DE LA RÉGION DIAPHRAGMATIQUE
diaque. Pour l’atteindre, les instruments vulnérants doivent préalablement traverser les régions costale , lombaire, dorsale, ou costo-iliaque. Ce sont seulement les coups portés obliquement de bas en haut sur la dernière, qui peuvent atteindre la région diaphragmatique. Au reste, chez la femme enceinte et pendant une violente expiration, un instrumentvuînérant, portéhorizontalement, très hautsurla région costale , pourra atteindre la paroi inférieure de la poitrine , qui , très déprimée dans les circonstances inverses, sera à l’abri de toute lésion par le même instrument. Disons aussi qu’un instrument qui touche cette région, à moins qu’il ait agi sur la ligne mathématique qui représente sa circonférence, doit avoir pénétré dans l’abdomen où. la poitrine, même il auroitpu s’être doublement introduit dans l’un et l’autre, soit que d’abord, il ait ouvert la première cavité , soit , au contraire , qu’il ait précédemment porté son action sur la seconde. Dans les efforts violents , ou les chutes d’un lieu élevé , la région diaphragmatique s’est parfois déchirée à droite ou à gauche, plus souvent à gauche, sans doute , parce qu’elle est moins soutenue de ce côté; de là des hernies dites diaphragmatiques , dans lesquelles on voit toujours les viscères flottants de l’abdomen, se porter de bas en haut dans le thorax; et cela avec d’autant plus de facilité, au reste, que dans l’inspiration, la région qui nous occupe se porte à leur rencontre. J’ai vu, à l’hôpital de la Charité, en 1820, une hernie diaphragmatique stomacale étranglée. Des hernies diaphragmatiques
fJÀ)6 ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.
peuvent aussi se faire à travers l’intervalle sous-xi phoïdien. Elles peuvent être graisseuses. Dans les ulcérations par ramollissement pulpeux de l’estomac , ulcérations dites spontanées , cette région est quelquefois perforée en totalité ; j’en ai vu plusieurs exemples , on eût dit dans ces cas, qu’un liquide corrosif sorti de l’estomac avoit porté sur elle son action. A l’occasion de la région costale , il a été question de la sympathie qui la lie avec celle qui nous occupe. Lorsque la plèvre ou le péritoine diaphragmatique sont enflammés, des douleurs vives se manifestent et se propagent vers le col et le moignon de l’épaule ; le nerf diaphragmatique , dont l'origine et la terminaison répondent à ces deux points extrêmes, ne suffit-il pas pour expliquer ce phénomène? La plupart des médecins regardent l’inflammation du muscle de cette région, comme se traduisant constamment à l’extérieur par le rire sardonique ; cette affection imprime toujours à la respiration dont il est l’agent principal , des modifications très grandes. Au reste, dans les maladies inflammatoires de la région du diaphragme , le lieu d’élection pour l’application des sangsues et de s exutoires, est représenté par la base de la poitrine, endroit où les vaisseaux et nerfs intercostaux , ramifiés d’une part dans la peau, envoient de l’autre des filets vers la circonférence de la paroi diaphragmatique. Il ne saurait être ici question de ces diaphragmes cartilagineux ou osseux trouvés par les auteurs; on a tout simplement pris pour tels des incrustations des plèvres ou du péritoine, soit
CAVITÉ DE LA POITRINE. 297
qu’elles siégeassent à la surface libre , soit qu’elles se fussent formées à la surface adhérente de ces membranes.
5° Paroi supérieure de la poitrine.
Cette paroi , placée à l’union de la poitrine et de la portion trachélienne du col , correspond au milieu à la région laryngo - trachéale , et sur les côtés, aux régions sus-claviculaire et carotidienne. Ce que l’on en peut dire de plus général , c’est qu’elle est représentée par tous les organes qui sont compris dans Faire d’un cercle, formé par le sternum en avant, le rachis en arrière, latéralement et de chaque côté par la première côte et le cartilage qui la prolonge vers le sternum. Entrer dans plus de détails , serait inutilement répéter ce qui a été dit à l’occasion des régions qui viennent d’être rappelées ; ce serait aussi anticiper sur ce qui doit nous occuper à l’occasion du médiastin et des cavités pulmonaires.
