‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 115 sur 132 · J)U GK.NOU · texte numérisé non relu

J)U GK.NOU

iainosdt-’ l’aponévrose et dans unepetite (^aîiieà part, on voit descendre le nerl’ cutané postérieur de la cuisse, accompag^né d’une veinule qui se rend dans la saphène externe, puis, ceUeveincelle-mcme, et rune <les racines de son nerf, qui du reste offre des variétés qui seront indiquées à l’occasion de la jambe. Plus profondément , on aperçoit un espace lozan- (T^ique, circonscrit par des masses musculaires, c’est le creux poplité, que forment, en dehors et en h aut, le biceps, en dehors el en bas , le jumeau externe, le plantaire fjréle embrassé parle premier, et le condyle du fémur caché par l’un et l’autre, en dedans et en haut , les demi-tendineux et demi-membraneux, parmi lesquels le premier est le plus superficiel, en dedans et en bas, le jumeau interne embrassé parles deux muscles précédents, puis le condyle interne, recouvert par tous les trois : le fond, ou la partie antérieure de cet espace est formé de haut en bas, par de fémur, parle muscle poplité qui recouvre le lig;ament postérieur de l’articulation, et plus médiatementpar unpelotonadipeux, quisépare celui-ci des lif^aments croisés et de la membrane .synoviale. L’e.space lui-même est resserré et moins allong-é en bas; il renferme beaucoup de tissu adipeux, trois ou quatre g;anglions lymphatiques entourant les {^ros vaisseaux, et un paquet nerveux et vasculaire, formé de la manière suivante : superficiellement, la fin Ijifurquée du nerf sciatique, le nerf puplité interiu' , continuant le trajet du précédent, ef, placé un peu en dehors delali^ne médiane delaréf^ion; puis sur le même plan, le nei f poplité externe, se di-

Gl'J ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.

ri(^eant en deliorSj et accolé à la jjaroi externe, spécialement au muscle biceps; plus profondément la veine et l’artère poplitées immédiatement accolées, la première postérieurement à la seconde , l’une et l’autre descendant de la paroi interne vers la ligne médiane, qu’elles atteignent dans l’intervalle des condyles du fémur. Remarquons enfin que le nerf poplité interne n’est pas immédiatement appuyé sur les vaisseaux, et que tantôt l’interne , tantôt l’externe seulement, plus souvent pourtant l’un et l’autre, envoient à cette hauteur leur filet destiné à former le nerf saphène externe; que l’artère poplité, en bas, se place en dehors du nerf, en croisant sa direction, puis qu’ ensuite, elle le croise de nouveau et en sens inverse , pour prendre par rapport à lui la position qu’on lui verra affecter à la jambe.

Développement. — Le genou, chez les enfants, est proportionnellement très volumineux , et proémine surtout en dedans. L’état demi-cartilagineux de l’épiphyse inférieure du fémur , est la véritable cause de cette disposition , qui ne s’efface complètement qu’après l’époque de la puberté. Chez le jeune enfant naissant, cette région est pendant long-temps demi fléchie, ce qui tient à la faiblesse des muscles ^ , mais certainement aussi à l’habitude de cette position , qui était forcée dans le sein de la mère : chez le vieillard, la seule faiblesse musculaire ramène le même résultat.

‘ A. cet Age la rotule u’existe pas encore, à l’état osseux au moins, son ossification commence à fieux ans et fiemi seulement.

Dü GENOU.

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J ariétés. — Chez la femme, le g'euou est toujours plus saillant en dedans que chez l’homme, en même temps il est aussi plus arqué en dehors; cette double disposition est produite par la largeur considérable du bassin, qui tient écartée fortement l’une de l’autre l’extrémité supérieure des cuisses ; d’où il suit que , pour les besoins de la station , les jambes, chez la femme, ne devant pas rester plus écartées que chez l’homme, chez elle aussi pour s’unir avec elles au genou, les cuisses sont obligées de faire un angle plus saillant en dedans , et plus déprimé en dehors à proportion.

