DE LA CEINTURE PELVIENNE
celle de M. Lisfranc qui consiste à arriver sur la paroi antérieure de la vessie , en pratiquant sur le vestibule une section dont la courbe embrasse l’uréthre sans le toucher ; les autres parties incisées dans cette méthode, sont les mêmes que dans la taille latéralisée. M. Lisfranc pense qu’on peut ainsi épargner aux femmes ces incontinences d’urine dégoûtantes ; et si communes apres les autres ma-” niêres d’opérer.
ORDRE SECOTîD.
Ceinture pelvienne.
Le contour de l’excavation pelvienne forme à la partie inférieure de l’abdomen , une ceinture résistante sur laquelle appuient les membres inférieurs en dehors, et qui supporte en arrière le poids de tout le reste du tronc.
Cette grande région, dont les limites sont bien précises en haut et en bas, a pour squelette le sacrum et le coccyx en arrière , les os iliaques sur les côtés et en avant. Elle est encore formée par des parties fibreuses, la membrane obturatrice incomplète en haut, les ligaments sacro - sciatiques sans même parler des moyens d’union immédiats des symphyses. Les parties molles sont placées en dedans et en dehors du squelette , formant réellement deux plans ou régions secondaires : l’une i/itra-pelvienne , l’autre extra-pelvienne .
Considérée d’une manière générale , la ceinture pelvienne participe au développement du périnée et de l’abdomen par deux pièces latérales, ce qui
3q<j anatomie topographique.
sert parfaitement à expliquer ses principales déviations , telles que sa bifidité antérieure dans Yeætroj)kie de la vessie , et sa bifidité postérieure dans le spina-bifida.
Chez l’homme, cette partie des parois abdominales est développée en hauteur surtout ; c’est la largeur qui prédomine chez la femme.
i° Portion intra-pelvienne.
Cette partie de la ceinture du bassin constitue une seule région , que l’on peut aussi appeler intra pelvienne.
Eli e se termine à la marge du bassin , et offre une face péritonéale indivise chez l’homme, séparée chez la femme en deux parties, l’une antérieure, l’autre postérieure, par les ligaments larges de l’utérus.
Structure. — i° Eléments. — Plusieurs parties que nous avons étudiées dans le périnée se prolongent ici, en se recourbant en haut; tels sont le péritoine , l’aponévrose périnéale supérieure qui mérite dans ce point le nom de f as cia pelvia , donné par quelques auteurs, M. Cioquet en particulier, le muscle releveur de l’anus et un peu son aponévrose inférieure en arrière ; mais de plus, on trouve dans cette région les muscles obturateur interne , pyramidal , ischio-coccygien , une aponévrose qui forme une gaine à l’obturateur interne. Cette dernière , placée sur les limites du périnée , naît de la face externe de l’aponévrose périnéale moyenne, descend perpendiculairement appliquée sur la face
DE LA RÉGION INTRA-PELVIENNE . 3ç)()
interne de l’obturateur interne , et vient se terminer sur le bord falciforme du grand ligament sacrosciatique ; elle est très forte en bas , où elle renferme entre deux lames, les troncs des vaisseaux et nerfs honteux en arrière, et leurs branches supérieures en avant ; elle constitue le côté externe d’une excavation fibreuse, remplie de tissu cellulaire dans la région anale. L’artère hypogastrique et toutes ses branches à leur origine, appartiennent à cette région avec leurs veines satellites,, ainsi que beaucoup de ganglions lymphatiques appelés pelviens ? ganglions qui reçoivent non -seulement les vaisseaux lymphatiques de la région , mais encore ceux des parties profondes du périnée, de la hanche , de la partie postérieure de la cuisse et du bassin. A leur issue des trous sacrés, les branches antérieures des nerfs sacrés se trouvent dans le bassin , lui envoient quelques rameaux , et forment par leur réunion angulaire, le plexus sacré qui est uni au plexus lombaire par le nerf lombo-sacré * on y rencontre encore la portion dernière des nerfs trisplanchniques et leur ganglion de réunion, coccj gien, des tissus cellulaire et adipeux très lâches, et séparés par des aponévroses de ceuxdu périnée, mais communiquant avec ceux de la cuisse et de la hanche parles ouvertures sous- pubienne et ischiaiique.
