‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 81 sur 102 · DE LA RÉGION ANTI-BRACHIALE · texte numérisé non relu

DE LA RÉGION ANTI-BRACHIALE

ment dans ces divers points : i° en avant , sons l’aponévrose , on trouve en dehors l’artère radiale et ses veines satellites , logées dans un sillon musculaire peu profond que forment par leur rapprochement les muscles externes et antérieurs. Ces vaisseaux suivent partout le trajet d’une ligne fictive , tirée du milieu du çoude au-devant de l’apophyse styloïde du radius , et sont côtoyés en dehors par le nerf radial, quelquefois jusqu’au poignet, d’autres fois moins bas *, suivant la hauteur à laquelle il se contourne. Le muscle rond pronateur, dont le tendon seulement est placé sous l’artère radiale , se trouve dans ce premier plan , avec les deux palmaires et le cubital antérieur, tous enveloppés par une gaine fibreuse spéciale. Une lame aponévrotique profonde et le muscle fléchisseur superficiel forment la seconde couche , au-dessous de laquelle une troisième se trouve constituée par le fléchisseur profond commun, et le long fléchisseur du pouce ; mais entre elle et la précédente on trouve, au milieu, le nerf médian et son artère satellite et en dedans, les vaisseaux et nerfs cubitaux logés d’abord dans un interstice que forment en haut, les muscles fléchisseurs com-

1 Toutefois, il faut le dire, une lame fibreuse sépare toujours le nerf des vaisseaux radiaux* le premier, en effet , est logé dans la gaine des muscles externes de Favant-bras , les seconds, au contraire, sont placés dans les gaines antérieures , et spécialement dans celle du rond pronateur en haut, dans celle des fléchisseurs en bas.

. ) I 8- anatomie topographique.

niuns superficiel et profond seulement, tandis qu’inférieurement il résulte au contraire du rapprochement des muscles fléchisseur profond en arrière, cubital antérieur en dedans, du muscle fléchisseur superficiel et du feuillet profond de l’aponévrose anti - brachiale en dehors et en avant, *. Dans cet interstice, l’artère cubitale avec ses veines se dirige d’abord suivant une ligne tirée du milieu du coude , vers la fin du tiers supérieur du bord interne du cubitus. Dans la première partie de son trajet, elle est très profonde, et protégée en avant par tous les muscles superficiels de la face antérieure de l’avantbras j plus bas, elle prend une direction parallèle à celle de la radiale, et suit le trajet d’une ligne supposée menée de l’épitrochlée vers l’apophyse styloïde du radius ; le nerf cubital est éloigné de l’artère dans le premier point, mais au-dessous il s’accole à sa partie interne, pour ne plus la quitter. Derrière les muscles fléchisseur profond et long fléchisseur du pouce paraissent les os, le ligament interosseux et les vaisseaux et nerfs interosseux antérieurs cachés en bas , par le petit muscle carré pronateur, qui est enveloppé lui-même dans sa gaine propre. <i0En arrière , sous l’aponévrose, on trouve une première couche formée par les muscles

1 Cette position de l’artère cubitale sous le feuillet profond de l’aponévrose de l’avant-bras, est constante; aussi, pour arriver sur clic d’avant en arrière, faut -il intéresser deux lames fibreuses.

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extenseur commun des doigts, extenseur du petit doigt, cubital postérieur et anconé, tous entourés d’une gaine spéciale; au-dessous, un secondplan, est constitué parle grand abducteur du pouce, ses deux extenseurs, celui de l’index, et par une partie du cou rt supinateur de Fépaisse ur duquel sort la bran che dorsale du nerf radial, branche qui se trouve placée avec les vaisseaux interosseux postérieurs entre les deux plans qui viennent d’être signalés. Toutes ces parties enlevées, on découvre, dans toute son étendue , la face postérieure des os et du ligament interosseux. 3° En dedans , l’aponévrose adhère immédiatement, à l’os, que partout on rencontre seul au-dessous d’elle , excepté en bas, où se trouve la branche dorsale palmaire du nerf cubital , branche qui se contourne sous le muscle cubital antérieur et sur le bord interne de l’avant-bras , à une hauteur qui varie. 4° En dehors , sous l’aponévrose, on pénètre dans une vaste gaine aponévrotique , dans laquelle sont le nerf radial, et les muscles long supinateur , premier radial externe , second radial externe et court supinateur ; en haut, ces quatre muscles sont superposés de dehors en dedans dans l’ordre précédent, et au-dessous du dernier, sur le col du radius, se trouve la branche dorsale du nerf radial. Au milieu de la hauteur de ce bord de l’avant-bras, on ne trouve plus en dehors de l’os, que le long supinateur et les muscles radiaux externes; plus bas enfin les tendons de ces trois muscles sont croisés obliquement et superficiellement parles muscles gra n d abducteur et court extenseur d u pouce ,

qui sortent ainsi de la face postérieure de l’ avant* bras ; enfin , près du poignet , ces deux derniers muscles et le long supinateur seulement cachent le trajet oblique en arrière du nerf radial.

