DE I/ABDOMEN
L’abdomen^ nom dérivé du mot latin abdere, cacher J le ventre, etc. , comprend toute cette partie du tronc qui loge, dans les mammifères ^ , la plus grande portion du tube digestif, les organes urinaires .et génitaux et supporte les membres inférieurs ou postérieurs lorsqu’ils existent.
L’abdomen a des limites tranchées : en haut il est continu à la poitrine , et s’en distingue par une ligne courbe à concavité supérieure très relevée en avant, et moins en arrière, c’est le relief du rebord cartilagineux des dernières côtes j toutefois on se tromperait, si l’on se figurait que ces limites extérieures sont aussi celles de la cavité abdominale. La première section des membres dits abdominaux, la hanche, ajipartient en dedans à cette importante portion du tronc.
L’abdomen est placé, en grande partie, au-dessus du milieu de la hauteur totale du corps. Sa forme est allongée; il est un peu ovoïde et diversement disposé suivant les sexes. Sa direction est généralement celle d’une courbe à concavité postérieure;
‘ Dans les autres animaux vertébrés le diaphraj^me man- <|ue, l’abdomen et la poitrine sont réunis et ne forment • [u’une seule fpande cavité s])lancbnique.
ANATOMIE TOPOGRAPHIQU?:.
son volume est sujet à une foule de variétés qui seront indiquées plus Las.
Si on le considère seulement à l’extérieur, l’abdomen paraît très symétriquement séparé en deux parties par la ligne médiane; mais il n’cnest plus de même à l’intérieur. Nulle part le raphé n’est plus prononcé qu’ici.
Structure. — L’abdomen a pour squelette la portion lombaire de l’épine et le bassin ; ces parties , avec la base delà poitrine, forment une vaste échancrure ouverte en avant. Des muscles de diverse nature, des vaisseaux et des nerfs entrent encore dans sa composition.
Développement. — L’abdomen est la première partie du corps qui se dessine sur la vésicule ombilicale , à laquelle d’abord il est collé ; bientôt il en est séparé par un court pédicule , rudiment du cordon ombilical. Ce cordon s’étend ensuite rapidement , au point d’égaler à l’époque delà naissance, la longueur du petit individu; d’abord il procède de la partie inférieure du corps , ensuite il occupe relativement au corps tout entier, une position de plus en plus élevée. Pendant toute la vie intra-utérine, et même au-delà de la naissance , l’abdomen conserve des traces de son apparition prématurée ; son volume reste proportionnellement à celui des autres parties du corps, plus considérable que dans Page adulte. Chez le jeune enfant , la graisse abdominale est toute extérieure, elle semble se retirer de plus en plus vers l’intérieur avec l’àgc; toutefois, vers fjuarante à (piarante-cinq ans, on voit souvent
DE l’abdomen. 3iy
reparaître l’obésité al)dominaJe soiis-cutaiiée , sans pourtant que la graisse diminue à l’intérieur. Quant au développement premier sous le rapport des pièces séparées qui, primitivement formaient l’abdomen , et sous celui du mode de rapprochement de ces pièces, il ne diffère en rien de celui qui a été exposé à l’occasion des généralités du tronc.
Variétés. — Chez la femme, l’abdomen est plus volumineux que chez l’homme j il a plus de hauteur proportionnelle; l’ovoïde qu’il représente a sa grosse extrémité en bas, c’est l’inverse chez l’homme. L’abdomen est sujet à beaucoup de variations individuelles, surtout sous le rapport du volume.
L’abdomen offi’e enfin une foule de variétés momentanées de forme extérieure; il est tuméfié après les repas, pendant l’inspiration, il s’affaisse dans les circonstances inverses. Sa direction ne change pas moins suivant les diverses attitudes. Pendant la grossesse, il est distendu dans toutes ses parties, surtout en avant.
Tl sages. — La portion abdominale du tronc sert fie réceptacle à la principale portion du tube digestif, aux organes de la dépuration urinaire et de la génération; elle les protège tous, et facilite leur action par ses mouvements. Ses muscles se contractent souvent pour des besoins autres que ceux de l’abdomen, pour la respiration , ou pour les mouvements généraux du corps; considérations qu’il ne faut pas perdre de vue , pour être en mesure d’appi’écier les diverses circonstances dans lesquelles les
3l8 ANATO.MIF, TOPOORAPHIQUi:.
Monihrciises mnlndics al)(loniinales sont; produites, les hernies en parlicidier.
Le développement prématuré de l’abdomen , et surtout cette circonstance, qu’il est la première partie du corps qui se forme, implique la conséquence de l’impossibilité de son absence totale chez les fœtus les plus monstrueux ; on peut dire de l’abdomen qu’il est la racine de tout l’individu, et que cette racine manquant, l’individu n’a pu se former , même irrégulièrement.
Ou doit examiner dans l’abdomen la cavité et les parois cjui la circonscrivent : commençons par ces dernières.