‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 39 sur 132 · PARAGRAPHE TROISIEME · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE TROISIEME

Des orbites.

Les orbites sont des cavités osseuses, creusées dans la partie supérieure et latérale de la face , et auxquelles concourt la base du crâne ; elles sont destinées à protéger tout l’appareil de la vision , qui

lions, le simple séjour de mucosités dans les lacunes tonsillaires.

DES ORBITES. i 1 3q

forme une région , non-seulement distincte par des limites extérieures très précises , mais encore établies par la nature, pour un but physiologique très important j aussi l’anatomie de ce point , constitué en région , est-elle étudiée depuis long-temps ; néanmoins , nous y trouverons encore à faire d’importantes remarques.

Le groupe orbitaire se compose de deux ordres d’organes : les uns, placés au-devant de lui, sur sa base ÿ les autres , occupant sa propre cavité ; de là, deux régions , l’une , orbitaire externe, l’autre , orbitaire interne. La première est surtout composée par les tutamina oculi de TI aller ; la seconde , par le globe de l’œil et ses organes moteurs. L’une et l’autre sont liées d’une manière étroite au cerveau, parleur système vasculaire, et séparées par la seule région olfactive.

Développement. — Cette partie de la face , est une des premières qui se dessine dans l’embryon j sa portion interne se forme d’abord , et plus tard ^ seulement l’externe.

Déductions pathologiques et opératoires. — Le développement régulier des groupes orbitaires , est subordonné à la formation de la région médiane qui les sépare; aussi, lorsque celle-ci ne s’est point établie , les deux orbites sont confondus sur la ligne médiane; vice de conformation qui, sans doute , a donné naissance à la fable des cjclopes, dont il retient le nom. Cette confusion médiane offre une foule de degrés : le moins avancé est celui qui est caractérisé par l’existence,

* ANA rOMIE 'l'OPOGRAPHIQUK.

dans U 11 orbil e unique ü*cs large , de toutes les parti es qui, dans l’état normal , seraient placées à la fois à droite et à gauclie. Dans d’autres cas , il y a un seul œil dans un seul orbite ; mais il offre toujours la trace delà fusion de deux en un seul. Tenon et Thomas Bartlîolin ont rapporté chacun un cas de réunion des orbites et d’absence des yeux.

La liaison vasculaire de la portion orbitaire delà face avec le cerveau , rend compte de sa rougeur et de plusieurs autres symptômes dans les affections cérébrales; elle explique encore réciproquement , les lésions du cerveau ou de ses fonctions, dans les maladies orhitaires.

loRëgiou orbitaire externe.

Séparée , en dedans , de la région nasale par le sillon naso-palpébral , et bornée dans le reste de son contour, par la base de l’orbite facile à sentir en déprimant les parties molles, la région orbitaire externe se compose elle-même , de deux petites régions secondaires , le sourcil et les paupières.

1° Le sourcil. Cette petite région paire , velue , appuyée sur l’arcade orbitaire , arquée et convexe en haut, a des limites que tracent les poils par le lieu où ils cessent. Souvent les deux sourcils sont confondus par l’extrémité interne , tête ; l’externe s’avance jusqu’à la tempe , c’est la queue du soiircd.

Structure. — i^Éléments. — L’arcade surcilièredii frontal forme le squelette de cette région , à laquelle, par conséquent , répondent les sinus frontaux, ca-

DE LA RÉGION ORBITAIRE EXTERNE. l/\l

vités tapisséesparuiiepartie de membrane pituitaire, qui rcçoitsesvaisseauxde l’extérieur de cette région. Le muscle sourcilier est le seul intrinsèque , le facial et l’orbiculaire des paupières sont extrinsèques, run élévateur, l’autre abaisseur;la peau est hérissée de poils de la couleur des cheveux, implantés perpendiculairement en dedans , et obliquement dans tous les autres points j peu de graisse et de tissu adipeux s’y rencontrent. Les nerfs sont principalement des rameaux des frontal extçrne , interne, et du facial ; les troncs des deux premiers traversent le sourcil. La plupart des artères sont fournies par l’ophtalmique, et presque aucune par la temporale. Les veines et les lymphatiques n’ont rien de spécial.

