ES MEMBRES
Les membres sont des appendices ou proloufjements aiiicidés du tronc j ils existent dans la plupart des animaux^ ne dépassant jamais le nombre de quatre dans les vertébrés ; ils sont beaucoup plus nombreux dans les invertébrés.
Les membres ont été distingués dans rhomnïc ^ en supérieurs et en inférieurs ; mais cette distinction ne convient qu’à lui seul : aussi depuis long-temps les anatomistes ont-ils proposé de les séparer les uns des autres, en les désignant d’après la partie du tronc de laquelle ils semblent émaner, par les expressions de thoraciques et abdominaux.
Les membres auraient pu être décrits chacun à l’occasion du thorax et de l’abdomen ; mais les sépa- : rer ainsi c’eût été méconnaître les analogies qui les : rassemblent, et par suite s’interdire la possibilité 1 d’établir des généralités sur les membres , seule î méthode susceptible de simplifier les descriptions et ‘ de faire éviter les répétitions oiseuses.
Au reste, quelles que soient, les idées que l’on t adopte à cet égard, il est, impossible de mécon-
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naître les analogies nombreuses qui rapprochent les membres , de meme que les différences assez trancliées qui les séparent. Ce sont les premières dont nous allons profiter pour la description générale j les secondes feront le sujet des spécialités sür le même objet.
Les membres sont symétriquement disposés, de telle manière que ceux d’un côté, ressemblent complètement à ceux du coté opposé, à la seule différence près, d’un volume plus considérable de ceux du côté droit.
Les membres ont la forme de pyramides brisées, dont la base appuie sur le tronc, et dont la pointe ' est libre et divisée en cinq segments distincts. Ils sont remarquables dans notre espèce, par leur dégagement : ce qui contribue à leur donner de l’élégance et de la mobilité.
Leur direction varie singulièrement : pour les étudier, on les suppose placés perpendiculaire'ment; leur longueur est à peu près semblable : ce qui tient à des circonstances variables qui seront seulement indiquées plus tard. :
Chaque membre est formé de cj-uatre grandes divisions principales, réunies par des jointures qui sont généralement renflées , et forment des régions importantes.
Structure. — i » Éléments. — On trouve dans les membres : un squelette central, formé d’os longs, réunis par des articulations plus mobiles du côté ^ du tronc que vers l’extrémité opposée; des muscles formant deux plans, l’un superficiel, à fibres
DES MEMBRES. 44i)
ioiig-iies très contractiles , l’antre i^rofoiid, adhérent aux os^ et à fibres courtes jouissant d’une moindre étendue de contraction ; tous entourés d’une forte aponévrose presque inextensible, envoyant vers les os , dans les interstices musculaires , des cloisons fibreuses sur lesquelles s’insèrent les muscles, qui, de la sorte, se trouvent retenus dans de véritables gaines ; des artères émanant d’un seul tronc i, placé à la partie supérieure du membre, et liées par des anastomoses à celles du tronc j des veines superficielles et profondes , se rendant vers le cœur par une branche unique , et toutes pourvues de valvules intérieures plus nombreuses dans les profondes, que dans les super fi ci elles^- des vaisseaux lymphatiques, également
' Tous les animaux n’ont pas cette structure. M. Carlislea démontré que dans les loris et les paresseux, les artères des membres, en y entrant, se divisent en une foule de ramuscules , pour se recomposer ensuite en un seul tronc. Cette singulière particularité de structure a-telle pour but, en ralentissant le cours du sang dans les membres, d’y ralentir aussi l’action musculaire? est-ce aussi la cause de la démarche lente de ces animaux?
’ Cette opinion entièrement opposée à ce qui est admis par tous les auteurs, est l’expression d’un fait que j’ai constaté par un grandpiomlue de dissections et d’injections comparatives, des deux couches veineuses des membres. On peut s’en faire une bonne idée en jetant les yeux sur la planche n°il, sur laquelle, fig. les veines superficielles ont été dessinées distendues par l’injection de meme que les profondes, fig. Pes no-
dosités qui traduisent à l’extérieur les sinus valvulaires sont bien plus communes dans les dernières. Voilà un
anat(jîviik topo(jha l'fiiQiii:.
siipeifunclsel proioïKls, aljoiirissaijtà des j^aii^lioiis lymphatiques plus nombreux en haut, et toujours placés au niveau des articles; des nerfs entrelacés en plexus, à 1 ori|^ine du memJjre; beaucoup de tissu cellulaire que l’on doit diviser en sous-cutané et en sous-aponévrotique : le premier, plus serré, contenant presque tout le tissu /graisseux, le second, plus lâche et lamelleux, en contenant à peine et toujours dans des lieux d’élection ; enfin la. peau, plus ou moins velue , et plus dense sur le dos du membre, que dans le sens de sa flexion.
fait que sans doute il suffit d’énoncer, et dont il n’est pas nécessaire de donner la raison ; toutefois comme les auteurs ont cherché, théoriquement, à démontrer la nécessité de la prédominance des valvules, dans les veines superficielles des membres, il devient au moins curieux de faire cadrer la théorie avec les résultats contraires que .m’a fournis l’expérience. De nombreuses valvules étaient nécessaires dans les veines profondes, parce que celles-ci ont des parois très faibles, parce que pressées par les muscles dans les interstices desquels elles sont placées, leurs parois avaient à vaincre, dans la circulation, des frottements considérables ; et peut-être aussi , parce que voisines des artères, dans lesquelle le sang circule de haut en bas, et qui nécessairement leur impriment une secousse dans cette direction , elle devaient pos.séder en elles-mêmes, une force capable de détruire cet obstacle à leur circulation. Au contraire, les veines superficielles qui sont dans des circonstances inverses, avaient moins besoin de ces soupapes mobiles, qui facilitent le cours du sang veineux, en brisant les colonnes qu’il forme, et par suite, en lais.sant peser un poids moins considérable sur la partie inférieure du tube des veines, et sur leur système capillaire.