‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 33 sur 132 · HE LA. RÉGION LABIALE. ' 1 OQ · texte numérisé non relu

HE LA. RÉGION LABIALE. ' 1 OQ

niédlaii , sc joignent Ires rapidement entre elles , e! plus tard , avec chaque segment latéral. Cet(,e évolution est patente en avant;, pour la voûte palatine j il en est de même, pour la lèvre supérieure, dont le prétendu point impair était d’abord double. On conçoit ce qui a abusé pour elle seulement. Je viens de disséquer un embryon , dont la levre supérieure était bifide sur la ligne médiane ^ .

T'^ariétés. — Les lèvres de l’Européen sont , en général placées dans un plan perpendiculaire ; elles deviennent obliques chez le nègre , chez lui aussi elles sont remarquables par leur grosseur. Les lèvres offrent, au reste, une foule de variétés dans la même race, sous le rapport du volume et de la direction. On sait que la supérieure, surtout, est remarquable par sa tuméfaction chez les sujets lymphaticpies.

Chez l’enfant naissant , les lèvres sont très développées , et se croisent pres([ue, ce qui était néces- .saire pour la succion du mamelon. Lorscjue les dents sont formées , cette longueur proportionnelle diminue. Chez le vieillard , devenues de nouveau l,rop longues, par suite de la chute des dents et du rapprochement des mâchoires, elles proéminent en avant, disposition qui donne à la figure une expression particulière, et gêne la mastication et la prononciation.

’ Dans le lièvre et tous les rongeurs, la Icvie supérieure est bifide sur la ligne médiane, et pour eux il n’est » ]>.is possible de nier ce dévelo])peinent , tel qu’il vient d’être indic|ué.

• '<> ANATOMIE TOPOGRAPiriQUE.

(]sa<y(\s. — L(‘s lèvres jouissent de très fp-ands mouvements de resserrement, et de rétraction en dehors.

Déduclioiis i)atholo}^L(iues el opéraLoires. — L’aljsence des lèvres est rare ; on voit bien plus souvent leur réunion anormale, nécessiter une petite opération j ces vices de conformation s’expliquent très bien, par la formation de ces parties; il en est de même de leur scission, qui constitue ce qu’on a appelle bec-de-lièvre : on observe rarement celui-ci à la lèvre inférieure, où il est toujours médian ; au contraire, il est fréquent en haut, et consiste en une solution de continuité simple ou double ; simple, elle est rarement sur la ligne médiane , ce qui pourtant a été observé ; alors elle résultait de la non réunion des deux segments médians de la lèvre ; elle est bien plus souvent latérale , produite par la non réunion du segment médian double, avec l’un des latéraux. J3ans le second cas , si la solution de continuité est double, on conçoit qu’il se pourrait encore, qu’il y eut une scission médiane et une autre latérale ; mais les deux sont presque toujours latérales, à cause de la réunion trop rapide, des deux petits points médians. Cette division peut être bornée à 'la lèvre , ou bien être prolongée sur le palais , rarement encore sur la ligne médiane , pour les mêmes raisons. Sur le palais en avant, tantôt la division est simple, tantôt elle est double. Dans ce second cas, elle devient toujours simple en arrière, lorsqu’elle s’y prolonge ; mais , de même que la scission en avant, peut porter seulement sur la lèvre, ou bien sur elle

DK LA RÉGION LARIALK.

Dt la partie antérieure du palais , de iiiéine on la voit souvent en arrière, alTecter seulement le voil(‘ du palais, ou bien, à la fois, celui-ci et la partie postérieure de la voûte palatine. Dans ces deux cas, la fente est toujours simple, ettout-à-fait médiane. L’influence du développement delà voûte palatine, sur celui de la lèvre et du voile du palais est telle , que ceux-ci se moulent en quelque sorte sur la première en avant et en arrière; ce fait a été démontré dans la formation normale ; mais après l’opération du bec-de-lièvre, on a eu maintes fois occasion d’observer une action inverse de la lèvre , sur la voûte palatine divisée. Sans doute, la belle opération de la staphyloraphie , inventée de notre temps , et presque simultanément par deux des plus habiles chirurgiensd’Europe, MM. Roux, en France, et Græfe à Berlin, sans doute cette opération fournira l’occasion d’observer les mêjues phénomènes, sur la voûte palatine en arrière. ]\ïalheureusement, comme le fait observer M. Roux , la staphyloraphie réussit difficilement, lorsque la voûte palatine est divisée; aussi ce chirurgien célèbre, se propose-t-il de tenter la réunion préalable du palais , soit en exerçant une pression latérale sur les arcades dentaires supérieures, soit en décollant une partie du tissu mou de la région palatine, de chaque côté, pour l’affronter sur la ligne médiane. Certes , a priori, ce projet flatte et paraît .séduisant, mais il est à craindre qu’il échoue, parce que, d’une part, les arcades dentaires supérieures , appuyées en arrière sur les apophyses ptérygoïdes, paraissent peu

