CHAPITRE DEUXIÈME
SECONDE PARTIE Dü MEMBRE ABDOMINAL.
La cuisse est la deuxième section du membre ah- " dominai ; ses limites sont plus précises supérieu- ^ renient qu’inférieurement : en se réunissant eu
haut et en avant avec la paroi abdominale, elle i
DE LA llÉ(;iO:< C.RÜRAT,!;. 5'^' 5
concourt à former le pli de l’aine, cpii nous a déjà occupé En bas, au contraire, elle forme un des éléments du g;enou , de là les deux régions crurale y proprement dite, et du geiiou. /
1° Région crurale.
La région crurale se distingue de la fesse en haut et en arrière, par le pli de cette région , de la paroi abdominale, en haut et en avant, par le pli inguinal, tandis qu’en dedans un sillon rempli d’ouvertures folliculaires , et qui correspond à la branche ascendante de l’ischion, la sépare de la région génitale externe ; en bas , elle est confondue réellement avec le genou, et leur séparation ne peut être établie qu’artifîciellement, à l’aide d’une ligne ' menée circulairement quatre travers.de doigts au- ' dessus de la rotule.
La cuisse a la forme d’un cône tronqué , dont la base est au bassin, et le sommet au genou; elle est un peu aplatie en sens inverse supérieurement et inférieurement ; sa direction est oblique de haut en bas, et de dehors en dedans ; sa longueur , mesure près du quart de celle du corps entier,
- Bien que généralement arrondie, la cuisse présente néanmoins un certain nombre de saillies et de dépressions, la plupart musculaires; ainsi, on voit s’élever en s’inclinant, de la partie antérieure et supérieure vers l’ijiterne, le relief du muscle couturier; un autre relief parti du pubis, descend en
(Icliors of. Cil anicrc, il est fornic par le faisceau des iTuiseles adducteurs, et il circonscrit avec le premier une dépression triangulaire, le creux inguinal ^ qu’il faut bien distinguer du pli de ce nom , creux dans lequel on sent facilement les pulsations de l’artère crurale. Les faces antérieure et externe de la cuisse sont plus ou moins généralement convexes, ce qu’elles doivent à la direction particulière du fémur, et aussi au volume des masses charnues qui le recouvrent. Les faces interne et postérieure sont moins bombées que les premières, pour une raison inverse j au milieu de la face interne, on sent, par unepression soutenue, les pulsations de l’artère crurale, c[ui appuie presque immédiatement sur le fémur. Sur la face postérieure apparaît le faisceau des muscles postérieurs, faisceau d’abord simple et dirigé obl iquement en dehors, puis séparé plus tard en deux faisceauxsecondaires, qui concourent, comme nous le verrons, à la formation de l’espace poplité.
Structure. — Eléments. Le fémur forme le squelette de la cuisse j il lui appartient presque uniquement par son centre qui est arqué en avant et entièrement compacte j cet os par sa direction donne celle de la région tout entière : des muscles superficiels et profonds lui impriment tous les mouvements qu’il exécute dans ses articulations supérieure et inférieure ; les premiers mesurent par leur longueur toute l’étendue de la cuisse, et meme au-delà j les seconds sont beaucoup jilus courts: parmi les profonds, on compte surtout le triceps,
DK LA RÉGION CRURALE
^ui recouvre iiiiniédiatement le fémur, et dont les fibres sont incomparablement plus courtes que celles des muscles superficiels; les autres muscles abondent principalement en dedans et en arrière ; ils sont rares, au contraire, en dehors et eu avant. Dans ces derniers points existent seulement le tenseur de l’aponévrose crurale , le droit antérieur et le couturier, tandis qu’en dedans il en est une masse bien plus considérable, formée par le droit interne et les adducteurs , qui sont réellement au nombre de quatre, en y comprenant le muscle pectine ‘ , et, tandis qu’en atrière, on remarque le biceps, le demi-tendineux et le demi-membraneux, qui peuvent être considérés comme les cordes de l’arc que représente le fémur. Les muscles psoas et iliaque eu avant, grand fessier en arrière, s’y prolongent par leur seule extrémité inférieure.
