‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 80 sur 102 · TROISIÈME PARTIE DU MEMBRE THORACIQUE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE DU MEMBRE THORACIQUE

Cette portion du. membre thoracique se compose de la région anti-brachiale proprement dite, et du poignet qui F unit à la main.

i° Région anti-brachiale.

L’avant-bras est à proprement parler la troisième section du membre thoracique; il commence audessous du coude, et est en bas artificiellement séparé du poignet par une ligne circulairement tracée, un travers de doigt au-dessus des apophyses styloïdes.

La forme de l’avant-bras est conique; toutesfois son diamètre antéro-postérieur est moins étendu que le transverse; cette disposition semble préluder à l’aplatissement plus considérable de la main.

L’avant- bras présente deux faces, l’une antérieure ou palmaire, l’autre postérieure ou dorsale, et deux bords, l’un radial, l’autre cubital. La' face palmaire est généralement aplatie et glabre ; sa surface contraste par sa blancheur avec les autres parties du contour de la région ; on voit s’y dessiner les veines sous -cutanées, qui forment un beau réseau dont on peut suivre toutes les branches; enfin en liant et au milieu, on y remarque une dépression longitudinale qui fait suite à celle du coude, et qui s’efface en descendant. La face dorsale est convexe,

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et couverte d’un duvet très fin, on y voit dans leur contraction, s’y dessiner les muscles extenseurs des doigts. Le bord externe dans ses deux tiers supérieurs , est rendu fortement bombé par la saillie commune des muscles radiaux externes et supinateurs ; il est déprimé légèrement au-dessous de ce point , puis en bas il est relevé par le relief oblique des muscles grand abducteur et court extenseur du pouce. Le bord interne est convexe en haut, moins pourtant que le précédent, il est droit en bas.

Structure . — i° Eléments. — L’avant-bras a son squelette formé par le milieu ou la portion grêle et compacte du radius et du cubitus; ces deux os y sont unis entre eux par le ligament interosseux qui manque en haut, et qui présente çà et là des ouvertures vasculaires. Les muscles doivent être distingués en antérieurs, postérieurs et externes les uns encore font saillie hors de l’espace interosseux, les autres y sont en quelque sorte renfermés : parmi les muscles antérieurs deux seulement, les pronateurs , se terminent à l’avant-bras, les autres le dépassent en bas. Faisons remarquer que les deux pronateurs ont une direction oblique ou transverse, du cubitus vers le radius. Le seul anconé parmi les muscles postérieurs, se termine à l’avant-bras sur le cubitus; dans ce sens, excepté celui-ci, tous les superficiels sont fort longs , et n’ont que peu de rapports d’insertion avec les os de cette région ; tous les profonds au contraire sont courts, et deux d’entre eux, le grand abducteur etle petit extenseur du pouce , sont insérés à la fois sur lesdeux os. Les muscles du faisceau externe

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sont au nombre de quatre, parmi lesquels les deux supinateurs se fixent par leur extrémité inférieure à l’avant-bras, tandis que les deux autres n’ont avec lui que des rapports de position. L’aponévrose anti-brachiale forme à toute cette masse de muscles, une enveloppe commune, elle constitue aussi des gaines secondaires pour beaucoup d’entre eux. Ces gaines sont formées par des cloisons , que l’aponévrose envoie de sa face interne vers les os ; elles sont plus fortes en haut qu’en bas, plus, superficiellement que profondément ; toutes enfin procèdent des tubérosités de l’humérus. Pour les former l’aponévrose se fixe d’abord sur les bords interne du cubitus et postérieur du radius, ce qui déjà sépare les muscles postérieurs des antérieurs et externes; elle divise ensuite les muscles postérieurs en deux plans, en envoyant une lame entre les superficiels et les profonds , formant ainsi avec les os et le ligament interosseux, une seule gaine pour ces derniers. Chacun des premiers au contraire, en a une bien distincte; ainsi il y a celles de l’anconé, du cubital postérieur, de l’extenseur du petit doigt, et de l’extenseur commun des doigts. Tous les/ muscles externes sont enveloppés dans une même gaine, continue en arrière avec celle de l’extenseur commun , en avant, avec celle du rond pronateur, et fortifiée au coude par une expansion détachée du tendon du brachial antérieur; en avant, l’aponévrose se comporte presque comme en arrière , elle partage les muscles en deux sections, en envoyant une lame au-devant du fléchisseur superfi-

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ciel commun des doigts , laine qui constitue avec les os et le ligament interosseux une gaine profonde pour les deux fléchisseurs communs, et pour celui du pouce ; le carré pronateur est toujours recouvert par une lame spéciale insérée sur les bords opposés du radius et du cubitus 1 ; ensuite chaque muscle superficiel, le rond pronateur, le grand palmaire, le petit, et le muscle cubital antérieur , est enveloppé d’une gaine très mince.

Quatre grosses artères traversent l’avant-bras , et lui fournissent ses matériaux nutritifs, ce sont les radiale, cubitale et interosseuses. Les deux premières sont les principales; les dernières sont des branches de la cubitale, laquelle donne encore la petite artère du nerf médian. On a vu au coude les anastomoses qui lient les artères de l’avant-bras et celles du bras, à l’avant-bras de la même manière, les artères postérieures et les antérieures sont unies par les perforantes du ligament interosseux. Les veinesantibrachiales sont profondes ou superficielles : les premières suivent très exactement le trajet des artères, il y en a deux pour chacune d’elles ; les superficielles sont la radiale, les cubitales superficielles et la médiane. Souvent partout ces veines sont bien distinctes, d’autres fois elles se confondent toutes en bas dans des réseaux postérieurs et, antérieurs, et ne se détachent nettement qu’en haut; îa radiale et les cubitales naissent surtout en arrière, elles se con-

1 Dans certains animaux, les chats en particulier, cette lame fibreuse du carré pronateur, prend un développement considérable.

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tournent ensuite sur les bords de l’avant-bras pour devenir antérieures. Les vaisseaux lymphatiques superficiels suivent le trajet de ces veines, et passent au-devant du coude pour aboutir avec les profonds dans les ganglions axillaires. Les nerfs sont superficiels et profonds ; les premiers viennent de quatre sources : des deux nerfs cutanés et des branches çulanées, fournies en dedans par le cubital, en dehors par le radial,* ces deux derniers nerfs forment avec le médian le système nerveux profond de cette région. Chacun dans sa position distribue des filets aux parties qu’il avoisine ; le radial en outre envoie en arrière une branche remarquable qui appartient à tous les muscles extenseurs. Le tissu cellulaire sous-cutané est d’une laxité médiocre partout ; le sous-aponévrotique n’offre rien despécial. La graisse à l’avant-bras est presqu’exclusivement sous-cutanée; la peau est plus blanche, plus fine, et moins velue en avant qu’en arrière.

2° Rapports. — L’avant-bras est constitué par des couches organiques, plus nombreuses en avant et en dehors qu’en arrière et en dedans; les unes, au reste , sont communes à tous les points de son contour , et les autres appartiennent spécialement à chaque face. Les couches communes sont : la peau, le tissu cellule*- adipeux sous -cutané au milieu duquel on trouve les vaisseaux lymphatiques, les veines et les nerfs superficiels; enfin le feuillet superficiel de l’aponévrose. Les couches plus profondes varient singulièrement en avant, en arrière, et sur les côtés, et doivent être étudiées successive—

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