Observons néanmoins, en terminant, combien la nature a été prévoyante dans l’arrangement de cette partie supérieure du thorax : elle a rendu inflexible sa circonférence , en la formant de pièces osseuses • et, par là, en soustrayant à toute compression les organes très importants qu’elle contient , elle a assuré l’intégrité de leurs fonctions.
ARTICLE SECOND
Cavité de la poitrine.
L’unité extérieure de la portion thoracique du tronc ne se reproduit pas à 1 intérieur. Dans le lan-
2(j8 anatomie topographique.
gage ordinaire, on parle bien de îa cavité de la poitrine, comme si elle était simple, mais c’est seulement sur le squelette qu’elle offre cette disposition. Dans l’état frais un plan médian sépare l’intérieur de cette portion du tronc en deux cavités bien distinctes , qui servent à loger l’un et l’autre poumon , cavités que pour cette raison, on a appelées cavités pulmonaires . Nous avons étudié les différentes régions qui forment tout le contour extérieur de la poitrine, il nous reste à voir celle qui la cloisonne complètement : c’est le médiastin. Nous étudierons ensuite, les cavités pulmonaires.
PARAGRAPHE SECOND
Région médias fine .
Cette région ne s’offre point naturellement à l’extérieur ; ses limites n’en sont pas pour cela moins précises : continuée jusqu’à la peau par les régions sternale en avant , dorsale en arriére , elle se termine en bas au milieu de la paroi thoracique inférieure, et en haut, vers la supérieure.
La direction du médiastin est oblique en bas et à gauche : pour l’apprécier, il faut examiner cette région seulement sur le milieu de ses faces, et surtout sur la gauche. En arriére et en avant immédiatement sous le sternum , sa direction est celle de la ligne médiane , quoiqu’en aient dit les auteurs. Cette considération est de la plus haute importance , comme on en jugera bientôt.
La hauteur du médiastin est sujette à des varia-
tions : son étendue antéro - postérieure mesure la distance du sternum au rachis ; sa largeur est surtout considérable en bas , et aussi en liant; au milieu , cette région est plus étroite que partout ailleurs, disposition qui Fa fait comparer à une X.
Cette région offre deux faces latérales lisses, et donnant insertion à la racine du poumon, à l’union de leur tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs. La face gauche est convexe en bas et au milieu, elle est aussi un peu déviée de ce côté; la face droite présente une concavité dans le même point.
Structure. — i° Eléments . — Parmi les organes du médiastin , la plupart le traversent seulement , d’autres viennent s’y terminer sans y avoir leur origine, d’autres enfin y naissent pour se porter ailleurs; très peu appartiennent en totalité à la région : le cœur et son enveloppe , les vaisseaux qui y arrivent, ceux qui en partent, la portion œsophagienne du conduit alimentaire, la fin de la trachée et l’origine des bronches , la veine azygos, le canal thoracique, beaucoup de ganglions lymphatiques rendez-vous commun des vaisseaux lymphatiques des organes de ce point, le nerf vague, les nerfs cardiaques , la portion thoracique du .trisplanchnique , les nerfs et les vaisseaux diaphragmatiques supérieurs avec une lame de chaque plèvre, tels sont les plus remarquables de ces éléments ; mais on trouve encore un tissu cellulaire et adipeux fort lâche, des vaisseaux appelés médiastins, et quelques autres qui appartiennent aux différents organes énumérés,
notamment aux bronches , à l’œsophage , au péricarde et à l’aorte.
2° Rapports. — - Les rapports examinés d’avant en arrière , sont très compliqués en raison du nombre considérable des organes ; aussi , pour les étudier, di viserons-nous le médiastin en deux portions : l’une cardiaque , l’autre sus-cardiaque.