La plus résistante de toutes les aponévroses recouvre tous ces muscles , auxquels même elle four-^ nit des gaines remarquables, formées par des cloisons qui procèdent de sa face interne, et qui vont se terminer d’autre part sur la ligne âpre du fémur. L’aponévrose crurale, ou fascia Lata, se continue en haut et en arrière avec celle de la fesse, en haut et en avant avec l’arcade crurale, et audessous de celle-ci, avec \e fascia iliaca en dehors, tandis qu’en dedans elle est fixée sur la lèvre externe
L(; muscle pectine a la position , la forme, la direction , la structure et les usajjes des autres adducteurs.
anatomie topoghaphiqüe.
(loi ni'cadc pubicjine; ciil)as enfin, celle aponévrose se continue sur le [jenoii. La e;a]tie la plus foric des muscles de la cuisse est colle commune au triceps et au droit anterieur ’ . Les muscles couturier, adducteurs , droit interne et pectine, en sont tous pourvus séparément; une seule renferme en arrière les muscles et les vaisseaux et nerfs profonds; cette gaine postérieure se continue, en haut, sous la fesse, jusque vers l’échclncrure sciatique; en bas, elle communique avec le creux poplité. Les vaisseaux fémoraux eux-mêmes sont pourvus d’une gaine triangulaire, très forte et très large en haut, où elle constitue le canal crural qui fera lè sujet d’une minutieuse description , à l’occasion des rapports de la région cjui nous occupe; enfin, la gaine des muscles psoas etiliaque,commecesmuscles, scprolongeàla cuisse, où seulement elle cesse d’être formée par le fasciailiaca. Plusieurs ouvertures àu. f as cia-lata livrent régulièrement passage à des vaisseaux et à des nerfs, cjui tantôt de profonds deviennent superficiels ; mais qui, bien plus souvent, ont une disposition inverse. Parmi ces ouvertures, la plus remarquable, sans contredit, est celle de la veine saphène interne, au bas du canal crural.
Les artères crurales émanent presque toutes d’un tronc commun, placé successivement sur les faces antérieure, interne etpostérieure de la région, et qui
’ Quelquefois le droit .'mtérieur est renfermé dans une graine spéciale fort mince.
nK T, A lU'.OlON CRIJI\AT,E. 07<)
i:i irnvorse siiivnnl. le t,rajc(; d’imo jneiico dn
iiiilioii<lo l’arcadc crurale, vers la partie postcricare et interne du coiidylc interne du féiniir. Kap[)elons (pie de sa partie supérieure, dans l’état rég;idier, ce tronc fournit, à un pouce et demi au-dessous du lif;amcnt deFailope, une branche considérable, souvent aussi (];rosse rpie lui -meme, c’est la crurale profonde ' , qui s’enfonce progressivement en arrière à mesure qu’elle descend, et qui fournit presque tontes les branches intrinsèques de la cuisse : lo les deux circonflexe^ ^ qui embrassent de toutes parts le col du fémur, se portant Fune et l’autre A^ers la fesse, dans laquelle elles s’anastomosent avec les artères de cette région, tandis que l’interne seule au nweau du trou obturateur, s’unit largement avec l’artère obturatrice. Les deux artères circonflexes forment , sur les limites respectives de la cuisse et du bassin, un cercle artériel complet, c[ui réunit les systèmes vascula ires del’u ne et de l’auti'e régions, et qui peut dans l’occasion suppléer au tronc principal à ce niveau. 2^ les perforantes ^ que l’on pourrait appeler crurales postérieures , et qui, en effct , dès leur origine, se portent toutes en arrière, et constituent par leur Jnlidité terminale, une chaîne anastomotique entre les artères de
’ Pour parler un langage jilus clair, il faut dire avec: Meckel , (jne le tronc destiiui an uiemhre abdominal se divise en deux branches à la partie supcirieure de la cuisse ; Tune constituant la crurale ])refonde, l’auiK; la superficielle.
ANATOJVlir!; T0I>0(;riA PHIQUK.
la fcssc ot, celles du f;(*,nou , disposition d’une haute importance pour la circulation collatérale. Pour j)eu (jue l’on y réfléchisse, on aj)erçoit bientôt que l’ai'tère Fémorale jn-oFVmde porte les mal:ériaux delà
nutrition aux ])arties interne et postérieure de la cuisse , tandis que les parties externe et antéi ieiire, reçoivent une branche considérable queleur envoie l’artcrc fémorale , de son coté externe et supérieur,* cette branche est la musculaire externe , dont, au reste, l’origine est singulièrement variable.
