PREMIÈRE PARTIE DD MEMBRE ABDOMINAL
La première section du membre abdominal , la hanche, est la base par laquelle il appuie sur le tronc. Elle se compose de l’ensemble des organes qui recouvrent les deux faces de l’os coxal : analogue de l’épaule dans le membre thoracique, la hanche présente comme elle deux faces : l’une interne, correspond à l’abdomen, et se fond dans ses parois, avec lesquelles nous l’avons examinée ^ ; l’autre externe, est immédiatement liée au membre pelvien, et constitue en dehors la région fessière, tandis qu’en avant, la région de la cuisse s’avance jusqu’à elle. De cette face externe, commune à deux régions, procède l’articulation coxo-féniorale, remarquable par sa profondeur qu’augmente un bourrelet fibro-cartilagineux, etfortifiée lo par un ligament inter-articulaire hxé surl’os coxal, au fond delà cavité cotyloïdej 2° par une capsule très forte en haut, en dehors et en
* 7 'oji'-cs rÔDÎ O II s Hiaquc ot inlm-pelviennc.
DE EA HANr.HE. 563
avant , et faible dans les autres points ; iin peloton adipeux considérable remplit le fond de Ifarticnlation, et coinmnnique avec le tissu extra-articulaire ^ , par nn trou osséo-fibrenx placé en dedans, et sentant aussi à l’introduction d’une artère importante, qui distribue quelques ramuscules a u lig;ament rond et à la tête du fémur. Ajoutons enfin, qu’une partie du fémur a été modifiée pour cette articulation , et présente à cet effet, sa tête et son pédicule ou col, dirig^éen haut et en dedans, et formant avec le reste de l’os, un aiqqle d’environ cent vingt degrés ouvert en bas et en dedans. Ce col peut être divisé en trois portions, ii ne inter-arlLciilaire , une autre extraarticidaLrc'tvhi^ marquée en arrière, et la troisième, représentée par la ligne (F insertion de la capside fibreuse.
Développement. — La première section du membre abdominal se développe tard, et paraît être la dernière distincte chez l’embryon j pendant toute la vie intra-utérine, elle est en quelquesorte rudimentaire; après la naissance , elle prend un accroissement lent, mais continuel jusqu’à la puberté, époque à laquelle seulement s’établissent les caractères sexuels.
‘ 1^0 trou interne de cet article me* paraît avoir pour nsafje principal, de permettre l’issue d’une partie du coussin adipeux cotyloïdien, lorsque celui-ci, après avoir prête par son élasticité, est encore comprimé par la tête du fémur: l’expérience sur le cadavre ne laisse aucun doute à cet caard.
ANATOMIE TOPG(;iUPHiQUE.
av'u'tcs. — Chez l’iioiriine, la lianclic est, jieu (léjetéc en dehors, (;lle a au contraire une hauteur considérable; c’est l’inverse chez la femme.
Sous le rapport de la disposition des hanches, on observe une foide de variétés individuelles. Quelrpies hommes les ont très écartées comme la femme, tandis que parmi celles-ci, il en est chez lesquelles elles offrent un remarquable rapprochement; on trouve quelquefois une absence complctcduligament rond, ce qui peut dépendre d’une rupture ancienne.
Déductions patliolo^ujues et opératoires. — La position de l’articulation coxo-fémorale sur les limites delà hanche et delà cuisse, explique comment il se fait, que ses maladies peuvent retentir dans l’une ou l’autre de ces réglions, ou dans les deux à la fois, comme nous le verrons pour la luxation par exemple. Cette luxation, d’après la structure de l’articulation, ne semble guère possible qu’en bas et en dedans, et pourtant l’observation démontre que celle en haut et en dehors, est de beaucoup la plus commune. Un fait de cette nature ne pouvait avoir sa source que dans une disposition anatomique; mon ami et collègue, M. Gerdy, mesemblel’avoir placée avec raison dans celle du ligament rond. Dans les mouvements d’adduction en effet, ce faisceau fibreux inter-articulaire, soulève du fond de la cavité cotyloïde la tête du fémur , autour de laquelle il tend à se rouler; par ce mécanisme, bientôt le sommet de le tête du fémur, est presc[ue mis sur le niveau du sourcil cotyloïdien, et il n’est plus besoin que d’un léger eFfortinuscidaire [lourquela luxation soiteffec-