Au niveau du cœur, J es couches suivantes apparaissent successivement derrière la moitié inférieure de la région sternale : i° une couche cellulaire et adipeuse lâche; 2°la partie antérieure du péricarde; 1 3° le cœur, l’origine des grosses artères , la fin de la veine cave supérieure; et si l’on veut analyser les rapports plus particuliers des éléments de ce plan, on y tro uve : tout-à-fait antérieurement, le ventricule droit, l’artère pulmonaire et l’auricule droite; plus profondément , la cloison oblique des ventricules ; plus loin encore, le ventricule gauche, l’aorte que cachait l’artère pulmonaire, l’appendice auriculaire gauche, l’oreillette droite en totalité, et la veine cave supérieure ; enfin, tout-à-fait en dernier lieu, l’oreillette gauche et ses veines. Tell es sontdanslepéricarde les parties que traverserait un instrument qui serait porté directement d’avant en arrière , et tel est l’ordre suivant lequel ces parties seraient lésées; 4° toujours dans cette portion cardiaque du médiastin ,
1 Observons qu’en raison de la convexité de la face latérale gauche du médiastin refoulée par le cœur, la plèvre gauche recouvre un peu le péricarde en avant, et que celui-ci est en rappport avec la région costale de ce côté.
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mais plus profondément, la partie postérieure du péricarde ; 5° beaucoup de ganglions , l’œsophage placé sur la ligne médiane ayant sur ses bords les cordons œsophagiens des nerfs pneumo-gastriques; 6° l’aorte à gauche, la veine azygos à droite, le canal thoracique au milieu,* rj° une couche cellulo-graisseuse lâche, au milieu de laquelle rampent les nerfs splanchniques , les artères et veines intercostales ; 8° le rachis.
Au-dessus du cœur , derrière la moitié supérieure i de la région sternale , on trouve successivement ,
• d’avant en arrière : i° une couche cellulo - graisseuse lâche, au milieu de laquelle se trouvent quel- ) ques ramuscules de l’artère mammaire interne *
: 2° inférieurement un prolongement du péricarde, supérieurement la veine sous - clavière gauche dirigée obliquement en bas et à droite ; 3° un plan regardant d’abord en avant, puis s’inclinant à droite è et à gauche pour se contourner autour des bronches , et formé dans sa première portion , par l’aorte, le tronc brachio- céphalique, et la veine cave supér rieure • plan formé dans sa portion oblique a gauche ?
par la fin de l’artère pulmonaire, le ligament arté- ‘ riel, par la crosse de l’aorte que contourne en bas et en arrière le nerf récurren I , par les artères carotide et sous-clavière gauches, en dehors desquelles glissent les nerfs vague et phrénique correspondants, nerfs accolés d’abord puisséparés en bas ; plan enfin, constitué dans sa portion oblique à droite , par la courbure 1 de terminaison de la veine azygos comparable à la crosse de l’aorte sous beaucoup de rapports, courbure
en dehors de laquelle glissent les nerfs vague et phrénique, comme à gauche; 4° on trouve supérieurement et sur la ligne médiane, la fin de la trachée ayant à sa gauche le nerf récurrent de ce côté ; en bas, un losange circonscrit par les bronches et les deux branches de l’artère pulmonaire, losange rempli de ganglions lymphatiques ; 5° l’œsophage dévié à gauche, et placé derrière la bronche de ce côté ; 6° l’aorte, la veine azygos, etle canal thoracique intermédiaireàl’un etàl’autre; rj° un tissu cellulaire lâche où rampent les vaisseaux intercostaux supérieurs, et quelques filets du trisplanchnique ; 8° la fin des muscles longs du col ; 90 le rachis. Le tissu cellulaire lâche et abondant, qui lie tous les organes du médiastin, communique très facilement en haut, avec celui du col sous l’aponévrose cervicale , en bas , avec celui de l’abdomen dans deux points : i° audevant de la colonne vertébrale, par l’ouverture aortique; 20 en avant, par l’intervalle triangulaire sous-sternal de la région diaphragmatique.
Avant d’arriver sur tous ces organes, en pénétrant par la face latérale du médiastin , il faut atteindre la plèvre qui leur est unie intimement en bas par un tissu cellulaire, au milieu duquel se trouvent : les vaisseaux et nerfs diaphragmatiques un peu plus longs à gauche, en raison de la convexité de cette face du médiastin à laquelle ils sont collés, vaisseaux et nerfs obliquement dirigés en j bas et en arrière, et par conséquent superficiels en haut , et profonds en bas , plus profonds à gauche i qu’à droite, et passant au-devant de la racine du
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poumon, qui les sépare du nerf vague. La racine du poumon sort du rnédiastin , plus près de ses bords supérieur et postérieur, que de ceux qui sont opposés ; elle est formée , d’avant en arrière : i° par les veines pulmonaires ; a0 par l’artère pulmonaire; 3° par la bronche entourée de vaisseaux lymphatiques et de ganglions lymphatiques, ayant au-devant d’elle le plexus pulmonaire antérieur, que forment des filets du pneumo - gastrique et du plexus cardiaque, ayant derrière elle le nerf vague et le plexus pulmonaire postérieur. Remarquons enfin que la racine du poumon sépare de chaque côté les nerfs phrénique et vague, et qu’elle seule, dansle point très circonscrit de son existence , peut servir de limites aux médiastins antérieur et postérieur des auteurs ; division mauvaise , parce qu’elle ne peut être exactement tracée.
