PARAGRAPHE QUATRIEME
Paroi abdominale inferieure .
Cette paroi, dans laquelle je comprends le contour de l’excavation pelvienne , forme à l’abdomen un plancher concave en haut, opposé sous tous les rapports au cintre diaphragmatique. Elle se compose de deux parties , le périnée et la région pelvienne proprement dite.
ORDRE PREMIER
Le périnée est une grande région très importante, formée par ce groupe d organes compris dans l’aire du détroit inférieur du bassin. Ses limites sont celles de ce détroit ; leur relief est très visible.
Quelques anatomistes désignent sous le nom de périnée, d’après l’acception étymologique , seulement la région génitale , ou l’espace compris entre les organes génitaux et l’anus ; nous lui donnons une plus large acception.
Le périnée présente, suivant les sexes, des différences tellement tranchées, qui tiennent à celles des organes génitaux, que notre esprit qui d’abord les saisit seulement, en fait deux régions distinctes;
mais un plus mûr examen démontre bientôt que les parties élémentaires ont ici beaucoup d’analogie, de même que le tout qu’elles forment par leur groupement ; aussi convient - il d’établir d’abord sur le périnée des notions générales ; puis ensuite, de négliger les analogies , pour s’occuper seulement des spécialités dans les sexes.
L’âge adulte sera toujours le type de la description.
Notions générales sur le périnée,
considéré dans les deux sexes.
On estime l’étendue de la surface du périnée en y menant des diamètres antéro - postérieurs, transverses et obliques * ils varient beaucoup suivant les sexes , leur longueur par conséquent ne peut faire le sujet de ce chapitre, de même que l’étendue en hauteur du périnée, dimension que l’on doit apprécier dans différents points.
Le périnée présente deux faces, l’une cutanée, l’autre péritonéale : la première est concave transversalement, surtout à la hauteur des tubérosités sciatiques , et convexe d’avant en arrière ; elle se présente sous la forme d’une rigole longitudinale, sur laquelle le raphé médian est très marqué ; on y trouve les ouvertures de terminaison des organes digestifs , urinaires et génitaux. La face péritonéale, plus ou moins éloignée de la précédente, présente des dépressions péritonéales variables.
Le périnée est traversé suivant des lignes courbes, par les organes urinaires, génitaux et digestifs.
Structure . — i° Eléments. — Cette région, à proprement parler, n’a pas de squelette; des os et des ligaments la circonscrivent seulement. On y trouve
NOTIONS GÉNÉRALES SUR LE PÉRINÉE. 363 des muscles intrinsèques et extrinsèques : au nombre des premiers , on doit compter, i°lereleveur de l’anus; a0 le sphinct er dont la terminaison antérieure se fait sur une des aponévroses du périnée, et non, comme le disent les auteurs , sur lebulbo-caverneux , muscle dont l’extrémité postérieure diffère aussi de la disposition que l’on indique généralement 3 il naît en effet en arrière de l’aponévrose inférieure du périnée 3 3° on trouve enfin dans ce lieu l’ischio-caverneux, et 4 ° le transverse, dont!’ existence et; la disposition varient beaucoup. J’ai noté ici le bulbo-caverneux , parce qu’il existe dansla femme comme dans l’homme, à cette différence près que, clans la première, ses deux faisceaux sont séparés pour embrasser la vulve ; tandis que dans le second, ils sont réunis sous le bulbe uréthral 3 mais il est évident que le nom devrait être changé dans cette description générale : celui d’ ano-carverneux, serait à la fois plus phil osophique et plus convenable. Le seul muscle grand fessier, qui appartient à peine à cette région, est extrinsèque.
La peau et le péritoine, ne présentent rien de général que l’on puisse noter ici.