20 Rapports. — La peau , première couche du sourcil, est plus adhérente en haut qu’en bas, elle l’est surtout en dehors, parce qu’ellereçoit l’insertion des fibres du muscle sourcilier. La couche sous-cutanée est dense et un peu graisseuse en haut , elle recouvre un premier plan musculaire, résultant de l’union du frontal et de l’orbiculaire, plan que traversent obliquement en dehors les fibres du muscle sourcilier, pour arriver à la peau. Au-dessous, on aperçoit ce dernier muscle qui appuie sur les troncs nerveux et vasculaire de la région placés à l’union de son tiers interne , avec ses deux tiers externes j disons pourtant, que souvent le nerf frontal externe, est reporté beaucoup plus en dehors; enfin, en dernière analyse , on arrive , sur l’arcade orbitaire et les sinus frontaux.

J )( vfiloppciDirut, — Avant, six mois de vie iiitra-

Utérine , les sourcils sont dépourvus de poils ; ils restent très peu saillants pendant le jeune âge, à cause du peu de développement des sinus frontaux; chez l’adulte, et surtout chez le vieillard , ils s’élèvent, considérablement au-dessus de l’orbite, pour une raison inverse.

Déductions pathologiques et opératoires. — Les plaies du sourcil peuvent avoir une gravité, que l’on a de tout temps reconnue; elles ont quelquefois produit la mort , d’autres fois l’amaurose ; les fract;ures par contre-coup de la base du crâne qui les compliquent souvent, expliquent le premier accident ; on a long-temps attribué le second, à la lésion du nerf sus-orbitaire ; explication qui a ensuite été rejetée; mais qui cependant est d’autant mieux admissible, que tout récemment, M. Magendie a démontré que la cinquième paire des nerfs crâniens, exerce sur la vision une influence bien remarquable. Certaines fractures de l’arcade surcilière, avec enfoncement de la paroi antérieure des sinus frontaux , ont à tort été prises cjuelquefois pour des lésions de toute l’épaisseur de la boîte crânienne, avec dépression des fragments vers le cerveau; leurs conséquences les plus fâcheuses sont des fistules aériennes des sinus. Des loupes contenant des poils ne sont pas rares dans cette région; ce sont des follicules développés d’une manière morbide. On pourrait être appelé dans les névralgies frontales, à faire ici la section du nerf sus-orbitaire ; on le trouve facilement à sa sortie du trou sus-orbitaire, en faisant au-dessous du sourcil, une incision courbe à concavité infé-

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rieure; il ne faut, pas oublier pendant cette petite opération, la position variable de la branche externe de ce nerf.

Q.O Les paupières sont deux voiles mobiles placés au-devant de la région oculaire, sur laquelle alternativement ils permettent ou empêchent l’accès de la lumière, par leur écartement ou leur rapprochement. On les distingue en supérieure et en inférieure : elles diffèrent très peu , aussi convient-il d’en faire une description générale, nous réservant ensuite de montrer leurs différences.

Caractères généraux. — Les paupières chez l’homme sont placées dans un plan perpendiculaire : elles se réunissent en dedans et en dehors par deux commissures j l’une interne , nasale , grand angle de l’œil; l’autre externe, temporale, petit angle de l’œil. Elles ont, une face antérieure cutanée, glabre et convexe, présentant des plis demicirculaires plus ou moins prononcés, une face postérieure, muqueuse et concave , libre vers le centre et adhérente à la circonférence j leur contour se continue avec le nez , la tempe, le sourcil et la joue, sur les points indiqués, à l’occasion delà région orbitaire externe considérée en général ; leur bord libre est aplati , suivant la remarque de M. Magendie , il est courbe dans les cinq sixièmes externes, et horizontal vers le grand angle. Dans le premier point, il est garni de poils courbés et très forts, les cils; de plus , il présente les orifices des glandes de Meïbomius, /’o//zc///e5 ciliaires; dans le .second, il est glabre et dépourvu de ces ouvertures

ANATOMII-: TOPOGRAPiriQUK.

lolliculnires ; vers Je lieu où ce Jjord cliang^e de di- ^ rection , il s’eJeve en un tubercule perforé, c’est le point lacrjnial, diri[^é en arrière et en dedans, formant l’orifice supérieur du canal de ce nom. j

