DE LA JOUE. I
nlvêolaiiTS du supérieur ; le lingual et, le temporal superficiel ne font que traverser. La peau et la membrane muqueuse ne présentent rien qui n’ait été dit : la première est remarquable par sa finesse et le beau réseau vasculaire qu’elle contient. Le tissu cellulaire est peu abondant en avant , c’est le contraire en arrière ; il en est de même du tissu adipeux , qui se trouve divisé par l’aponévrose génienne en deux masses distinctes ; Fuiie superficielle, l’autre profonde, masses opposées dans leur développement.
E apports. — Les rapports de la joue sont fort compliqués et très importants j pour les exposer convenablement, il faut les suivre successivement dans trois points : la pommette, les portions niassétérine et inter-maxillaire.
lo Pommette. La peau la plus fine et la plus vasculaire de la joue , y forme une première couche , appuyée sur une petite quantité de tissu cellulo- {jraisseux; vient ensuite un prolongement du muscle orbiculaire des paupières qui cache, en arrière, l’origine du grand zygomatique, en avant, celle du petit , l’artère transverse faciale en bas , ainsi que les filets malaires du nerf facial j ces filets se répandent dans les muscles précédents, zygomaliques surtout, et s’anastomosent avec quelques ramifications fines de la cinquième paire, sorties des trous malaires.
2» Da ns la partie massétérine yows, la peau immédiatement, existe^plus de tissu cellnlo-graisseuxque dans la pommette, on y trouve aussi quelques fibres du peaussier; une couche est ensuite distinctement
ANA rOlUlli TOPOGRAPHIQUK.
constituée : i" pap le bord antérieur de la parotide , sonslequel on voit paroître les filets buccaux du nerf lacial; a" par le conduit de Steiion, transversalement dirigé au-dessous du bord saillant de la pommette, et surmonté par un gros filet du nerf facial, et par le lobule isolé de la glande parotide, petile parotide de quelques-ims ; 3o en haut, par l’extrémité supérieure du muscle grand zygomatique. Plus profondément, apparaît le masséter, cachant les vaisseaux et nerfs jnassétérins , la branche de la mâchoire, son apophyse coronoïde, le col de son condyle, et l’échancrure sygmoïde , sur laquelle reposent les vaisseaux et nerfs massétérins profonds. Au-dessous de l’os, existent, immédiatement en bas, le nerf lingual, le filet myloïdien du dentaire inférieur , et le muscle ptérygoïdien ou masséter interne j en haut, un espace sépare ce dernier de l’os maxillaire , et contient : l’artère maxillaire interne et ses branches premières , les nerfs dentaire inférieur , et temporal superficiel à leur origine, le ligament latéral interne de l’articidation temporo-maxillaire, ce dernier sé-r parant les parties qui viennent d’être nommées, du nerf lingual de la cinquième paire.
3^ Portion inlcnnaxillaire. Lorsque dans cet espace on a enlevé , la peau , le tissu ccUulo-graisseux sous-cutané , et les filets du nerf facial qui s y répandent de toutes parts, on découvre successivement : En haut, le muscle orbiculairc des paupières ; les vaisseaux faciaux , la veine à quelques lignes en dehors de l’artère ^ les muscles petit zygomatique et releveur propre de la lèvre supérieure ;
DF, LA .tOUF. I'». f
les vaisseaux et iierls sous-orbitaires j le luuscle canin, la fosse du meme nom ; Vos maxillaire supérieur enfin, et le sinus d’Hyf^more , contenant les vaisseaux et nerf dentaires antérieurs, dans sa paroi antérieure: au ;7?///m,le muscle grand zygomaticpie, se dirigeant vers la commissure, en dehors de la- ([uelle il s’unit avec le triangulaire et le canin, recouvrant en avant immédiatement l’artcre faciale , et aussi le buccinateur , dont toutefois, en arriéré , il est séparé , i“ par un peloton adipeux dans lecpiel plonge, en haut transversalement , le conduit de Stenon; 2^^ par la veine faciale, montant près du masséter , et distante de l’artère du même nom par nn intervalle d’un ponce au moins j 3“ par l’aponévrose génien ne , simple en avant, contenant en arrière , entre ses lames , un peloton adipeux , avec les vaisseaux et nerfs buccaux j 4“ enfin , par un grand nombre de glandes molaires j le muscle buccinateur formant lui-même ensuite une couche très simple, au-dessous de laquelle paraît la muqueuse j en bas , les vaisseaux faciaux accolés, la veine toujours en dehors de l’artère, l’une et l’autre appuyant immédiatement sur V’os, au devant du masséter, et derrière le triangulaire de la lèvre inférieure, sous lequel on trouve, l’artère labiale inférieure, et le muscle carré j ce dernier cachant enfin Vos maxillaire, le trou mentonnier, ainsique les vaisseaux et nerfs du même nom.