2° Rapports. — Toutes ces parties sont disposées dans l’ordre suivant du péritoine vers les os : en avant , sur la ligne médiane^ le corps de la vessie en rapport par sa face antérieure et uni avec le corps des pubis et avec leur symphyse saillante de ce
côté , à l’aide d’une couche cellulaire lâche 3 tou jours en avant mais a droite et a gauche de la ligne médiane, 011 découvre le péritoine, une couche cellulaire lamelleuse, l’aponévrosepebvienne et le muscle obturateur interne en haut, en bas au contraire, le péritoine, l’aponévrose pelvienne , le muscle releveur de l’anus , l’angle de séparation de l’aponévrose moyenne du périnée et de celle du muscle obturateur, cette dernière renfermant entre ses lames les vaisseaux et nerfs honteux qu’elle maintient appliqués contre les os, enfin le muscle obturateur luimême très épais dans ce point. C’est à cette hauteur qu’existe l’anneau sous-pubien, formé en haut, par la branche horizontale du pubis, en bas par l’aponévrose pelvienne, ouverture renfermant les vaisseaux et nerfs obturateurs appliqués contre son côté externe. Sur les côtés de cette région intra-pelvienne et supérieurement, on trouve le péritoine, une couche cellulaire lâche , au milieu de laquelle glissent d’arrière en avant les vaisseaux et nerfs obturateurs, l’aponévrose pelvienne, le muscle obturateur interne , et aussi le trou sciatique , que constitue l’aponévrose pelvienne en bas, et la grande échancrure sciatique en haut, anneau qui livre passage aux vaisseaux fessiers 3 inférieurement , on rencontre le muscle releveur de l’anus , son aponévrose inférieure , l’angle fibreux de la portion anale du périnée, l’aponévrose de l’obturateur avec les vaisseaux et nerf honteux, et le muscle obturateur luimême. iéu arrière en fin delà région intra-pcl vienne, sous le péritoine qui manque au niveau du rectum,
DE LA PORTION 1NTRA— PELVIENNE . 4° 1
existent une couche cellulaire et adipeuse qui contient les vaisseaux hémorrhoïdaux, vaginaux, vésicaux, les plexus veineux, lymphatiques et nerveux hypogastriques, l’artère et la veine pelviennes latéralement au-devant de la symphyse sacroiliaque, l’aponévrose pelvienne confondue avec le périoste du sacrum , le grand sympathique et le plexus sacré , les muscles pyramidal et ischio-coccygien entourés par un tissu cellulaire lâche.
V ariétés. — L’artère obturatrice vient quelquefois d’un tronc commun avec l’épigastrique, ou de l’artère iliaque externe; alors elle est placée en avant de la région, derrière la branche du pubis , à la partie supérieure de l’anneau sous- pubien. Cette artère envoie quelquefois obliquement, sous la symphyse pubienne, une branche considérable.
Déductions pathologiques et opératoires. — Les ganglions lymphatiques pelviens s’engorgent dans les maladies des organes pelviens, et aussi dans celles qui siègent profondément au périnée, à la fesse et en arrière de la cuisse; des fusées purulentes et sanguines se font quelquefois de bas en haut , par les trous sous-pubien et sciatique, dans les épanchements purulents ou sanguins sous-aponévrotiques du membre pelvien . Deux individus , qui avaient subi l’amputation de la cuisse à l’hôpital de la Charité, m’ont fourni l’occasion de vérifier ces deux assertions : chez l’un, le sang avait pénétré dans le bassin par la grande échancrure sciatique , chez l’autre, du pus y était arrivé à la fois ,
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par le même point et par Panneau sous-pubien 1 . Les abcès par congestion du sacrum en avant , et même ceux des lombes , ont fusé quelquefois à la fesse par l’anneau sous - pubien ; c’est de ce point que se propagent les douleurs de névralgie sciatique. Des hernies peuvent se faire à travers les anneaux souspubien et sciatique, elles peuvent même s’y étrangler ; la position des vaisseaux sous - pubiens en dehors de Panneau du même nom , celle en dedans et en haut qu’affectent ces vaisseaux dans le cas où ils viennent d’un tronc commun avec l’épigastrique, montre que la partie interne et inférieure est celle sur laquelle il faudrait débrider. C’est sur la limite supérieure de cette région , que le docteur Stevens est venu , dit-on , chercher l’artère hypogastrique , pour la lier dans un cas d’anévrysme de l’artère fessière.
2° Portion extra-pelvienne.
Cette partie de la ceinture du bassin se confond sur les cotés avec les membres pelviens , dont elle forme la première section * nous Py verrons autre part; en arrière et en avant, elle est libre, et constitue les régions sacrée-postérieuve ■ et pubienne , en même temps qu’elle supporte, dans l’homme, les organes génitaux externes et les régions qu’ils forment.
1 À l’occasion des régions fessière et crurale, on verra par quelles voies ces fluides étaient arrivés de la surface du moignon vers le bassin .