Structure . — hlements. — Sansparler de la base de l’orbite, qui supporte en dedans Jesac laci'^'mal, et sur lequel appuient les paupières, elles doivent leur résistance aux cartilages tarses et à la membrane fibreuse palpébrale, ligament large des auteurs j membrane dont le tendon direct du muscle palpébral, n’est qu’un renforcement; le muscle orbiculaire est seul commun aux deux paupières, et presque l’unique de cette région. Un canal coudé, appelé traverse chaque paupière; il com- , mence au point lacrymal. La peau y est remarquable par sa finesse, la muqueuse est dans le même cas, elle ne tapisse pas toute la région , mais la quitte pour se porter sur l’reil ; c’est elle qui forme les fol- . licules ciliaires , sortes de cæcums étranglés de distance en distance , perpendiculairement situés et ouverts au lieu indiqué. Le tissu cellulaire des paupières est peu abondant et très lâche ; on ne trouve de graisse qu’en arrière. Les artères intrin- ■ sèques sont les palpébrales de rophtalniique, aiias- j tomosées avec des branches de la faciale, de la tern- 4 porale, de la sous-orbitaire, et enfin des sus-or- ! bitaire et lacrymale. Les veines suivent le trajet des ' artères. Les vaisseaux lymphatiques sont très nom- : breux, et se portent presque tous dans les ganglions parotidiens ; quelques-uns seulement suivent Tarière faciale, et se rendent aux ganglions sous-maxd-

DE LA RÉGION ORBITAIRE EXTERNE. l4^

laires. Les nerfs sont des ranicaiix du facial et de la cinquième paire, les derniers spécialement émanent de VophLahniqiie de rVillis et du inaædlcure supérieur.

liO Rapports — Les paupières sont formées de couches distinctes , la première représentée par la peau J la seconde par un tissu cellulaire lamellcux, humecté par une abondantevapeur séreuse et ne contenant jamais de (graisse j viennent ensuite le muscle orbicLilaire séparé par les artères palpébrales du li- {^ament large et des cartilages tarses ; plus profondément y une couche cellulo - graisseuse abondante vers la circonférence et continue avec celle de la région orbitaire interne, peu considérable vers le bord libre où elle^ recouvre la membrane conjonctive ; membrane ensuite acolée aux cartilagestarses, sur lesquels elle constitue les glandes deMeïbomius. Les rapports de l’angle externe des paupières n’offrent rien de parl.iculier y il n’en est pas de même de ceux du prand anple : la peau y est plus fine que partout ailleurs , e(; permel; d’apercevoir le réseau sous-jacent; au-dessous d’elle existe une couche cellulo-vasculaire, puis le tendon direct du muscle orbiculaire et les fibres charnues qui en naissent , l’anastomose des^ artères faciale et ophtalmique, et aussi celle des veines ophtalmique et angulaire ; plus profondément on découvre la membrane fibro-muqueuse du sac lacrymal , portion supérieure du canal nasal , s’élevant un peu au-dessus du tendon du muscle palpébral et recevant les canaux lacrymaux ; ceux - ci sont d’abord placés sous la inii-

l/lC) ANATOMIE TOPOGRAPTIIQUE.

queuse, ensuite au milieu d’un tissu cellulaire qui entoure le sac lacymal, et se continue avec celui de l’orbite.

Développement. — Les paupières avant la dixième semaine ne sont pas visibles , soit qu’elles n’existent pas, soit qu’elles paraissent transparentes, comme le pensent quelques personnes ; on les voit se former par leur base, et de là s’accroître vers leur bord libre j à la douzième semaine , suivant Meckel, elles arrivent au point de contact , et se réunissent par le moyen de leur couche muqueuse ; elles prennent en même temps un accroissement progressif en épaisseur et restent unies jusqu’à la naissance j dans quelques animaux , cet état persiste même audelà. Dans le jeune âge, les parties fibro-muqueuse et osséo-muqueuse du sac lacrymal , ont une étendue inverse, à cause de la formation tardive des osj la dernière est peu développée , la première prédomine au contraire.

Différences caractéristiques des paupières, — Elles sont peu nombreuses , et portent sur la forme extérieure , un peu sur la structure , nullement sur le développement.

