, opposé en tout à celui du diaphragme, et l’estomac se trouve violemment pressé entre l’une et l’autre région.

Déductions pathologiques et opératoires. — Cette région peut manquer en totalité ou en partie ; j’ai vu un fœtus qui en offrait seulement la portion car-

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