On voit souvent ici , comme au coude , les vaisseaux et nerfs prématurément divisés; il n’est pas rare de trouver, en effet, bien au-dessus de cette région, la séparation en deux branches du nerf sciatique : celle de l’artère poplitée est plus rare, mais a été vue quelquefois, par Portai, Sandifort et Ramsay. Chez certains individus , on trouve le ligament rotulien plus long que de coutume ; aussi par suite, la rotule dans une position plus élevée , et le genou légèrement fléchi , même pendant la station ; les auteurs ont encore signalé un aplatissement particulier de la poulie rotulienne du fémur, aplatissement qui dispose à la luxation , même sous la seule influence de l’action musculaire.

Usages. — Le genou est le centre des mouvements de flexion et d’extension de la jambe; celle-ci y exécute aussi quelques mouvements latéraux, dans la demi-flexion. Cette région supporte le poids de tout le corps dans la station sur les genoux, attitude dans

ANATOMIE T01>0(.;RA1>HIQUE.

l.'ujLicUc la peau est, (loulourcuscincuL j>ress(^ie entre le sol et la rotule. On conçoit, au reste, les nsa^jes de la bourse niufjueuse sous -cutanée, f[ui soustrait la peau auxdéchirures, en lui permettant defuir,dans les mouvements, devant les puissances vulnérantes; dans les memes cas , le sommet de la membrane synoviale, tiraillé en haut par le petit muscle.çoM5-c/'wraly ne sauroit être froissé entre la rotule et le fémur.

DecluetLons pathologiques et opératoires. • — Les plaies du genou sont fort graves, si elles pénètrent Farticulation j l’étendue de la surface articulaire donne la mesure de l’inflammation violente qui peut en effet survenir. La position superficielle de la membrane synoviale sur les côtés de la rotule, explique la facilité delà pénétration des plaies dans ces points. Les lésions antérieures et latérales ne sauraient être compliquées d’une forte hémorrhagie j il n’en est pas de même des postérieures , dans lesquelles l’artéfe poplitée et la veine qui l’accompagne, peuvent avoir été ouvertes ensemble , ou séparément. Ce dernier résultat est nécessairement produit par un instrument qui agit avec force d’arrière en avant , au milieu du creux du jarret ; le rapport signalé des deux vaisseaux ne laisse aucun douteà cet égard , on même temps qu’il explique la formation observée d’anévrysmes variqueux dans ce point. La section du nerf sciatique serait encore un accident très fâcheux , parce que la paralysie de toute la jambe on seraitla suite presque nécessaire. Les fractures du genou poitent tantôt sur la rotule, tantôtsur le fémur, où letiliia. Les premières arrivent d’autant [dus faci-

nu (;k>ou.

îoDieiil. , (jue la roJ, nie affecte une posilion superficielle partout ; cependant souvent cette conditioji n’est pour rien dans leur production , qui est due tout entière à l’action des muscles extenseurs de la jambe. Ces solutions de continuité sont presque toutes transversales, ce qui permet de concevoir ' facilement la difficulté qu’éprouve le chirurgien , pour empêcher l’ascension du fragment supérieur, continuellement sollicité par l’action des muscles , tandis que l’inférieur reste immobile ; aussi , presque toujours, la réunion se fait-elle par l’intermédiaire d’une substance fibreuse , comme Pibrac l’avait bien observé , puisqu’il défia , dans le temps , les chirurgiens de toute l’Europe , de montrer une pièce anatomique qui établît le contraire. Aujourd’hui un semblable défi serait, toutefois, promptement accepté. A la suite des ruptures de la rottde, guéries par une substance intermédiaire , le malade éprouve de la faiblesse dans le membre , et le genou correspondant reste habituellement, un peu plus fléchi que celui du côté opposé. M. le professeur Boyer distingue les fractures simples de la rotule, de celles qui sont compliquées de la rupture de l’expansion tendineuse qui la recouvre en l’embrassant. Les premières guérissent plus facilement que les autres , et avec un écartement médiocre. Quant aux fractures longitudinales de la rotule , malgré la direction longitudinale de ses fibres, direction qui semble y disposer, elles sont fort rares, certainement faute de puissances qui tiraillent cet os transversalement ^ au reste, le fait rapporté par La-