Développement. — Les joues sont fort peu développées d’avant en arrière dans l’embryon; chez lui on assure même qu’elles manquent d’abord ;
ANATOMIK TOPOCRA PU JQUK.
pendant la vie fœtale et la pieinière enfance, el]<;s sont très bombées en dehors, disposition doublement produite, par l’absence des dents, cpii permet le rapprochement plus çrand des mâchoires , et le développement considérable de la fjraisse extérieure à l’aponévrose. Bichat a montré que cette graisse re- [)résente une masse arrondie , fort remarquable , et comme lipomateuse. Cettevoussure persiste pendant long-temps, quoique diminuantgraduellement; chez l’adulte, elle est remplacée par la dépression externe ([iii a été signalée j la résorption de la graisse superficielle , tandis que la profonde seule abonde , explique ce changement de forme extérieure. Chez le vieillard, la graisse diminue , même profondément, et cependant la joue ne s’enfonce pas à proportion ; ce qui dépend du rapprochement des mâchoires , par la chute des dents , rapprochement qui chasse les joues en dehors , et leur laisse beaucoup de flaccidité. Chez le fœtus, la joue est triangulaire, son bord parotidien se confondant avec l’inférieur; lorsque les dents se développent , on la voit graduellement prendre la forme quadrilatère, en même temps ([ue son angle inférieur et postérieur se rapproche de l’angle droit. Chez le vieillard, la joue redevient triangulaire, lorsque toutes les dents sont tombées. Remarquons avec soin cette influence des dents sur l’angle de la joue ; ce fait physiologi- (|ue a servi de base à quelques opérations. C’est après l’époque de la puberté, que les poils (|ui constituent la barbe, naissent sur la joue de l’homme , et que , dans les deux sexes, celle-ci prend ce coloris , qui
DK LA JOUE.
la caractérise si agréabienieiii. (^ette coloral.ioii des ’ pommettes disparaît dans l’ûg'e adulte ; mais bientôt une rougeur violacée et striée de petits vaisseaux , lui succède ; suivant Béclard, cet état est dû à la dilatation des veines capillaires. Chez les enfants, le sinus de la joue, ie inajcillaire , existe à peine, il se forme graduellement avec l’âge, et se prolonge souvent jusque dans la portion malaire ; ses parois s’amincissent et deviennent comme transparentes.
B ariétès. — Chez la femme, les pommettes et la portion massétérine, sont moins saillantes que chez l’homme , la graisse superficielle reste plus abondante j de là, une rondeur plus gracieuse, à peine interrompue par une légère fossette en avant j la peau, couverte d’un léger duvet, est d’une blanblancheur qui contraste dans certains points , avec la fraîcheur et la vivacité de son coloris dans d’autres.
On voit souvent manquer le muscle petit zygomatique, et l’orbiculaire des paupières descend quelquefois fort bas; quelquefois l’artère massétérine n’existe pas , et est remplacée par les rameaux plus développés de la faciale transverse.
PlijsioLogie. — La joue forme une des parois buccales : diverses couches, spécialement son aponévrose, lui communiquent, pour cet usage, une résistance convenable ; elle exécute en outre des mouvements de deux espèces: les uns appartiennent aux fonctions digestives, les autres à celles de la respiration, (’harles Bell et de Schaw^ ont prouvé, par les plus belles cx|)ériences , que les j)remiers
ï ^4 ANA'IOMIE 'rOI’OGRAPHIQUE.
sont sons la (lépenJance du nerl' de la cinquièirie paire, et que les seconds sont ré^is par le facial; découvei'te capi tale, qui a jeté le plus grand jour sur la physiologie des joncs. Les mouvements de la joue qui ont rapport à la digestion , sont : lo ceux qui ont pour but la préhension des aliments solides ou liquides, soit qu’avec les lèvres, la joue les embrasse [)our les amener dans la bouche, soit quecommedans la succion, elle forme une des parois du corps de pompe , que représente cette cavité ; ceux de la mastication, dans lesquels les buccinateurs poussent les aliments entre les mâchoires, pendantque cellesci sont rapprochées , et par fois frottées l’une contre l’autre; 3o ceux de la déglutition, et 4° enfin ceux par lesquels nous manifestons le besoin, ou l’enviede prendre des substances nutritives. Les mouvements respiratoires delà joue, sont manifestes dans le bâillement, la respiration haletante, et dans les passions, qui agitent tout le système respiratoire, celui de la joue en particulier. Ces dernières modifient puissamjnent l’expression faciale : la joue devient alors , comme on l’a dit , le miroir de l’âme; dans les passions gaies , elle est tiraillée en haut et en dehors; elle est soumise, au contraire, à une traction oblique en bas, dans les affections tristes, etc. Remarquons ([ue, dansces mouvements, c’est toujours la partie antérieure, qui est entraînée vers les autres lieux de la circonférence, le sillon courbe naso-labial est le point véritablement mobile ; l’insertion de beaucoup des |)etits muscles faciaux à son niveau , explique au reste ces phénomènes, d’une manière satisfaisante.