Les artères y sont nombreuses : elles émanent d’un tronc commun placé sur les limites de la région , dans les parois du bassin 3 c’est Y artère honteuse interne , collée partout contre la face interne de l’arcade pubienne 3 les branches qu’elle envoie dans le périnée sont : i° Y hémorroïdale inférieure , qui marche transversalement vers l’anus , derrière
le niveau des tubérosités sciatiques 3 20, la superficielle du périnée , qui arrive dans la région un peu
36/j. ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE,
au-devant de la tubérosité sciatique, et marche sur les limites externes du périnée , toutefois en convergeant vers la ligne médiane , qu’elle atteint seulement dans la cloison du clartos, après avoir envoyé de petites branches transversales vers la ligne médiane; 3° l’artère transverse ou uréthrale , qui suit une direction transversale, au-devant des tubérosités sciatiques , et varie beaucoup sous le rapport de son origine et de sa direction ; souvent en effet elle naît plus ou moins près de la tubérosité, et se dirige obliquement vers l’urèthre. Les veines suivent en général le trajet des artères ; il faut observer néanmoins que la veine hémorroïdale s’anastomose avec l’origine de la petite mésaraïque , à l’aide de filaments qui traversent les faisceaux du sphincter de l’anus, que la veine superficielle du périnée est très petite et manque quelquefois, que le tronc de la veine honteuse commence dans le corps caverneux, ne rapportant pas le sang de sa veine dorsale, et qu’enfin celle-ci prè * de la racine de l’organe excitateur, passe sous l’arcade pubienne, et va concourir à former un lacis très compliqué autour du col de la vessie. Les vaisseaux lymphatiques sont superficiels ou profonds; les premiers se portent dans les ganglions inguinaux ; les seconds rentrent dans le bassin, et se rendent dans les ganglions hypogastriques.
Les nerfs du périnée suivent presque le trajet des artères : ils ont une branche anale, une superficielle du périnée, et une profonde.
Des aponévroses remarquables occupent, le périnée. fl v en a trois, forma ni chacune un plan ho-
N OTIONS GÉNÉRALES SUR LE PÉRINÉE. 365 rizontal distinct, l’un supérieur, l’autre moyen , le dernier inférieur. Observons pourtant que l’aponévrose inférieure manque en arrière, et se trouve seulement dans l’intervalle triangulaire que limitent les branches de l’arcade pubienne , et une ligne fictive tirée entre les deux tubérosités sciatiques. Ces aponévroses ont reçu des noms divers : ceux qui rappellent leur position., sont de tous les meilleurs. Elles ont entre elles une continuité évidente , de sorte qu’elles forment en avant deux gaines, où sont successivement placés tous les organes.
U aponévrose supérieure du périnée ^ faseia pelvia (J. Cloquet), aponévrose recto - vésicale (Carcassonne) , occupe le fond du bassin, dont elle tapisse aussi les parois ; elle est fixée sur les côtés à la marge du bassin , lieu où elle se continue avec le fascia-iliaca , dans un point très circonscrit; en avant elle est unie, à la face postérieure du pubis et de sa branche horizontale ; en arrière, elle commence surla face antérieure du sacrum, au-devant des trous sacrés ; de là, elle descend en se courbant, et vient se terminer sur le rectum , sur le col de la vessie et les organes génitaux. On peut se la figurer comme formant un plancher concave en haut, seulement percé pour laisser passer le rectum, les organes urinaires et génitaux. Elle est plus dense en avant, où elle forme deux replis très forts, insérés sur le pubis et le col vésical (ligaments antérieurs de la vessie ), entre lesquels existent des ouvertures que traversent les veines dorsales de l’organe excitateur. Au niveau du trou sous-pubien, cette aponévrose forme une arcade renversée, sur laquelle appuient les vaisseaux
et nerfs obturateurs ; en arrière , elle offre un trou
pour le passage du nerf lombo-sacré et des vaisseaux fessiers ; et un autre, que traversent les artères honteuse et sciatique; en haut elle touche le péritoine , en bas elle appuie sur le muscle releveur de l’anus, le pyramidal, l’obturateur interne, le plexus sacré, et les organes médians du périnée.
\d aponévrose moyenne clu périnée , aponévrose du releveur de T anus , ligament périnéal de Carcassonne qui ne l’a vue qu’en avant, naît en dehors et en arrière, de la face externe delà précédente, au niveau du bord supérieur du muscle releveur de l’anus, fixé dans l’angle de séparation ; en avant, elle est insérée sur l’interstice des branches de l’arcade pubienne, se con tinuant avec le ligament pubien inférieur; elle se porte delà sur les côtés du bulbe de l’urèthre, qu’elle fixe très intimement sur la ligne médiane, vers le pourtour de la marge de l’anus, se prolongeant entre les organes digestifs, urinaires et génitaux, de manière à former un second plan fibreux , percé seulement,comme celui de l’aponévrose supérieure, pour le passage des organes médians, et de quelques filets nerveux et vasculaires. Un trou constant existe sous la symphyse pubienne; il est traversé en sens inverse par les veines et artères dorsales du corps caverneux. Cette aponévrose est très forte en avant , elle est très faible en arrière ; sa face supérieure correspond au muscle releveur de l’anus, l’inférieure et externe, donne naissance en dehors à un feuillet fibreux très fort , qui descend perpendiculairement sur les côtés du bassin, hors de la région par conséquent, et va se terminer sur le bord interne du grand ligament