DE LA JOUE
affecté , aussi la joue conserve-t-elle toute sa mobilité masticatoire , tandis que l’inverse a lieu pour l’expression j dans le rire , en particulier , il est curieux d’observer le singulier contraste , qui s’établit entre les deux côtés de la face : l’un est agité par des mouvements très variés , l’autre reste tout-àfait immobile. Ces faits viennent seulement en seconde ligne , confirmer les expériences à jamais célèbres de Ch. Bell. Je ne fais que nommer la gangrène, qui affecte si souvent les joues des enfants, et procède de la face muqueuse vers la cutanée. Diverses tumeurs peuvent affecter la joue : celles qui sont formées par un tissu érectile , sont fort communes , l’abondance des vaisseaux le ferait présumer , avant la sanction de l’expérience j leur extirpation ne laisse le plus souvent que peu de difformité , même quand on a été réduit à enlever une grande portion de cette région , parce que le reste prête facilement ; toutefois, pour favoriser cette tendance , et rendre la réunion de la plaie plus facile , on décolle la joue des mâchoires dans une étendue variable , en incisant le fond du pli formé par le passage de la muqueuse , vers les gencives. Parmi les tumeurs de la joue il en, est qui sont produites par des exostoses , naissant de son squelette , et d’autres par la dilatation simple du sinus maxillaire. Ce sinus peut subir une ampliation considérable , lorsqu’un polype , du pus ou de la sérosité , se forment dans sa cavité ; mais , ces corps étrangers dépriment surtout la paroi antérieure , et très peu les •autres ; ce /pii pourtant
arrive quelquefois, d’où la saillie de l’œil, la tumeur et la fistule lacrymale , à cause des rapports qui ont été indiqués , entre le sinus maxillaire , l’orbite et le canal nasal; on voit aussi quelquefois, mais rarement, la paroi olfactive du sinus détruite, et sa cavité se confondant avec celle des fosses nasales ; plus souvent on observe l’amincissement considérable , et l’atrophie de sa paroi antérieure ; alors les parties molles de la joue, servent seules d’enveloppe à la tumeur, que l’on peut aussi sentir dans la bouche sous la muqueuse ; d’autres fois les dents molaires sont ébranlées , ou bien le plancher du sinus, refoulé sur leurs racines , est bientôt percé par elles ; et chose remarquable , on a vu la pression même d’un fluide , s’exerçant immédiatement et long-temps sur leur pointe, la recourber et en quelque sorte la riveràl’intérieur; des ouvertures fistuleuses , établies dans d’autres cas , sur le bord alvéolaire , ont servi à l’écoulement dufliiide morbide, accumulé dansle sinus maxillaire, montrant ainsi au médecin la conduite qu’il aurait du tenir , pour procurer au malade une guérison plus prompte ; l’ouverture ou la paracentèse du sinus maxillaire, telle est l’opération consacrée par l’art, pour la cure de ces maladies. La partie la plus déclive du sinus, correspondant aux alvéoles cle la première et de la deuxième dent grosse molaire , de plus , une lame osseuse très mince formant sa paroi dans ce point, telles sont les circonstances anatomiques qui ont fait choisir ce lieu pour y pratiquer la térébration. Cependant., pour éviter l’ablation des dents lorsqu’elles
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existent encore , Desault a conseillé d’attaquer la paroi antérieure du sinus maxillaire dans la fosse canine , après en avoir décollé les parties molles de la joue j et Lamorier indique la tubérosité molaire comme le point le plus convenable j mais si l’on suivait le conseil de ces chirurgiens célèbres , l’anatomie démontre que la suppuration qui doit nécessairement se former consécutivement , ne s’écoulerait qu’en partie , et que la maladie ne guérirait pas. M. Ribes a rapporté des exemples fort curieux, de militaires qui avaient survécu à la perte de la partie inférieure des joues, et do presque tout l’os maxillaire inférieur , mutilation affreuse qui , tout en nous montrant les ressources immenses de la nature, nous a tracé la ligne que nous devons suivre dans les maladies profondes de la joue accompagnées d’altération de l’os maxillaire inférieur ; l’ablation partielle ou même totale de cet os, doit être exécutée dans ces cas en effet, comme déjà il a été dit.
6" Région toasillaire.
L’amygdale ou tonsille et les parties qui l’entourent , constituent une petite région plus importante pathologiquement , que par ses difficultés anatomiques ; avec le pharynx en haut, et la base de la langue en bas , elle forme l’ithsme du gosier , ouverture bucco-phar julienne.
La région de l’amygdale , en dedans , est lisse et muqueuse ; deux replis la limitent antérieurement et postérieurement , les piliers du voile du palais : elle est déprimée dans leur intervalle , et marquée
anatomie topographique.
(le plusieurs ouvertures, (|ui conduisent dans les lacunes amygdaliennes ; par sa face externe , elle confine à l’espace carotidien, au niveau de l’intervalle compris entre la corne de l’hyoïde et l’angle de la mâchoire ; les vaisseaux de cet espace appuient immédiatement contre elle.
Sü'ucture. — Eléments. — L’amygdale forme essentiellement cette région.' Ses différentes granulations, viennent verser le produit de leur sécrétion dans des lacunes communes , ouvertes elles-mêmes sur la muqueuse j lacunes que l’on peut considérer comme des rudiments de conduits excréteurs ' j deux muscles appartiennent intrinsèquement à ce point du corps, les glosso et pharyngo-staphylins , ainsi qu’une très petite portion du constricteur supérieur du pharynx ; ses artères sont grosses et nombreuses j elles viennent des palatine et pharyngienne inférieures , de la linguale et de la palatine supérieures , les veines se rendent dans le plexus veineux pharyngien; tandis (|ue les vaisseaux lymphatiques se terminent dans les ganglions sousmaxillaires ; les nerfs tonsillaires émanent du nerf pharyngo-glossien et du ganglion cervical supérieur du grand sympatliicjue ; vainement j’ai cherché à trouver les branches, que les auteurs disent avoir vu y venir, du lingual et de l’hypoglosse. Tousces nerfs forment un petit plexus, appelé improprement c//-
• L’amygdale , ainsi que quelques autres organes de l’économie, forme le passage entre les follicules et les glandes.