‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 68 sur 132 · DES CAVITÉS PULMONAIRES. 30Q · texte numérisé non relu

DES CAVITÉS PULMONAIRES. 30Q

cotes, et battait dans la région dorsale soulevée par elle. Sous l’influence de causes peu connues, on voit quelquefois l’œsopliage subir une transformation pulpeuse d’abord, et plus tard une complété destruction , qui m’a paru de la même nature que l’altération gastrique qui précède les perforations dites spontiuiées. Dans deux cas, j’ai eu occasion de l’observer chez des malades qui avaient succombe à des affections étrangères ; au reste , dans 1 un d’eux , l’œsopbage était détruit dans toute la longueur du médiastin , qui représentait un énorme sac distendu par les boissons dont on avait gorgé le malade avant sa mort.

(invités pulmonaires.

Chaque côté du thorax est creusé d’une cavité appelée pulmonaire^ parce qu’elle sert de réceptacle au poumon. Ses parois sont essentiellement formées à l’extérieur, parla région costale j celles du sternum et du dos continues avec le médiastin , concourent à séparer une de ces cavités de la cavité opposée. La forme delà cavité pulmonaire est celle du poumon , qu’elle contient exactement et sans vide intermédiaire. Un corps qu’on y moulerait , serait convexe en dehors, aplati en dedans et seulement un peu concave en bas et à gauche j arrondi en haut il seraitreçu dansunesorte de cul-de-sac, qui s’élève jusqu’au-dessus de la première côte j sa ])artie inférieure concave au milieu, se terminerait en dehors par un bord tranchant très déprimé, et serait reçue dajis un sinus étroit, (]ue fornieni, comme il a él.é

A.NATOM1E TOPOCRAPIlIQUi:.

déjà dit, les parois costale el, diaj)]îrafrinatique j)ar leur réunion , sinus costo - diaphra^niatKiiK'. T.’étendue verticale de cetl.e cavité varie en général, comme la position de la région diaphragmatique dans la respiration; néanmoins c’est seulement au milieu, que ces variations ont lieu; près les côtes, la cavité est toujours limitée en bas par les attaches invariables du diaphragme, sur lesquelles se réfléchitla plèvre. Le diamètre vertical est moins étendu à droite qu’à gauche ; le diamètre transverse présente une disposition inverse : à gauche il est plus étendu en arrière qu’en avant , en raison composée de la courbure latérale de l’épine et de la déviation du médiastin ; à droite on trouve une disposition inverse, pour des raisons également inverses; en totalité la cavité pulmonaire droite est plus ample quela gauche dans l’état régulier. Le poumon, contenu dans la cavité qui nous occupe, ne doit pas être décrit ici, il fait partie du sujet de l’anatomie descriptive, à laquelle je renvoie tout-à-fait. Disons seulement qu’il est uni par sa racine avec un point déjà déterminé de la face médiastine de sa cavité , point vers lequel la plèvre se réfléchit sur lui.

D évelopyjement. — La cavité pulmonaire est peu développée avant la naissance comme le poumon qu’elle contient, elle est comprimée transversalement, et ne bombe pas en arrière cojnme chez Hadulte; c’est à l’àge de seize ans que l’épiphyse postérieure des cotes se développant, prolonge de ce côté la cavité pulmonaire, qui en même temps dépasse le plan du rac-his.

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f ^ariélés. — Les cavités pulmonaires offrent une foule de variations individuelles: chez la femme enceinte et pendant l’expiration , elles sont beaucoup moins amples que dans les circonstances inverses, sous l’influence desquelles leur sinus cosio-diaj)hragm(iti(jue est de beaucoup augmenté.

Déductions pathologiques et opératoires. — Chez les acéphales, les deux cavités pulmonaires manquent à proprement parler j les poumons ne se sont pas formés, les organes thoraciques médians n’existent pas pour la plupart, et l’on ne trouve au-dessous de la région des côtes lorsqu’elle est formée, qu’un tissu cellulaire infiltré de sérosité. L’adhérence , toujours survenue accidentellement des deux feuillets contigus de la membrane séreuse , effaeg aussi souvent cette cavité partiellement ou en entier. Si je ne dois décrire ici ni les différentes formes de ces acUiérences, ni leur formation, non plus que leur organisation, aumoins,cescirconstances doivent être soigneusement notées , parce qu’elles modifient le pronostic desplaies pénétrantes qui deviennent souvent par là presque aussi peu graves que celles qui ne pénètrent pas ; en effet, lorsque des adhérences ont effacé la cavité pulmonaire , on n’a à redouter , ni pleurésie , ni épanchement intérieur, ni hernie du poumon, la compression étanche facilement l’hémorrhagie, et l’emphysème, s’il survient , est facilement arrêté par un large débridement. Compensant la gêne qu’elles causent, par unelieureuse protection , d’anciennes adliérences cartihigiueuses ou osseuses, forment quelquefois uiu'soiM.e

ANATOlNflK TOPOGRAPHIQUE.