A N ATQiMIK TOPO( IRA PÏF IQUF, .

siisccpl ihlcs (le se rnpppoclier, en cétlaii(:à une pression laté'raJe, et: parce ([ue d’aiilre paît, le [lissu sous-murpieux de la voûte palatine est très dense, et pourrait bien de chacpie coté ne pas se prêter à (oiite l’extension nécessaire pour être amené au point de contact , au-dessous de la solution de continuité osseuse. La voûte palatine peut mainjuer en lotalit û avec la lèvre et le voile; d’autres fois, il (‘xiste une largue séparation médiane , rpii réunit la liouche et la région olfactive; alorsle point en apparence impair de la lèvre et du palais en avant, ne s’est point formé, gueule de loup;'^'dèv observé que ce vice est presque toujours lié à l’absence du nerf olfactif. Les plaies des lèvres, malgré les raisons alléguées par Louis , ne peuvent être bien maintenues af- Irontées, et par conséquent guéries sans difformité, ([ue par le secours de la suture entortillée. La raison de ce phénomène gît tout entière, dans la contractilité très grande , dont jouissent ces parties dans !e sens transverse ; la richesse vasculaire de ces régions , y explique le développement si fréquent des tumeurs érectiles.

4» Région mentonnière.

Le menton , petite portion des parois buccales , se compose de la partie médiane de l’os maxillaire inférieur, et des parties qui appuient sur lui, en avant ; ses limites sont bien précises. En arrière , il est uni au plancher de la bouche ; il forme , en a\ant, une saillie ordinairement bilobée, et sur lac[uelle le raphé est toujours trtès marqué ; ('«.lle-ci

IDE LA REGION MENTONNIÈRE- I l3

revetne chez riiomnie adulte, de poils rudes, et dirigée un peu en haut.

Structure. — i” Éléments. — La partie de l’os maxillaire inférieur qui appartient à cette petite région, présente la symphyse , l’apophyse mentonnière, les fossettes du même nom, et , en arrière , les apophyses géniennes. Le muscle delà houpe, le carré, quelques fibres du peaussier; la peau, un tissu cellulaire et adipeux serré , des artères venant de la dentaire inférieure et de la sous-mentale, des veines semblables , des lymphatiques peu importants, des nerfs venant du facial et de la cinquième paire, tels sont les autres éléments.

0.^ Rapports. — Toutes ces parties sont disposées dans l’ordre suivant : la peau, suiTaquelle viennent se porter les fibres du muscle de la houpe du menton , lui donnant ainsi beaucoup de fixité ; une couche cellulo- graisseuse dense; une couche musculaire , formée par les deux carrés réunis sur la ligne médiane , couche traversée perpendiculairement par les fibres delà houpe ; ce dernier muscle lui-nlêtne vient ensuite , entouré d’un tissu plus lâche, de vaisseaux et de nerfs, le tout appuyé sur l’os maxillaire.

Développement. — Selon toute apparence , le menton est d’abord bifide ; chez les enfants et les vieillards, il est très saillant et recourbé en haut; chez l’adulte, il l’est beaucoup moins.

V ariétés. — Cette région présente beaucoup de variétés individuelles peu importantes.