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tuée. Le col du fémur peutêtre rojupu dans les trois points de son étendue, qui ont été indiqués; de là trois sortes bien distinctes de fractures de ce col : l'es unes, extérieures à l’articulation, se consolident aisément, les deux fragments recevant des vaisseaux nombreux; d’autres, correspondant au niveau de l’insertion de la capsule fibreuse, se réunissent également bien pour la même raison , mais surtout sont remarquables par le peu de déplacement des fragments ; les dernières, tout-à-faitintra-articulaires , ne sont jamais suivies de guérison , parce que le fragment' supérieur dépourvu presque de vaisseaux , est, devenu un véritable corps étranger au milieu de l’articulation, et ne peut ainsi contribuer à la formation du cal; cette condition du fragment supérieur explique sa destruction fréquente, sous l’influence des frottements de l’inférieur. Le défaut de réunion dans ce dernier cas a été observé par tout le monde, et les faits ont entraîné plusieurs chirurgiens du premier ordre, le célèbre Astley Cooper en particulier, a énoncer comme constante la non réunion après cette fracture. Toutefois, bien que cette opinion soit fondée sur une masse immense de faits avérés, on en cite plusieurs qui de jiruna abord semblent contradictoires; mais je suis fortement porté à croire, d’après ce que m’ont appris dix ouvertures d’individus morts après avoir eu des fractures du col du fémur , que cette dissidence d’opinion sur ce point de la science, tient à ce que l’on n’a pas assez exactejuent distingué les troisespèces de fractures quej’ai indi(juées. J’ai dans
CO moment; sons les yeux ([iiatre fémurs, dont le col a été fracturé au-dessus de l’insertion de la capsule, et il n’en est pas un seul sur lequel existe la consolidation la plus légère On n’objectera pas que cela tient à l’âge avancé des sujets que j’ai observés; l’un d’eux en effet avait trente-trois ans : au reste, on sait fort bien que certaines fractures du col du fémur se consolident parfaitement chez les vieillards. Quant à l’objection qu’élèvent ceux qui parlent des vaisseaux que reçoit le fragment supérieur, par le moyen du ligament rond, elle est bien peu solide; poui* en juger, il suffit de considérer la ténuité et la rareté de ces vaisseaux , que beaucoup de personnes paraissent admettre théoriquement, plutôt que d’après une inspection directe. La luxation dite spontanée, de l’articulation coxo-fémorale , est souvent produite chez les enfants, par une tuméfaction tuberculeuse du peloton cellulo-graisseux cotyloïdieu. Da ns un cas de ce genre , que j’ai disséqué à l’Hôpital des Enfants, lorsque j’y étais iritenie , j’ai trouvé, en dedans de la cavité cotyloïde^ une masse tuberculeuse qui communiquait avec une autre production semblable, placée en dehors, sur le niveau
‘ 1^0 ur bien apprécier les pièces de ce genre, il faut toujours les scier; sur une de celles cpie je possédé, j ai ciu long-temps a. une véritable consolidation , lorsfpi.il n ^ avait qfi’Qnglobenient du fragment supérieur pai une masse osseuse, qui avait été fournie pÿ^r linférieui. ]\î. Cooper a très bien montré aussi , que sans cette piécaution , ou pouvait prendre pour un ancien cal, des altérations étrangères de l’extrémité supérieure du lemui.
IIE LA RÉGION l'KSSIÈRK. • 5f>7
du trou interne Je rarticnlalion ; cette tumeur externe paraissait s’être propagée de l’intérieur à l’extérieur par la continuité du tissu cellulaire. A la suite des diverses luxations du fémur , la tête de cet os peut se porter dans des points variables ; il en sera question plus tard , ainsi que des articulations supplémentaires qui s’établissent dans ce cas. Ce qui se rapporte présentement à notre sujet, c’est l’examen de la cavité cotyloïde abandonnée à elle-même ; vide de la tête du fémur elle se resserre d’abord, devient triangulaire, le bourrelet cotyloïdien se tuméfie par défaut de pression , remplit toute la cavité , et celle-ci bientôt s’oblitère par rapprochement de ses jDarois, comme une alvéole après l’extraction d’une dent.
La première partie du membre abdominal présente en dedans, les régions iliaque et inli'a - pelvienne qui déjà nous ont occupé ; en dehors elle est formée parla région fessière, et s’unit à la deuxième section du membre correspondant.
Rc^gion fessière.
La fesse est la partie supérieure et externe de la hanche.
Elle a pour limites , en haut, la crête iliaque j en bas , une dépressiou appelée pli de la fesse ; en avant, le grand trochanter et l’épine iliaque antérieure et supérieure j en arrière, le sacrum, le coccyx, et, à leur niveau, une dépression c|ui fait suite à celle de la région spinale du tronc.
La fesse appuie d’un côté sur le bassin, de l’au-
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t re, elle est cutanée et plus ou moins uniformément bombée; souvent on y remarque, et toujours on y sent en bas, une dépression limitée par deux fortes tubérosités osseuses, celles de rischiori et du grand trochanter.