Les veines de la cuisse suivent presque partout le trajet des artères ; toutefois , sous ce rapport , elles doivent être divisées en sous-aponévrotiques , et en sous-cutanées j ce sont les premières auxquelles on doit exclusivement appliquer l’épithète de satellites des artères ; les secondes ont une disposition tout-à-fait différente. Parmi les veines sous-aponévrotiques , la crurale profonde commence en s’anastomosant avec la saphène externe, dans le creux poplité î j les veines superficielles forment un beau réseau sous-cutané, dont toutes les branches convergent en dedans, et se rendent dans la portion fémorale de la veine saphène interne, qui reçoit aussi, en haut, les veines superficielles des régions costo-iliaque et testiculaire , en même-temps qu’elle est presque toujours unie à la veine saphène externe, par une branche considérable de celle-ci, qui se porte obliquement vers elle 2. La veine saphène
* /'^oy. planche, n" i'2.
» Ver)', planche, n" 12.
WK LA UKLlON CKtFRALK. 58 I
iiiienie est successivement placée en dedans et en avant de la cuisse , à mesure qu’elle remonte ; enfin, en haut, elle passe dans un trou spécial de l’aponévrose fascia lata , et débouche dans la veine crurale.
De nombreux ganglions lymphatiques occupent le creux inguinal , les uns superficiellement , les autres profondément ; relativement à ces derniers , l’expression de sous - aponévvot 'ujues n’est exacte qu’en partie, parce qu’ils sont placés seulement dans la gaine des vaisseaux fémoraux (cv/tîw/ cruraiy, par conséquent , comme on le verra bientôt , ils sont simplement recouverts par un feuillet très mince (}i\i fascia lata, et sont loin d’être tout-à-fait placés au-dessous de lui. Les ganglions superficiels du creux inguinal reçoivent tous les vaisseaux lymphatiques superficiels du membre correspondant, ceux delà région testiculaire, du périnée, de la hanche et delà partie sous-ombilicale de la région costo - iluKjue. Les ganglions profonds reçoivent les vaisseaux lymphatiques cruraux profonds.
Les nerfs de la cuisse émanent des plexus lombaire ou sacré j le premier fournit à ses parties antérieure, interne et externe; les branches du second sont exclusivement destinées à la face postérieure de cette région. Tous, du reste, sont superficiels et profonds : les premiers en dehors sont, la branche in^Liino-cutanéc ; en dedans et en avant, la frchütocrunde, et quelques filets du nerf 677/./ vi/,- en arrière, le j)cLit sciatujuc J cutané postérieur de la cuisse (Chaussier). Les seconds sont au nombre de trois :
A.NATO.M/K ’J'Of'OfjRAPlIK^UK. le ^rand scuiLkjllc ^ (jiii ne fait j)rc,S(jiic que passer sans fournir de filets j le crural et \çt soas-imbieii , qui se résolvent en un ^rand nombre de brandies y. destinées presque toutes exdusivenient à la cuisse , à l’exception de la branche saphène interne du premier, qui la dépasse. Sous le rapport de la position et de la destination, le nerf sciatique est le crural est antérieur et externe, le sous-pub ieri ou obturateur est interne.
Le tissu cellulaire sous-cutané de la cuisse est abondant en avant et en dedans , il est d’une médiocre laxité; le sous-aponévrotique abonde surtout en arrière , autour du nerf sciatique j la (graisse, superficiellement et profondément, jDrésente la même disposition générale que le tissu cellulaire, et est plus abondante sous la peau que partout ailleurs. La peau de la cuisse, enfin, est généralement épaisse et résistante; mais elle jouit de ces propriétés surtout en dehors et en avant; en dedans et en arrière, elle est proportionnellement remarquable par sa finesse et son aspect glabre.
20 Rapports. — La peau, le tissu cellulo-graisseux sous -cutané, et le feuillet superficiel du fascia lata, forment trois couches communes à tout le contour de la cuisse, couches sur la nature desquelles tout a été exposé dans l’article précédent. J3isons seulement, que le tissu cellulo-graisseux sous-cutané contient tous les nerfs, les vaisseaux lymphatiques superficiels, et quelques glandes du même genre en haut, (pie la veine sajihène interne en dedans et (M) a', anf s’v l'eiu'oiilre a^ oc ses bran-