Développement. — Le rnédiastin n’offre d’abord chez l’embryon aucune déviation latérale , le cœur lui-même étant tout - à- fait sur la ligne médiane ; c’est seulement vers trois mois de vie fœtale que se manifeste sa déviation ; dans les premiers temps, et même encoreaprèsla naissance, lemédiastin contient le thymus qui forme sa première couche sous la région sternale , couche générale d’abord , mais qui se retire ensuite vers la partie supérieure. Cet organe s’atrophie tout-à-fait après la naissance; et chez l’adulte, sa place, comme on Fa vu, est seulement occupée par une couche cellulo-adipeuse : la graisse de cette région est nulle chez le fœtus, elle est peu abondante chez l’enfant, elleexisteen proportion
3o4 ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.
moyennedans l’âge adulte, et domine toujours dans la vieillesse,
/ driétés. — Le médiastin est convexe à droite, dans le cas de transposition des viscères , ou même dans la simple déviation du coeur. Dans le premier cas, tous les organes du médiastin qui se trouvent ordinairement à gauche sont à droite, et réciproquement. On voit quelquefois sortir de cette région , sur le plan de la crosse aortique, des artères surnuméraires, artères qui se portent au col, la thyroïdienne inférieure ou la vertébrale. Les nombreuses variétés de l’aorte et des artères qui en partent, si bien décrites par Meckel et surtout par Tiedeman dans son magnifique ouvrage, n’impriment en général à cette région aucune modification quant à ses rapports j cependant il en est quelques-unes qui font exception. Je citerai surtout 1 1 bifurcation et la j réunion alternatives de l’aorte, qui circonscrit ainsi par ses branches, un cercle dans l’aire duquel se is trouve le conduit aérien et l’oesophage j et cette jjj autre variété dans laquelle l’aorte se divise dès son c origine en deux brandis , qui , ainsi que dans les : reptiles , contournent chacun la bronche correspon- dante en forme de crosse, puis se réunissent derrière o le cœur en un seul tronc.
Le médiastin, moins étendu en hauteur chez la ; femme, est encore considérablement diminué dans n
ce sens, chez celle qui est enceinte.
Déductions pathologiques et opératoires. — On ai| j
dit que cette région peut manquer tout-à-fait :
M. le professeur Cruveilhier a vu un fœtus chez le-
ItSSÊà
DE LA RÉGION MEDIASTINE. 3o5
quel une de ses lames pleurales n’existait pas, c’était la gauche ; le cœur était libre dans la cavité pulmonaire correspondante. M. Breschet a consigné la relation d’un semblable fait dans le ier numéro de son Répertoire cV anatomie pathologique. Dans le cas de bifîdité de la région sternale, celle du médiastin est à nu ; le même résultat est artificiellement produit par l’ablation d’une portion du sternum. Les plaies de cette région sont d’une gravité qu’expriment assez les fonctions importantes des parties qu’elle renferme; elle est tellement remplie d’organes vasculaires , que ses lésions sont généralement mortelles par l’hémorrhagie à laquelle elles donnent lieu. Un instrument vulnérant qui agit horizontalement et directement d’avant en arriére, ne peut atteindre le médiastin qu’après la région sternale, si ce n’est sur le côté gauche etenbas, lieu où le médiastin venant se mettre en rapport avec la région costale, celle-ci doit être préalablem ent traversée en bas; les rapports indiqués démontrent assez que si les instruments n’ont pas pénétré profondément, le péricarde seul peut être ouvert, ou avec lui les cavités droites du cœur et l’artère pulmonaire , tandis que plus profondément les cavités gauches et l’aorte seraient intéressées ; l’épaisseur des parois des ventricules permet de concevoir leur lésion sans pénétration dansleur cavité , ce qui a étéobservé. Les cavités gauches du cœur et d’autres organes profondément placés dans le médiastin, peuvent être intéressés en premier lieu, si l’instrument vulnérant agit de dehors en dedans; il faut que la plaie soit bien profonde
3ü 6 ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE,