^>l(> AWArOMlF. TOI'OGKAPlllQUK.

motte, prouve qu’elles sont peu fp-av es. Les fractures (lu fémur (jui ont lieu immédiatement audessus des condyles, sont compliquées d’un déplacement curieux : le fragment inférieur sollicité par l’action des muscles jumeaux, se renverse en arrière dans le creux poplité j en même temps, la rotule est reportée en avant, par le mouvement de bascule des condyles, etlegenouprésenteunedéformation singulière. Béclard , dans ses cours, disait avoir observé sur de vieilles femmes, des fractures delà partie supérieure du tibia , produites par la contraction des muscles fléchisseurs de la jambe, muscles qui aussi avaient tiraillé dans le creux du jarret le fragment supérieur; la résorption intérieure qui diminue l’épaisseur des parois des cavités des os, et la fragilité de ceux-ci causée par la prédominance delà partie calcaire, chez les vieillards, donnent une explication satisfaisante de ces fractures. Il faut une violence extérieure très grande, pour rompre les ligaments du genou ; aussi ses luxations qui ne peuvent avoir lieu sans cette rupture, à un degré plus ou moins complet, sont-elles rares et fort graves. Le plus ordinairement, on voit seulement un des condyles abandonner le tibia, tandis que l’autre reste placé dans la cavité du premier, la luxation alors est incomplète; la réduction dans ces luxations est toujours très facile , comme je l’ai éprouvé moi-même une fois à l’hôpital de la Charité ; la rupture des ligaments explique le défaut de résistance que l’on éprouve. La rareté des luxations antérieure et postérieure ne dépend pas, comme on l’a dit , de la i c-

im GKKOU. Cl 7

slstaiice des ligaments croisés , qui s’opposeroieiit tout aussi bien à la luxation latérale; mais ou doit eu chercher la cause, dans les muscles plus ou moins nombreux, qui soutiennent efficacement l’articulation dans ce sens, tandis que les parties latérales ne jouissent que peu de cet avantage. La saillie du bord interne de la rotule est seule capable, comme l’observe M. le professeur Boyer, de rendre compte de la fréquence des luxations de cet os en dehors , saillie qui donne de la prise aux puissances capables de produire le déplacement. La conformation vicieuse du ligament rotulien, et celle de la poulie antérieure du fémur, vices dont il a été question, disposent tellement à ce changement de rapports ,i que même la seule action musculaire peut alors le produire; mais lorsque ce vice est porté très loin , la luxation devient un état permanent; alors la rotule , placée d’abord sur la partie latérale de l’un des condyles , glisse bientôt en arrière , le tendon commun au triceps et au droit antérieur est entraîné dans ce sens , et dépasse le centre des mouvements de l’articulation fémoro-tibiale ; d’où il suit que les muscles auparavant extenseurs de la jambe, étant devenus fléchisseurs, la station ne peut avoir lieu. Béclard a prou sé par ses dissections, que telle était la cause de la flexion constante du genou, dans les cul-de-jattes, chez lesquels aussi la luxation de la rotule est le plus souvent congéniale. Des tumeurs synoviales ou ganglions apparaissent quelquefois au genou : tantôt elles ont leur siège dans la bourse muqueuse sous-cutanée, tantôt dans

anatomie TOI'OGIIAPHJOUE.

