‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 82 sur 102 · DE LA RÉGION ANTI-BRACHIALE · texte numérisé non relu

DE LA RÉGION ANTI-BRACHIALE

l’espace interosseux , en même temps que l’impossibilité d’affronter autrement les fragments, implique la nécessité j dans ces fractures, d’enfoncer les masses musculaires antérieures et postérieures entre les os , qui se trouvent ainsi pressés de dedans en dehors, suivant une direction inverse de l’action des puissances de déplacement. Pour obtenir cet effet, il faut artificiellement rendre le diamètre antéro-postérieur de l’avant-bras pl us étendu que le transverse, par le moyen de pyramides de compresses placées dans ce sens. Il est facile de faire la ligature des artères radiale et cubitale dans les plaies, si l’on incise sur le trajet des lignes indiquées; la radiale doit être soulevée de dehors en dedans , la cubitale en sens inverse , pour éviter leurs nerfs satellites. La radiale peut être liée partout, la cubitale ne saurait l’être , sans un grand délabrement dans son quart supérieur. Dans les cas d’anévrysme de l’une de ces artères , il faudrait, à cause des larges anastomoses qu’elles ont à la main , les lier au- dessus et au - dessous de la tumeur, ou mieux mettre une seule ligature sur l’artère brachiale. L’amputation de l’avant-bras peut être faite à toutes les hauteurs ; c’est dans la partie antérieure du moignon, ou dans le lambeau antérieur que se trouvent la plupart des vaisseaux à lier, les artères radiale, cubitale et T inter osseuse antérieure; la seule interosseuse postérieure fournit du sa n g en arrière . La réunion par première intention, après cette opération, me semble moins convenable qu’au bras, pour deux raisons : i° à cause de 1 a grande quantité de ten-

dons qui, en bas surtout , forment le moignon; 20 en raison de l’existence des gaines fibreuses très fortes qui entourent les muscles , et qui forment des canaux toujours prêts à recevoir le pus ou le sang qui s’épanchent nécessairement sous la plaie , dans les lieux où séjournent les fils des ligatures ; de là des fusées qui entravent la marche de la nature dans les cicatrisations. Les plaies de la partie supérieure et externe de cette région lorsqu’elles pénètrent jusqu’à l’os, sont nécessairement compliquées de la lésion du nerf radial, et par suite de la paralysie des muscles postérieurs de l’avant-bras, les extenseurs de la main et des doigts. De cet accident résulte aussi la position constamment fléchie de ces parties , qui obéissent à l’action non équilibrée de leurs muscles fléchisseurs.

2° Région du poignet.

Le poignet est le point d’union de l’avant-bras et delà main* c’est une région qui commence en haut où finit l’avant-bras, et qui se termine en bas et en avant par une ligne ondulée qui correspond à l’os pisiforme d’un coté , mais qui est plus déprimée en dehors 5 en arrière enfin , cette ligne circula irem eut prolongée , achève la circonscription inférieure.

Le poignet est aplati comme l’avant-bras ; son diamètre transverse est plus étendu que l’antéropostérieur.

Cette région présente deux faces : l’antérieure ou palmaire est aplatie ; on y distingue des lignes bleuâtres, anastomosées en réseau, et une saillie

DE LA RÉGION DU POIGNET. .*> T f »

allongée; les premières sont des veines sons-cutanées , la seconde traduit au-dehors le faisceau des tendons fléchisseurs ; deux plis transversaux s’y remarquent encore : ils appartiennent à la flexion de cette partie ; les pulsations de l’artère radiale peuvent y être senties en haut, sur le radius : c’est aussi le lieu que l’on choisit pour l’appréciation du pouls. La face postérieure ou dorsale est convexe ; on y voit des reliefs veineux très marqués, surtout près de ses bords ; dans l’extension seulement, certains tendons s’y dessinent, et l’on distingue notamment celui du long extenseur du pouce qui descend obliquement en dehors ; enfin la tête du cubitus forme aussi en dedans et en arrière une éminence remarquable. Des deux bords qui séparent ces faces, l’un est externe ou radial, l’autre , interne ou cubital; le premier offre en haut une convexité qui appartient à la partie renflée inférieure du radius ; tandis qu’en bas, dans l’abduction et l’extension du pouce , on y remarque une dépression losangique, au fond de laquelle les pulsations de l’artère radiale peuvent être facilementperçues;leslignes qui circonscrivent cette dépression appartiennent en dehors aux tendons du grand abducteur et du court extenseur du pouce; en dedans , à celui du grand extenseur du même doigt. Lesecond bord du poignet est concave : c’estle fond de l’angle que forment, en se réunissant, les bords internes de la main et de l’avant-bras ; on y sent facilement l’apophyse styloïde du cubitus.

Structure. — i° Eléments. — Les articulations radio-carpienne et radio - cubitale inférieure for-

5à'6 ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.

ment le centre de cette région ; la première est constituée d’un côté par les deux os de l’avant-bras , le radius surtout, et de l’autre, par la première rangée du carpe, le pisiforme excepté; elle est fortifiée par quatre ligaments peu serrés. Les os de l’avant-bras entrent dans la composition de cet article , par le moyen d’une cavité, les os du carpe réunis forment au contraire une surface convexe; en totalité la ligne de jonction articulaire décrit, depuis l’apophyse styloïde du radius jusqu’à celle du cubitus, une courbe légère à convexité supérieure. La seconde articulation est simplement constituée par la tête du cubitus, et la cavité sigmoïde du radius, elle est maintenue par une lame fibro-cartilagineuse, souvent incomplète . Les tendons d’un grand nombre de muscles se trouvent ici : en avant, ce sont ceux des fléchisseurs communs des doigts, du fléchisseur long du pouce, du cubital antérieur, des grand et petit palmaire; en arrière, ceux des extenseurs des doigts communs et particuliers , ceux du cubital postérieur et des radiaux externes ; le long supinateur s’y termine en dehors , La portion d’aponévrose qui entoure cette région , est continue sur la main et l’avantbras : elle est très forte surtout en arrière, où ses fibres transverses très visibles , constituent le ligament annulaire postérieur du carpe. Par sa face interne, elle adhère intimement aux bords externe et interne du radius et du cubitus, et envoie des prolongements qui entourent partiellement les tendons , ceux des extenseurs surtout, leur formant avec les os des gaines osséo- fibreuses, où se dé-

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