La paupière supérieure est seule en rapport avec le sourcil ; son bord libre forme un plan oblique en bas et un peu en arrière, décrivant une courbe à concavité inférieure j celui de la paupière inférieure est disposé en sens inverse; les cils , sur la première, sont arqués en haut ; ils sont arqués en bas sur la seconde. Le point lacrymal supérieur est dirigé en bas ; 1 inférieur regarde en haut. Le canal lacrymal

DE LA RÉGION ORBl'l'AlRE KNTERNE. \

supérieur, d’abord dirigé eu haut, se coude une seule fois pour se porter en bas et en dedans ; l’inférieur au contraire change deux fois de direction , d’abord il descend verticalement, puis se dirige en dedans et en haut, pour descendre ensuite de nouveau, après s’être accolé à l’inférieur.

La seule paupière supérieure est pourvue d’un muscle releveur, muscle que nous étudierons dans la région orbitaire interne; cette partie, surnuméraire pour cette paupière , est placée immédiatement derrière le ligament large, entre lui et la membrane muqueuse; ajoutons, que ce dernier ligament est plus fort en haut , et qu’au contraire le muscle orbiculaire est plus développé en bas.

— Déductions pathologiques et opératoires. Les paupières peuvent manquer , ou leur réunion persister après la naissance, alors une petite opération est nécessaire. Les plaies de cette région ont souvent une gravité étrangère à la lésion des couches qui J ni appartiennent ; mais qui résulte spécialement pour celles de la paupière supérieure, delà fracture de la base du crâne , soit directement lorsque l’instrument vulnérant a pénétré profondément, soit par contre-coup si le rebord orbitaire a été fortement ébranlé. Les plaies que l’on fait volontairement à cette région dans les opérations chirurgicales doivent, autant que possible, être courbées suivant les plis palpébraux, entre lesquels plus tard se cache la cicatrice. Le bord libre des paupières peut être renversé en dedans ou en dehors , entra-

f)Lun, cctropion, lorsqu’il y a un défaut d’équililnr sous le rapport de la lonj^ueur, entre la peau et la conjonctive. Dans le premier cas, la muqueuse est plus courte que la peau, soit que la première se soit rétrécie, soit que la peau elle-même se soit relâchée ; dans le second cas, la peau est plus courte, soit qu’elle ait été rendue ainsi directement par une brûlure ou par une plaie avec perte de substance, soit cjue la muqueuse boursouflée par l’inflammation ait été ellemême étendue .Tout l’art delà guérison da ns ces vices de direction des paupières, consiste à faire cesser le défaut d’écjuilibre par une ablation d’une partie du tégument prépondérant. L’inflammation peut porter sur les différentes couches de cette région et constituer un érysipèle, une ophtalmie palpébrale, ou enfin un phlegmon j ce dernier porte le nom Ôl anchjlopsi au grand angle. La laxité du tissu sous-cutané explique la fréquence de ses infiltrations, même chezles femmes sous la seule influence des règles. Le cancer de l’œil envahit quelquefois les paupières par sesprogrès ; des kystes s’y développent souvent tantôt superficellement, tantôt profondément; ils doivent être attaqués les uns en dehors, les autres en dedans; souvent ces tumeurs sont ceintes par une membrane cellulaire rougeâtre et fongueuse à l’intérieur ; elles contiennent alors une matière puriforme. Le prolapsus delà paupière supérieure , est toujours compliqué de la traction de l’œil en dehors , circonstance dépendant d’une disposition anatomique qui sera exposée à l’occasion de la 'région orbitaire interne. Une tumeur inflammatoire apparaît quelquefois

de la région orbitaire externe. i40 Tîntre les cils, elle a son siège dans un des follicules ciliaires ; les cils eux-mêmes sont quelquefois vicieusement dirigés par une implantation anormale, trichiasis : s’ils se portent en dedans , il n’y a pas d’autres ressources pour remédier aux accidents qu’ils - occasionent , que de les arracher et de détruire ensuite leur bulbe avec le cautère actuel. Jacger dans ce cas, a proposé d’exciser le bord libre delà paupière, et Béclard a pratiqué l’incision de celle-ci de son bord libre vers sa basej mais ces opérations ne sont pas consacrées. Enfin, les paupières en arrière adhérent quelquefois au globe de l’œil , et une opération doit être pratiquée pour les séparer. Les points lacrymaux peuvent être obstrués ou oblitérés : dans le dernier cas , Alex. Monvo a proposé de les rétablir , et Ant. Petit conseille de pratiquer derrière les paupières une route artificielle aux larmes. Dans le premier but, on tente le cathétérisme et l’injection de ces conduits. En relevant la paupière supérieure , on efface la seule courbure du conduit lacrymal supérieur ; le conduit inférieur ne saurait êtrcN complètement redressé, parce qu’il a deux courbures^ tellessont les seules raisons pour lesquelles, dans l’opération de la fistule lacrymale suivant les méthodes (V A nel et de Mejean , on se sert du conduit supérieur pour le cathétérisme des voies lacrymales. Une raison étrangère à l’anatomie , le besoin d’un point d’appui que l’on prend sur la joue, fait choisir pour les injections le conduit inférieur. Morgagni et J. L. Petit affirment que les conduits lacrymaux, par leur dilatation et leur ulcération succès-