Déductions patholop^kfues et opératoires. —

Les

Il 4 ANATOMIE i'()PO(rhAl>HIQUE.

plaies du niciitoii sont communes, mais heureusement peu graves , de même, au reste, que ses fractures. Dans les solutions de continuité de la mâchoire, et spécialement dans celles qui sont produites par contre-coup, c’est du menton que se propage la secousse fracturante ; on a vu le menton paralysé à la suite de ces lésions, lorsqu’elles étoient compliquées de déchirure du nerf dentaire. Les affections organiques de cette région, sont le plus souvent consécutives à celles de la lèvre inférieure; elles ont quelquefois nécessité son ablation , et spécialement celle de son squelette ; les professeurs Dupnytren et Delpech, s’y sont surtout exercés avec succès; on dit que Græfe de Berlin a été bien plus loin encore, et qu’il a eu la hardiesse d’extirper tout l’os maxillaire. L’amputation de la portion osseuse du menton , nécessite le décollement préalable des parties molles du plancher buccal, excepté dans les cas rares, où la partie superficielle de l’os doit seule être enlevée. Les sections latérales de la mâchoire , doivent toujours être faites obliquement d’arrière eu avant et de dehors en de dans, afin qu’il y ait, en arrière, le moins possible d’écartement entre les fragments , et plus de chances de formation d’une substance fibreuse ou cartilagineuse intermédiaire.^

5o Région de la joue.

La joue forme la paroi latérale de la bouche : ses limites en dehors, sont moins précises qu en dedans. Dans le premier sens, les bords postérieur et inférieur de la mâchoire inférieure , la séparent des

DK LA JOUE. Ilf)

récrions parotidienne et sus- liyoïdienne j l’arcade zygomatique et la base de l’orbite , en haut, la distinguent des régions temporale et palpébrale inférieure j tandis qu’en avant , le sillon courbe nasolabial, dont il a déjà été question , ne permet pas de la confondre avec les lèvres.

La joue est quadrilatère^ et beaucoup plus étendue en surface qu’en épaisseur^ sous ce dernier rapport, sa partie postérieure l’emporte de beaucoup, sur l’antérieure. Elle présente , au reste , deux faces : l’iinecutanée, l’autre muqueuse; la première, est généralement convexe et velue; son point le plus saillant correspond à l’os malaire, et constitue la pommette, partie remarquable par la finesse et le coloris agréable de la peau qui la recouvre; une dépression, variable dans sa profondeur^ existe souvent, au contraire, à sa partie moyenne; il faut bien la distinguer d’une autre plus antérieure, à laquelle les femmes attachent des idées de beauté. La face muqueuse ou interne, estlissedans la plus grande partie de son étendue; elle est adhérente en haut et en bas seulement. Danslelieu où cette adhérence commence, existeun sillon cont inu avec celui qui règne derrière les lèvres, sillon qu’on peut appeler maxillo-génien. Dans sa portion libre, cette face de la joue présente: cjiielques saillies , qui appartiennent ù des glandes buccales ; l’ouverture du conduit de Stenon, obliquement, dirigée en avant et en dedans , et correspondant au niveau de la seconde dent grosse molaire supérieure, à t.rois lignes du siUoii maxillo-génien siij)érieur ; une dépression opposée à la première.

Il(> ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE,

parmi celles qui ont été notées en dehors , dépres-sion limitée en arrière par un repli muqueux, tendu entre les bords alvéolaires supérieur et inférieur, et placée au-devant de la branche de la mâchoire.

Structure. — i” éléments. — La structure de la joue est fort compliquée ; des élémens très différents s’y rencontrent. Son squelette est formé par une des moitiés de l’os maxillaire inférieur , la partie extérieure du supérieur, et l’os de la pommette ; le premier est creusé , en bas par le canal dentaire inférieur, ouvert en partie au trou mentonnier, et communiquant avec le fond des alvéoles par de petits pertuis ; le second présente à sa surface, la fosse canine , le trou sous-orbitaire, et dans son intérieur, le sinus maxillaire , cavité pyramidale qui correspond, en avant, à la fosse précédente; en haut, à l’orbite ; en bas , au sommet des alvéoles des dents molaires, et spécialement à celui des troisième et quatrième, qui soulèvent cette paroi; en arrière, à la tubérosité molaire ; en dedans , à la réfjion nasale interne, et particulièrement au canal nasal en avant , en arrière au méat moyen , dans un point duquel il est ouvert, comme il a déjà été dit.

Le masséter, le ptéryg^oïdien interne et le buccinateur, tels sontles plus grands muscles de cette région, dans laquelle encore on trouve : le grand zygomatique, le canin, quelques fibres du peaussier, de l’orbiculaire des paupières, et du triangulaire; les muscles élévateur propre de la lèvre supérieure et pHit ZY^omatiffue , sont bornés à la joue, et se ter-

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