pour que l’œsophage soit ouvert. La saillie latéral gauche dumédiastin, et spécialement celle du cœur e de son enveloppe , a suggéré aux chirurgiens l’idée d faire la ponction du péricarde rempli de sérosité, opé ration vantée surtout par Senac , et exécutée par De sault. Senac donne le conseil de percer le troisièm espace intercostal , à deux travers de doigts d sternum , en dirigeant le trois-quarts obliquemen en bas , que Ton ait fait ou non une incision préa labié auxmuscles. Dans cette opération, on évitebiej la lésion de l’artère mammaire interne et de ses bran ches,mais on ouvre la cavité de la plèvre. Au reste cette circonstance fâcheuse si elle étoit la seule devrai sans doute être négligée, si l’incertitude du diagnos tic de l’hydro-péricarde , et l’exemple deDesault qui ouvrit un kyste du médiastin croyant être dans! poche cardiaque, ne montraient amplement tout l’imprudence d’une pareille tentative, qui expose ai danger de blesser le cœur , et de faire périr immédiatement l’individu. Telle n’est point la méthod proposée par Skieldrup et M. Laënnec, méthode qu consiste à trépaner inférieurement le sternum, et ; ouvrir le péricarde, seulement lorsque le toucher ; démontré l’existence d’un liquide dans sa cavité. C’es par le même moyen qu’il conviendrait d’ouvrir ui abcès superficiel dumédiastin , dontlepus en séjournant pourrait désunir les éléments. Les abcès du médiastin ont quelquefois fusé vers la paroi abdominale au niveau du creux de l’estomac, après avoir dilaté l’ouverture sous-xiphoidienne du diaphragme J’ai vu un cas de ce genre. Ces abcès peuvent êtr<
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formé par du p us arrivant de la région cervicale : ce qui a été dit à l’occasion de cette région , démontre pourtant que ce sont seulement ceux qui siègent sous l’aponévrose cervicale , qui peuvent se comporter ainsi. Les vertèbres dorsales elles-mêmes cariées dans leur corps , donnent lieu à des abcès par congestion qui fusent sous l’aorte , dans le tissu cellulairetrèslâchequil’entoure, et se portent dans l’abdomen , à travers l’hiatus aortique du diaphragme. Les ganglions bronchiqu es ou œsophagiens se tuméfient souvent , et sympathiquement dans le plus grand nombre des cas ; alors ils compriment l’œsophage et déterminent la dysphagie , ou bien ils aplatissent la trachée et gênent la respiration , ou bien encore, après avoir produit ces accidents, ils s’abcèdent et s’ouvrent dans l’œsophage, dans la bronche gauche ou à la fois dans l’un et l’autre, comme mon ami M. le docteur Léveillé m’en a montré un cas. L’aorte à son origine, ou dans sa portion descendante, peut être le siège d’anévrysmes : ceux qui se développent dans sa portion ascendante, se portent spécialement vers le sternum qu’ils détruisent pour venir faire saillie au dehors ; ils s ouvrent aussi quelquefois dans la région médiastine ; ces tumeurs compriment en arrière la trachée, dans laquelle on les a vues s’ouvrir , ou bien elles se développent latéralement vers les poumons qu’elles affaissent quelquefois, après les avoir appliqués contre les côtes. Les anévrysmes qui se forment aux dépens delà crosse aortique, peuvent encore attaquer la région sternale à gauche et en haut, affaisser l’œsophage, et la
3o8 ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE,
trachée dans lesquels ils s’ouvrent quelquefois en arrière ; en bas , ils portent leur influence sur la racine du poumon gauche; en haut, ils peuvent se développer vers le col. Le nerf récurrent est presque toujours fortement comprimé dans les anévrysmes de la crosse aortique , surtout dans ceux qui se développent en bas et en arrière , ce fait a paru suffisant à quelques personnes, à M. Bourdon en particulier, pour expliquer l’aphonie qui complique si souvent ces tumeurs , phénomène dont on se rend encore mieux compte par la compression qu’elles exercent sur le canal aérien. Les anévrysmes de l’aorte descendante médiastine, en se développant