J ANATOMlt; 'rOPO(,IlAPlIlQ[f|i,

sives, peuvent, donner naissance à la tumeur et à la listule lacrymale ; mais c’est surtout le sa£ lacrymal qui a les rapports les plus directs avec ces deux symptômes de la même maladie, VohstrucLion du canal nasal; tantôt dans cette affection il n’y a pas possibilité de rétablir la perméabilité de celui-ci, tantôt et le plus souvent , les circonstances sont plus favorables à ce rétablissement. Dans le premier cas, pour obtenir la guérison, on doit pratiquer une route artificielle en perçant l’os unguis ; dans le second , il faut désobstruer le conduit , ce à quoi l’on arrive par les méthodes à^Anel, de Méjean, de Laforest, et surtout par celle de Petit diversement modifiée. Dans les premiers temps , la tumeur lacrymale paraît comme étranglée au milieu , ce qui dépend de son rapport en avant avec le tendon de l’orbiculaire des paupières , qui résisté à la distension ; les fistules lacrymales se manifestent au-dessous de ce tendon , parce que ce point déclive du sac lacrymal , est surtout celui qui est dilaté et par suite ulcéré. Le rapport du tendon direct du muscle orbiculaire est encore mis à contribution par les chirurgiens, pour l’opération de la fistule lacrymale; il sert de guide dans l’incision du sac, soit qu’avec Monro on l’incise lui-même, soit qu’on l’évite en coupant au-dessous de lui , comme on le fait généralement.

I" Région orbitaire interne ou oculaire.

Cetle région a des limites bien précises , fixées

DE LA RÉGION ORBITAIRE INTERNE. 1 fj l

par son squelette , qui appartient aussi en haut à la région de la base du crâne, en bas et en dedans à la cavité olfactive et au sinus de la joue , en dehors à la tempe et encore à la base du crâne.

Ses dimensions et sa direction sont données par celles delà cavité orbitaire elle-même : les premières varient un peu j mais il n’en est pas de même de la seconde, elle est telle que son axe se porte en avant et un peu en dehors.

La seule face antérieure de cette région est libre , et doit être examinée d’abord : elle est alternativevement cachée ou mise à découvert par le rapprochement ou l’éloignement des paupières ; au milieu , endroit oùelle estforméeparleglobeoculaire, on distingue : la partie antérieure delà sclérotique (blanc de l’œil ), son union avec la cornée transparente, et enfin cette membrane qui est tout-à-fait centrale j la translucidité de la cornée permet de distinguer plus profondément l’iris et son ouverture pupillaire qui paraît noire, parce qu’elle traduit au dehors le fond noir de l’œil , au-devant duquel se trouvent seulement des milieux transparents ; en dehors de l’œil la face antérieure de la région orbitaire dans sa partie libre présente le sinus de réflexion de la membrane conjonctive , sinus dans lequel fluent les larmes pendantle sommeil, suivant quelques physiologistes j en dedans, on voit une saillie, que forme un amas de follicules sécrétant une matière semblable à la chassie , c’est la caroncule lacrymale, sur laquelle la conjonctive forme un repli

1^2 ANAlOMlt; TOl'OGUAl'JlJQUE.

appelé incnibvane cLi^nutanLe ^ iroisièjiie [)aiipière (le certains animaux nocturnes.

