‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 62 sur 102 · RÉGION DU PLI DE L’AINE · texte numérisé non relu

RÉGION DU PLI DE L’AINE

ouverture triangulaire Su pli de Taine est bouchée par une lame cellulaire, que M. J. Cl oqu et propose d’appeler septum crurale ; c’est le fascia propria de quelques-uns. Peu importante , cette lame adhère à tout le pourtour de l’ouverture; le péritoine en est éloigné par un intervalle triangulaire formé par le lieu où il se réfléchit , pour se porter de la paroi antérieure de l’abdomen sur la fosse iliaque. Du côté de la cuisse , cette ouverture se continue avec un interstice que nous décrirons plus tard, dont elle forme l’orifice supérieur, c’est le canal crural , canal dont l’importance est bien petite en comparaison de celle de l’ouverture qui nous occupe. Ce véritable trou de transmission , contient les vaisseaux fémoraux placés dans ses angles postérieur et externe, la veine en dedans de l’artère; près du ligament de Gimbernat, existe constamment un gros ganglion lymphatique, et souvent un autre au-devant des vaisseaux cruraux, avec un paquet de vaisseaux lymphatiques profonds qui se rendent dansles ganglions iliaques. Le tissu cellulaire contenu est très lâche ; il y a peu de graisse.

Variétés. — L’évasement plus grand du bassin de la femme en dehors, fait que chez elle cette ouverture est plus grande transversalement.

Dans l’état régulier , l’ouverture crurale , en dehors , est cotoyée par l’artère épigastrique, en avant, par le canal inguinal et scs parties contenues, les vaisseaux fémoraux appuient sur sa partie postérieure externe , et l’on ne trouve qu’une artériole insignifiante derrière le ligament de Gimber-

liât ; quelquefois au contraire , ou voit clans ce dernier point une très grosse artère venant de l’épigastrique (la sous - pubienne ou obturatrice ), alors tout le contour de l ouverture est contigu à des vaisseaux notables , excepté par sa partie postérieure et interne qui est osseuse; l’artère obturatrice naît de l’épigastrique > une fois sur dix ; mais rarement ces deux vaisseaux sont dans un rapport d’origine tel , que l’obturatrice passe sur le bord externe ou concave du ligament de Gimbernat ; il faut, pour que cela ait lieu, que ce vaisseau vienne de l’épigastrique , un pouce à peu près au-dessus de l’origine de celle-ci à l’iliaque. Quand la distance est moindre, l’obturatrice descend de suite vers lu trou sous-pubien, et elle ne touche pas même au ligament de Gimbernat; quand, au contraire, la distance est plus grande , et le cas est rare , elle descend vers le trou obturateur , placée loin de la base de ce ligament et sans avoir de rapports avec le côté antérieur de l’anneau, V arcade crurale.

Déductions pathologiques et opératoires. — Les maladies qui apparaissent au pli de Faine , peuvent siéger dans l’ouverture crurale, ou en dehors dans les parties qui la circonscrivent.

i° On voit souvent, dans le canal crural, descendre les viscères abdominaux enveloppés ou non d’un sac herniaire, c’est la hernie crurale . dont la fréquence plus grande chez la femme , est suffisamment expliquée par l’ampleur plus considérable de I ouverture crurale, comparée surtout à celle du canal inguinal. Le col du sac de la hernie fémorale est

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presque toujours cotoyé en dehors par les vaisseaux épigastriques. M. J. Cloquet cite pourtant un cas dans lequel la hernie s’était faite en dehors d’eux , à travers un éraillement de l’aponévrose fascia iliaca. Les parties herniées descendent au-devant et en dedans des vaisseaux cruraux , poussent devant elles le septum crural , qu’elles rompent seulement après l’avoir distendu • ces hernies sont enveloppées par les couches diverses qui recouvrent l’anneau crural , la peau , le fascia super jicialis l’arcade crurale , et le feuillet du fascia lata qui y adhère dans le commencement ,* enfin le septum crural double encore le sac herniaire qui vient ensuite. Les rapports du col du sac avec les vaisseaux, sont ceux de l’ouverture elle-même ; on conçoit alors très bien pourquoi Scarpa donne le précepte de débrider en dedans , sur le ligament de Gimbernat; la position anormale sur celui-ci de l’artère obturatrice doit faire adopter le précepte donné par J.-L. Petit, de se servir d’un bistouri dont le tranchant est fait à la lime, instrument qui peut bien couper le ligament, mais qui refoule seulement l’artère dont les adhérences sont lâches ; le débridement en haut et en dehors ne met pas plus que le précédent à l’abri de l’artère obturatrice dans le cas d’anomalie 3 il est plus avantageux que celui qui serait fait en avant parce qu’il fait sûrement éviter la lésion du cordon testiculaire, ou du ligament rond. Au reste, en faisant ainsi le débridement dans la hernie crurale , comme le conseille M. Dupuytren , il ne faut pas oublier que l’on agit très près de l’artère épi-

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gastrique. Un anévrysme faux, ou vrai , peut naître de l’artère placée dans ce point. La contiguïté de l’artère et de la veine montre a priorila possibilité de l’existence de l’anévrysme variqueux dans ce lieu ; j’en ai vu deux cas. Le pus des abcès de la région iliaque fuse dans l’ouverture crurale, s’il s’est formé sous le péritoine; celui qui résulte de la carie du corps des vertèbres lombaires en avant, y arrive aussi mais en suivant les vaisseaux iliaques.

2° Al’ extérieur de l’ouverture rurale , on trouve souvent des engorgements de diverse nature des ganglions superficiels, engorgements idiopathiques ou sym ptomatiques ; les tumeurs du canal inguinal se rapportent encore à ce point, et ont été quelquefois prises pour des maladies siégeant dans l’ouverture crurale. En dehors , dans la gaine du psoas et de l’iliaque, on trouve souvent du pus qui dissèque ces muscles et descend vers le petit trochanter ; le pus peut s’être formé là, ou être venu des régions lombaire et iliaque. Dans la luxation en avant et en haut de la hanche, la tête soulève ces muscles en dehors des vaisseaux, qu’elle refoule un peu. Des exostoses peuvent naître de la branche horizontale du pubis, et alors elles rétrécissent l’ouverture en refoulant en avant les vaisseaux. Toutes les tumeurs placées ici au-devant des vaisseaux, celles aussi qui résultent de leur dilatation , présentent des battements ; ce sont des soulèvements simples, pour les premières ; des mouvements d’expansion interne caractérisent les secondes.

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