(l(i plastron intérieur , capal)le d’arrêter les instruments vnlnérants, et de les empêcher de produire une lésion qui eût été mortelle dans tout antre occasion. Dans l’état ordinairCj les instruments vnlnélants, rarement arrêtés dans leur marche par les côtes, ce qui est néanmoins quelquefois arrivé, ouvrent la cavité pulmonaire, puis lèsent le poumon j cet organe se rencontre partout dans l’inspiration, mais dans l’expiration, il se retire du sinus cosLo- (liaphragmatique , et par conséquent alors il ne pourrait être blessé dans ce point.

Le résultat inévitable de la plaie pénétrante la plus simple, est l’entrée immédiate d’une certaine quantité d’air dans la cavité ouverte, le refoulement du poumon qui se trouve alors séparé des côtes par un certain espace, une gêne plus ou moins grande de la respiration, l’issue consécutive pendant l’expiration d’une partie du gaz introduit dans l’inspiration . Si la plaie est étroite, ces phénomènes sont très marqués, l’entrée et l’issue alternatives de l’air par la plaie, sont accompagnées d’un bruissement très fort, résultat de la vibration de ses lèvres j si le trajet est oblique, l’air s’infiltre dans le tissu cellulaire environnant, et produit une première espèce d’cinphysèmej ladeuxième espèce arrive lorsque le poumon a été lésé lui-même ; l’air qui sort passe de cet organe dans la plèvre, puisdans le tissu cellulaire extérieur parlemoyen delà plaie j aureste, cetteseconde espèce d’emphysème survient encore sans plaie extérieure, lorsque les fragments d’une côte fracturée ont été poussés vers le poumon. Dans le cas de plaie péné-

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trante un peu large, l’emphysème est nulle ou peu considérable; c’estpour cette raison cpiel’on agrandit les plaies étroites accompagnées de cette complication , ou que l’on incise sur le niveau de la fracture des côtes compliquée d’emphysème; quand il y a fracture de cotes, cette oj)ération est faite d’ailleurs dans le double but défaire cesser l’infiltration gazeuse, et de relever les fragments qui irritent le poumon. Les épanchements qui se font dans l’une des cavités pulmonaires , pressent le poumon et l’affaissent contre lemédiastin , qu’ils déprrim eut aussi quelquefois au point de rétrécir beaucoup la cavité opposée, et de transporter le cœur loin desa position normale; de là une gêne plus grande encore de la respiration, delà en même temps l’erreur dans laquelle sont tombées quelques personnes, croyant à des transpositions congéniales du cœur, ou à des dilatations de cet organe, que l’examen cadavérique ne démontre pas. Dans les collections de la poitrine la paroi diaphragmatique est refoulée vers l’abdomen , le sinus cosLo-diaphragmatique est très élargi, les côtes sont déjetées en dehors, et maintenues immobiles ; souvent le poumon contracte des adhérences dans la position qu’il a été forcé de j)rendre, et alors, si le malade vient à guérir, survient la dépression de la région costale dont il a été ([uestion. A la suite des épanchements de sang, Valentin affirme que toujours ce fluide, après être descendu jusqu’à la partie inférieure de la cavité pul- ! inonairc, passe dans le tissu cellulaire, et qu’une ecchymose se manifeste dans la région deslomlu*s.

.^4 ANATOMIE TOl'OGUAI'IIIQUE.

CeU;e in (il (ration , qui ne peut se faire qu’api-ès une transsuclation du sanji; à travers la plèvre, est peu constante. Nous ne devons pas examiner ici les diverses mé(,hodes d’exploration de la poitrine, mais nous devons dire qu elles fournissent des résultats variables comme les points de leur application, ce dont il faut être prévenu - en haut les parois de la cavité pulmonaire sont accrues, comme il a été dit à l’occasion delà région costale, de toute l’épaisseur del’épaule, l’auscultation etla percussion y sont difficiles^ en bas la poitrine et l’abdomen, sont dans un rapport tel , que dans l’emploi des moyens explorateurs, il fautfaire la part de l’une etdel’autre j ainsi pour citer un exemple, la poitrine percutée en bas et à gauche, résonne médiocrement si l’estomac est vide, la résonnance est très grande, au contraire, si ce viscère est distendu par des gaz, elle est très obscure , s’il est plein d’aliments ; ainsi , bien que la percussion puisse être encore employée là pour explorer la poitrine, elle traduit aussi au dehors l’état des viscères abdominaux, de même à droite , par la percussion exercée en bas , on explore à la fois l’état de la cavité pulmonaire, et celui du foie. Le milieu des parties latérales de la poitrine, est le point le plus propre à l’emploi des méthodes exploratrices, parce que là, d’une part, l’épaisseur est moindre qu’en haut, et parce que de l’autre , on obtient un résultat simplement produi* parla cavité pulmonaire. En avant et en arrière, les moyens explorateurs fournissent des résultats ajijdicables au médinsdn et à ses organes.

DE l’abdomen.

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