Slrucliire. — i» JilénieiiLs. — Le s([uelette de cette ré(jion forme son enceinte, ainsi qu’il a déjà été dit, et se compose du frontal et du sphénoïde, en hautj du maxillaire supérieur, du palatin et du nialaire en Las; de l’ethmoïde, de l’unguis et encore du sphénoïde en dedans; enfin , d’une portion du malaire et de l’aile temporale du sphénoïde en dehors ; des sutures servent à réunir ces pièces osseuses dont se composent les parois orbitaires , parmi lesquelles l’externe seule est oblique en dedans et en arrière , les autres sont horizontales ou cbrectcinent antéro-postérieures; la communauté qu’elles établissent entre d’autres régions et celles-ci a déjà été indiquée ; leur épaisseur est très peu considérable, ainsi que leur résistance; sous ce dernier rapport l’interne se distingue entre toutes les autres, vient ensuite la supérieure , puis l’inférieure et l’externe ; leur périoste se continue avec la duremère; la paroi externe en se réunissant à la supérieure et à l’inférieure forme deux fentes , l’une supérieure , l’autre inférieure , toutes deux externes ; nous appellerons l’une crânienne, Vai\xtTezjgomatique, d’après leurs rapports. Le globe oculaire occupe le centre de la cavité , il est lui-meme formé d’une foule d’éléments dont la description ne nous appartient point , mais ('pie l’on trouvera tous énumérés dans cet article à l’occasion des rapports ; disons seuletnent que , parmi eux, les uns constituent des mi-

DE LA RÉGION ORBITAIRE INTEILNE. l5^

lieux rélriii^eiiLs , d’autres des tapis absorbants et rarement réflecteurs ' des rayons lumineux ; un seul forme une toile sensitive pour recevoir les impressions , quelques-uns despartiesimmédiatementprotectrices ; enfin , on y trouve des vaisseaux de tous les , ordres et des nerfs ;vainementycbercherait-t-on du tissu cellulaire ou de la g;raisse. Sept muscles occupent l’orbite : six sont moteurs du globe de l’œil, un seul appartient à la paupière supérieure ^ ; parmi les premiers on distingue les quatre droits et les deux obliques. Une masse considérable de tissu cellulaire et adipeux, forme derrière le globe de l’œil un véritable coussin élastique, sur lequel celui-ci exécute tous ses mouvements ; cette masse ceUulograisseuse communique par les fentes orbitaires supérieure et inférieure, avec le tissu cellulaire crânien et celui de la région zygomatique. Les artères orbitaires -viennent de l’ophtalmique , fournie ellemême par la carotide cérébrale -, disposition qui fait que la circulation de cette région, doit être considérée comme un appendice de la circulation du cerveau j le tronc de l’artère ophtalmique , comme on l’a vu , est anastomosé avec ceux de la face et de

' Le tapis diversement coloré de la choroïde des animaux est dans ce cas, comme l’a démontré M. Desmoulins.

* Les auteurs répètent à tort, que le muscle releveuide la paupière supérieure se termine en avant par une mince aponévrose : j’ai maintes fois constaté le contraire. Ses fibres s’écartent seulement les unes des autres, et deviennent plus pâles, circonstance qui a sans doute contribué à faire commettre l’erreur indiquée.

ANATOMIE TOPO(JRAPHIQUE.

la tempe. Les veines se rendent dans le crâne par un tronc commun, elles débouchent spécialement dans le sinus caverneux ; aussi la veine ophtalmique peut elle être comparée aux grandes veines émissaires, sous le rapport de la disposition. Les vaisseaux lymphatiques sont mal connus; quelques-uns paraissent se porter vers la base de la cavité , d’autres descendent par la fente orbitaire inférieure. Le nerf de la deuxième paire, ceux de la troisième, de la quatrième et de la sixième sont en totabté destinés à cette région , où l’on trouve encore la branche supérieure de la cinquième paire, branche qui la traverse presque seulement, sans fournir de ramifications intrinsèques; on y trouve aussi le ganglion ophtalmique, dont les angles antérieurs fournissent les nerfs ciliaires , dont les angles postérieurs communiquentchacun par un filet, avecle moteur commun et le nasal de l’ophtalmique de W' illis.

20 Rapports. — Les rapports de cette région sont difficiles et pour cela , ils doivent être exposés avec une méthode sévère. Le globe oculaire et le nerf optique forment l’axe, autour duquel nous devons superposer les autres organes ; mais d’abord l’œil lui-même reporté tout-à-fait en avant , doit nous occuper dans sa disposition intrinsèque.

10 En le perçant avec une aiguille suivant son axe, on pénètre successivement : la conjonctive qui passe sur la cornée; les diverses lames de cette dernière membrane, lames que sépare un fluide transparent; le feuillet antérieur de la membrane de l’humeur aqueuse , puis on arrive dans la chambre

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