DU PÉRINÉE DE L’HOMME
pénienne. D’abord ce canal se présente sous la forme d’une gouttière ouverte en bas, sa paroi supérieure se formant la première. La vessie dans les premiers temps , a la figure d’un canal continu avec F urèthre; alors il n’y a pas de bas-fonds, la prostate est peu développée et relevée en haut , le péritoine descend très bas entre la vessie et le rectum, même dans les très jeunes fœtus, on le suit jusque sous la prostate et la portion membraneuse de l’ urèthre, comme je m’en suis directement assuré. Cette disposition , et l’absence coïncidente du basfond de la vessie, persistent jusqu’à la puberté, et souvent en partie au-delà • avant cet âge, le périnée de l’homme est dépourvu de poils. L’épaisseur absolue du périnée de l’homme va en augmentant avec l’âge ; mais son épaisseur relative diminue jusqu’à la puberté, excepté sur la ligne médiane où le péritoine se relevant pour former la cloison recto-vésicale, augmente, au contraire, dans ce point, la même dimension. Chez les sujets jeunes, l’absence presque complète de l’évasement anal du rectum , concourt aussi à empêcher la cloison recto-vésicale. Chez les individus très vieux , en revanche , cette dilatation intestinale acquiert souvent une ampleur extrême; alors la cloison recto -vésicale est très étendue. Chez les très jeunes enfants, le bulbe de l’urèthre est petit et éloigné du rectum ; il s’accroît progressivement avec l’âge, au point que chez les vieillards il s’avance jusque vers le rectum, et s’étend très loin latéralement.
Variétés. — Les variétés du périnée de l’homme
38s Anatomie topographique.
sont surtout relatives à ses dimensions. Il en a déjà été question ; ce qu’il importe le plus de noter ici, c’est la disposition de la prostate au col de la vessie : quelquefois elle est placée tout-à-fait en haut i et alors l’urèthre et le col vésical sont très voisins du rectum. On sent toute l’importance de cette position anormale de la prostate que mon ami , M. Senn , a observée plusieurs fois.
Déductions pathologiques et opératoires. — L’urèthre est souvent ouvert au périnée, soit qu’il s’y termine tout-à-fait, soit qu’il se continue encore sous la verge, c’est Yhjpospadias périnéal , qu’explique très bien dans sa formation , le développement de la région. Des abcès se forment souvent dans sa portion ~ génito-urinaire ; ils peuvent être le résultat d’infiltrations urineuses ; alors la gangrène du tissu cellulaire est constante ; ces épanchements d’urine , suite d’une crevasse traumatique de l’urèthre, d’un cathétérisme forcé, ou d’un effort violent pour expulser le fluide vésical, peuvent se faire derrière le bulbe et à son niveau , ou au-devant. Dans le premier cas plus grave, l’urine décolle la vessie et le rectum , altère la prostate en fusant entre l’aponévrose moyenne et la supérieure; dans le second, l’urine se porte en avant et en haut vers les bourses , la verge , même la paroi abdominale en suivant la face supérieure de l’aponévrose inférieure du périnée, qui, d’autre part, s’oppose à son infiltration vers l’anus, quoique cette partie soit la plus déclive; des fistules plus ou moins profondes sont le résultat ordinaire de ces crevasses;
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elles reproduisent assez bien Fhypospadias périnéale. Dans les contusions sur le périnée, F urèthre peut être écrasé et rompu , sans que la peau soit altérée ; j’en ai vu plusieurs cas : une hémorrhagie violente peut être le résultat de cette lésion , on l’arrête par l’introduction d’une très grosse bougie dans le conduit. La prostate est souvent le siège de diverses tuméfactions , que l’on perçoit à travers le rectum , en raison de scs rapports avec cet intestin. Elle devient squirrheuse chez les vieillards , ce qui rétréçit le col delà vessie , et cause la rétention d’urine; des calculs se forment quelquefois dans les lacunes de la prostate , ils sont toujours nombreux et muraux. J’ai vu un individu , chez lequel des calculs prostatiques, après avoir déterminé l’inflammation de la prostate et son ulcération en arrière , s’étaient portés très haut, entre la vessie et le rectum et se trouvaient contenus dans une poche pleine d’un liquide urineux et purulent : le péritoine avait été très refoulé en haut. Des phlé bolithes se forment souvent dans les branches du plexus veineux prostatique. Sur cette portion du périnée, on peut pratiquer deux méthodes de paracentèse de la vessie : i° par le rectum , a0 en traversant toutes les parties molles du périnée. La première méthode , supposant l’existence constante de la cloison recto-vésicale, est mauvaise déjà par cela même ; mais elle l’est encore, parce qu’elle peut être suivie de la lésion de l’une des vésicules, ou des canaux déférents contigus derrière la prostate, et aussi parce qu’elle laisse presque toujours des fistules in-
terminables; la seconde 1 est plus mauvaise encore, malgré tous ses perfectionnements , parce qu’outre quelle peut être suivie de la lésion du rectum , de la vésicule spermatique , et même de la prostate, elle a le grave inconvénient d’exposer à ne pas arriver dans la vessie , ou , ce qui serait plus fâcheux , à y arriver après avoir ouvert le péritoine.
C’est ici encore que l’on pratique l’opération de la lithotomie , dans le plus grand nombre des cas ; pour l’examiner anatomiquement , nous reconnaîtrons avec M. Senn 2 , trois méthodes seulement : la médiane , Y oblique et la bilatérale.
La taille médiane , accompagnée toujours et nécessairement de la lésion des conduits éjaculateurs, lorsqu’elle reste tout-à-fait médiane , est mauvaise chez les jeunes sujets. Si on veut pratiquer cette taille médiane sans inciser le rectum, le débridement du col de la vessie doit rester borné à sept lignes. Si on veut,au controire, inciser le col de la vessie, et la partie la plus infime du rectum , on obtient une plus grande ouverture, suivie presque touj ours, de fistules incurables. Quant àl’opération, qui consisterait à inciser non -seulementla prostate et le rectum au-dessus
1 Elle consiste en uneponction faite a.vec un trois-quarts porté au périnée, sur le milieu d’une ligne tirée entre la tubérosité sciatique et le raphé, un pouce au-devant de l’anus, trois-quarts que l’on enfonce d’abord directement de bas en haut, et qu’en suite on conseille d’incliner vers la ligne médiane, pour éviter la prostate.
2 Loc. cit.