Développement. — L’avant-bras est la seconde partie du membre thoracique qui se trouve formée d’une manière distincte. Avant l’époque de la puberté, la graisse sous-cutanée y est si abondante antérieurement, que toute cette région a la forme exactement arrondie.

Variétés . — * De nombreuses variétés anatomiques s’offrent ici à l’observateur. Le muscle palmaire grêle manque souvent ; souvent le muscle fléchisseur long du pouce envoie au-devant de l’artère cubitale un faisceau vers l’épitrochlée , ou vers l’apophyse coronoïde 1 , etc. Les gaines aponévrotiques ne sont jamais plus rares que de coutume : mais elles sont plus nombreuses quelquefois ; il n’est pas rare de trouver u ne gaine propre à chacun des muscles externes , etc. Il a été fait mention dans la région brachiale , des variétés d’origine des artères principales de cette région, par suite d’une division prématurée de l’artère brachiale ; dans ces cas, tantôt l’artère interosseuse est fournie par la radiale, tantôt paria cubitale, tantôt par la brachiale elle-même. Quelquefois l’artère cubitale n’occupe pas supérieurement la position profonde qu’elle affecte normale-

1 Je regarde cette disposition du long fléchisseur du pouce comme normale; c’est seulement pour me conformer à l’opinion reçue, que je l’ai notée comme variété.

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nient, ; cette variété m’a présenté plusieurs fois les degrés suivants : ] 0 Comme dans la planche n° 2 , un très petit rameau détaché de la brachiale ; peut passer sur le faisceau des muscles épitrochléens , et plonger après un court trajet dans l’interstice cubital , pour s’anastomoser avec l’artère cubitale qui se comporte comme dans l’état régulier ; 20 d’autres fois ce rameau offre autant de volume que l’artère cubitale qui peut alors être considérée comme naissant par deux racines , l’une superficielle , l’autre profonde. J’ai toujours vu la première passer sous l’aponévrose : Meckel dit qu’elle peut être sous-cutanée; je le croirais d’autant plus facilement, avec cet habile anatomiste , que souvent , comme sur la planche citée , le rameau rudimentaire qui constitue le premier degré de cette variété , se divise en deux rameaux , l’un sous-cutané , l’autre sousaponévrotique ; 3° enfin , l’artère cubitale en totalité ; peut passer superficiellement et se replacer au milieu de l’avant -bras dans son interstice. Souvent l’artère radiale fournit de bonne heure 3on rameau radio-palmaire; alors , souvent aussi , elle se contourne de bonne heure sous le muscle long supinateur ? pour gagner la face dorsale de l’avant-bras. J’ai vu une fois la petite artère du nerf médian se continuer sans ligne de démarcation tranchée avec la brachiale , les artères radiale et cubitale étaient rudimentaires , et contrastaient avec le volume considérable delà première.

Chez la femme, la graisse sous-cutanée conserve à l’avant-bras tous les caractères infantiles.

Usages. — On a dit , avec beaucoup de justesse, que l’avant-bras était le manche de la main , manubrium manus. La main, en effet, est constamment entraînée dans ses révolutions , qui ont lieu , tantôt en avant , pronation , tantôt en arrière , supination , et qui sont favorisées surtout par la largeur de l’espace interosseux.

Déductions pathologiques et opératoires. — -L’avant - bras peut manquer en totalité et la main exister* c’est un simple arrêt de développement. Un individu , mort dernièrement à l’hôpital Saint- Antoine, n’avait de l’avant -bras que l’extrémité supérieure ; il n’y avait aucune trace qui put donner l’idée d’une ancienne amputation. On m’a seulement montré le squ elette : l’extrémité supérieure des deux os de l’avant -bras pouvait être facilement distinguée; le radius avait sa tête déformée. Dans les fractures de l’avant-bras, l’espace interosseux est plus ou moins complètement effacé par la convergence vers lui des extrémités libres des fragments osseux, convergence déterminée par l’action des muscles de cet espace. Si l’on examine ce déplacement , spécialement dans la fracture du radius , on voit , q.u’en raison de la mobilité de cet os dans ses deux articulations supérieure et inférieure , les deux fragments se dévient ensemble vers le cubitus. Au contraire , dans la fracture de celui-ci, le fragment inférieur seul se dévie vers le radius; le supérieur est trop immobile latéralement dans son articulation humérale , pour obéir à la même tendance. L’importance de

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