Structure. — lo hlénients. — La fesse a pour squelette , spécialement la fosse iliaque externe, et la partie supérieure externe de l’articulation coxofemorale, qui a été examinée dans la description générale de la hanche, parce qu’elle appartient également aux deux régions qui en procèdent , la fefise et la cuisse. Au-dessous de cette articulation , une forte tubérosité du fémur, le grand trochanter, est propre à cette région, dans laquelle le squelette présente aussi deux trous osséo-fibrenx, appelés sciatiques, l’un plus grand, supérieur et postérieur, l’autre plus petit, inférieur et antérieur ; tous les deux mettent la fesse en communication avecl’intérieur du bassin. Trois grands muscles sont propres à cette région, etportentsonnom, ils sont seulement distingués par une épithète qui rappelé leur masse plus ou moins grande. La seule remarque que je doive faire ici relativement à la texture de ces muscles , c’est que le tendon de terminaison du grand fessier est aplati , et épanoui en lames minces sur chacune de ses faces; que celui du moyen est central , tandis que celui du petit est épanoui sur la face externe seulement. Les petits muscles rotateurs de la cuisse , ou trochanU ricns , sont tous placés profondément à la fesse : le pyramidal , les deux jumeaux , les extrémités des ol)-
DE LA RÉGION EESSIÈRE, 56ç)
liiratclU’s , et le carré ci'iiral j enfin , une très petite portion des muscles biceps , demi tendineux ^ demi membraneux, triceps et grand adducteur, s’avancent jusque dans cette région, où ils sonttoutà-fait accessoires. L’aponévrose fascia lata naît dans la fesse, et y présente quelques caractères spéciaux : elle est très mince en arrière ; en avant , au contraire, elle est très forte , et fournit des origines au muscle moyen fessier j elle est fixée sur toute la périphérie de la fesse, et lui forme réellement une gaine incomplète , ouverte en bas vers la cuisse , et en haut du côté du bassin , au niveau des trous sciatiques. L’aponévrose fascia supeificialis se prolonge aussi dans ce point, et disparaît bientôt dans le tissu cellulaire. La fesse reçoit ses artères presque exclusivement de l’hypogastrique , dont la branche fessière lui appartient 3 elle est traversée par la honteuse interne et la sciatique , qui lui laissent aussi quelques rameaux , la dernière surtout. Tous ces vaisseaux viennent du bassin, à travers le grand trou sciatique j la honteuse seule y rentre en passant par le petit. Enfin , les deux artères circonflexes fémorales viennent , par une marche rétrograde, s’y terminer en s’anastomosant avec les artères fessières proprement dites , circonstance d’une importance majeure, pour le rétablissement de la circulation , lorsque l’on a lait la ligature de la partie supérieure de l’artère fémorale, ou de l’iliaque externe. Les veines suivent généralement le trajet des artères; cependant, l’emarijuons qu’on en trouve un réseau su[)erficiel ,
ANA'J'O.MIE TOPOGRAPITJQUE.
([ueJquefois coiisicl6rahle , ot se rendanl; vers la veine sous-cutanée aJjcloniiiiale. L(3S Jvojphatifjues superficiels se rendent aux fj^anglions de l’aine j les profonds suivent le trajet des artères fessicre et sciatique, entrent dans le bassin, et se portent dans les ganglions pelviens. Les nerfs fessiers sont distingués en fessiers supérieurs ^ fournis par le cordon lombo-sacré, eX. en inférieurs ^ que donne le plexus sacré : le grand nerf sciatique, le nerf honteux interne, et le petit sciatique ou cutané postérieur de la cuisse , traversent cette région en lui laissant des rameaux J comme les artères, ils arrivent tous par le grand trou sciatique , les uns en passant audessus du muscle pyramidal, les autres au-dessous. Le tissu cellulaire profond de la fesse est graisseux; il est fort lâche, et continu en haut par les trous sciatiques avec le tissu intra-pelvien , en bas avec celui de la partie postérieure de la cuisse. Le tissu cellulaire superficiel est tout-à-fait différent, et n’a avec le premier aucun rapport de continuité , il est remarquable par sa densité et par la graisse qu’il contient toujours en variable quantité ; des filaments fibreux le traversent et lui donnent une résistance très grande. Une bourse muqueuse séparé le grand fessier du grand trochanter ; elle est remarquable par sa laxité et les cloisons qui la séparent. La peau de la fesse est fine et peu velue, si ce n’est
près des limites postérieures delà région.
20 Rapports. — Quant à la disposition de ses éléments, la fesse peut être citee pour sa siui[)hcité , ils se présentent dans l’ordi’e suivant : La