celle ([iii liihréfie la face j)Osl,éncure du li/rameiiL rotulieii ; nous avons, une fois, rencoutré dans cetl,e deinieie, avec licaucoup de synovie, de ces corps ctian^^eis lilires et lenticulaires, dont il a été cpies— tioii à 1 occasion de la région fessière. ]3ii pus aussi peut s accumuler dans la première , à la suite d^unc contusion, à laquelle du reste l’expose sa position superficielle j dans un cas que nous eûmes occasion d observer, 1 abcès abandonné à lui-même, s’ouvrit dansl articulation. Unesemblable terminaison complique rarement les abcès du creux poplité , à cause de la résistance de l’articulation dans ce sens j mais ici les collections purulentes ont un autre genre de gravité : elles sont diffuses , à cause de la laxité du tissu cellulaire , et si elles sont abandonnées à elles-mêmes, elles dissèquent les muscles, les vaisseaux et les nerfs , fusent vers la cuisse dans la gaine postérieure , ou vers la jambe le long des vaisseaux tibiaux , et dans l’intervalle des jumeaux et du solaire j certains abcès du creux poplité sont formés par du pus venu de la cuisse , ou ntême d’un lieu plus élevé. L’artère poplitée est fréquemment le siège d’anévrysmes spontanés j phénomène qui a été diversement expliqué par les pathologistes : les uns ont dit en effet, que la raison devait en être cherchée dans la compression de l’artère, à son passage sous le soléaire contracté, compression qui, a-ton dit, détermine la stase du sang au-dessus; les aut res ont trouvé cette cause dans le tiraillement des vaisseaux, lors de l’extension forcée! de L jambe.

nu (;E^■ou.

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L’aiialoiiile nous déiiioiitrera ^ (|nc l’opinion des premiers est inadmissible j celle des seconds serait dans le même cas, si l’on supposait toujours l’artère saine et extensible ; nous avons vu, en effet, qu’elle forme quelques légères sinuosités, que surtout elle offre à l’intérieur des plis transversaux, qui appartiennent à sa membrane interne , plis réellement en réserve pour permettre l’extension du genou; mais, lorsque l’artère est malade, surtout lorsqu’elle est ossifiée, l’explication delà formation del’anévrysme par rupture , paraît d’autant plus probable que le vaisseau a perdu son extensibilité, et qu’il a contracté une fragilité extrême. Lorsque l’artère anévrysmatique s’oblitère , que cela soit arrivé spontanément, ou bien que ce résultat ait été sollicité par l’art, la circulation collatérale du genou devient d’une importance majeure, pour porter du sang dans la partie inférieure du membre; on conçoit alors l’usage de l’artère récurrente tibiale , qui condui't directement le sang, des artères articulaires dans la tibiale antérieure 2. Les artères articulaires ellesmêmes sont oblitérées à leur origine, puisqu’elles naissent de la poplitée que nous avons supposée transformée en un cordon imperméable; cependant leurs ramifications dilatées , recevant du sang de la

* V oj. plus ])as la janiLc.

Tout l’écemniciit à l’hôpilal Bcaujon, nous avons disséqué un sujet, sur lequel raitèie poplitée était oblitérée d’nn côté , et chez lequel, pendant la vie, l’ai tère tibiale antérieTire ne recevait certainement du saiifij que par cette \ oie détouvjiée.

l'émoralc profonde, on de ses brandies perforantes, n’en continuent pas moins la circulation. Une pièce déposée dans les collections de la Faculté , ferait foi, au besoin, en cette matière. La naissance, souvent fort élevée des artères articulaires supérieures, permet de concevoir, après la ligature de l’artère fémorale pour la cure del’anévrysmepoplité, la non oblitération observée du tronc artériel , depuis la ligature jusqu’à la tumeur, disposition qui n’a jamais empêché la guérison. Au reste ce fait est en rapport avec l’action des ligatures sur les artères j celles-ci généralement , s’oblitèrent au-dessus et au-dessous du point serré , mais seulement jusqu’à l’origine d’une grosse collatérale.

Outreleslésions physiques del’articulation qui ont été indiquées , celle-ci est encore susceptible d’être spontanément affectée dans différents cas ,• des corps étrangers cartilagineux s’y forment quelquefois; nous avons constaté deux fois ce queBéclard avait souvent proclamé , que ces corps prennent naissance dans les franges synoviales, en dehors de la cavité de la membrane dece nom, que bientôt ils font une saillie variable dans l’article , et deviennent plus ou moins promptement libres par la rupture du pédicule qui les soutenait ; ainsi ils offrent dans leur formation trois périodes distinctes, d’après lelieudeleur formation. Tout le monde conçoit que le nombre considérable des franges synoviales de cette articu-

* Nous avons vu un de ces corps, de'veloppé dans le lij^ameiiL adipeux,.

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