en avant, compriment l’œsophage , et refoulent le cœur , au point de faire croire , comme je l’ai vu, à une affection de cet organe; l’erreur au reste est d’autant plus facile que des battements doubles , sont ressentis par le malade plus fortement, et surtout plus superficiellement que de coutume. Ces tumeurs détruisent la colonne vertébrale à gauche, et , chose digne de remarque , ici comme dans tous les autres points, les os cèdent beaucoup plus promptement que les fibro-cartilages intervertébraux; sans doute parce que ces derniers plient sous les battements, en raison de leur élasticité; ils finissent pourtant par être aussi détruits. J’ai vu un individu qui portait une tumeur anévrysmale tellement volumineuse et tellement ancienne de l’aorte descendante thoracique, qu’après avoir fait saillie dans la cavité pulmonaire gauche et refoulé le poumon , elle avait détruit l’extrémité postérieure des
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côtes, et battait dans la région dorsale soulevée par elle. Sous l’influence de causes peu connues, on voit quelquefois l’oesophage subir une transformation pulpeuse d’abord, et plus tard une complète destruction , qui m’a paru de la même nature que l’altération gastrique qui précède les perforations dites spontanées. Dans deux cas, j’ai eu occasion de l’observer chez des malades qui avaient succombé à des affections étrangères ; au reste , dans l’un d’eux , l’œsophage était détruit dans toute la longueur du médiastin , qui représentait un énorme sac distendu par les boissons dont on avait gorgé le malade avant sa mort.
Cavités pulmonaires.
Chaque côté du thorax est creusé d’une cavité appelée pulmonaire , parce qu’elle sert de réceptacle au poumon. Ses parois sont essentiellement formées à l’extérieur, parla région costale 3 celles du sternum et du dos continues avec le médiastin , concourent à séparer une de ces cavités de la cavité opposée. La forme delà cavité pulmonaire est celle du poumon , qu’elle contient exactement et sans vide intermédiaire. Un corps qu’on y moulerait , serait convexe en dehors, aplati en dedans et seulement un peu concave en bas et à gauche ; arrondi en haut il serait reçu dans une sorte de cul-de-sac , qui s’élève jusqu’au-dessus de la première côte ; sa partie inférieure concave au milieu, se terminerait en dehors par un bord tranchant très déprimé, et serait reçue dans un sinus étroit, que forment, comme il a été
déjà dit, les parois costale et diaphragmatique par leur réunion > sinus costo - diaphragmatique. L’étendue verticale de cette cavité varie en générai, comme la position de la région diaphragmatique dans la respiration - néanmoins c’est seulement au milieu, que ces variations ont lieu ; prés les côtes, la cavité est toujours limitée en bas par les attaches invariables du diaphragme, sur lesquelles se réfléchit la plèvre. Le diamètre vertical est moins étendu à droite qu’à gauche ; le diamètre transverse présente une disposition inverse : à gauche il est plus étendu en arrière qu’en avant , en raison composée de la courbure latérale de l’épine et de la déviation du médiastin 3 à droite on trouve une disposition inverse, pour des raisons également inverses; en totalité la cavité pulmonaire droite est plus ample que la gauche dans l’état régulier . Le poumon, contenu dans la cavité qui nous occupe, 11e doit pas être décrit ici, il fait partie du sujet de l’anatomie descriptive, à laquelle je renvoie tout-à-fait. Disons seulement qu’il est uni par sa racine avec un point déjà déterminé de la face médiastine de sa cavité , point vers lequel la plèvre se réfléchit sur lui.
Développement. — La cavité pulmonaire est peu développée avant la naissance comme le poumon qu’elle contient, elle est comprimée transversalement, et ne bombe pas en arrière comme chez l’adulte; c’est à Lâge de seize ans que l’épiphyse postérieure des côtes se développant, prolonge de ce côté la cavité pulmonaire, qui en même temps dépasse le plan du rachis.