‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 98 sur 132 · DE LA RÉGION DU COUDE · texte numérisé non relu

DE LA RÉGION DU COUDE

meme cause, et aussi parce cjue chez elle les masses musculaires latérales ont moins tle saillies.

Déductions p a tho logiques et observations. — Les plaies du coude peuvent être fort graves surtout en aA'ant et en dedans , lieu de position de l’artère humérale. Les simples chocs sont très douloureux en arrière, parce rpiela peau y est immédiatement appliquée contre l’olécrane, qui fournit un point d’appui àla puissance contondante; on voit dequelleimportanceest, pourcescas, lahourse muqueuse souscutanée ; elle facilite le glissement de la peau qui fuit et se soustrait à une déchirure qui seroit sans cela inévitable ; les chocs de l’olécrane ou de l’épitrochlée communiquent un ébranlement pi us ou moins fort au nerf cubital placé entre elles ; de là une autre source de douleurs qui retentissent vers le petit doigt; enfin si la violenceextérieure agit plus fortement, il survient des fractures ; l’olécrane y est surtout sujet, vient ensuite l’épitrochlée. La fracture de l’olécrane présente pour phénomène constant, l’entraînement en haut par le triceps du fragment supérieur; aussi la difficulté de maintenir ce fragment rapproché de l’autre est extrême, si ce n’est en portant l’avant-bras dans l’extension; toutefois, il faut se rappeler l’angle que forme naturellement le coude, et dans l’application du bandange, ne pas porter l’extension trop loin, précaution nécessaire pour donner au membre la forme qu’il avait avant l’accident, et en même temps pour le rendre le moins incoin mode possible si le coude s’ankylose , ce qui arrive quelquefois. L’humérus peut

5o8 A N ATOIM 1 li 'l'O POG R A P H IQU E .

ctve IVacturé immcdiateineiit au-dessus de ses eoiidyles; alors le frajrmeut, inférieur très court, fait en fjuelque sorte corps avec les os de l’avantbras, et se meut avec eux; il se trouve balancé entre la traction en avant des muscles brachial antéiaeur et biceps , et celle en arrière du triceps; mais la force supérieure de ce dernier, finit toujours par remonter en haut l’olécrane, et faire basculer le fragment qui y tient, de telle sorte que son extrémité supérieure se porte en avant, et l’inférieure en haut et en arrière ; de là une saillie du coude , analo-. gue à celle qu’on remarque dans la luxation en arrière; mais qui en diffère parce que dans le cas dont il est question ici, la déformation n’est pas accompagée de changement du rapport normal des trois tubérosités. Les luxations du coude, qu’on appelle aussi luxations de l’avant bras, ne peuvent guère se faire qu’en arrière ; pour que les os de l’avant-bras se portassent en avant, il faudrait nécessairement une fracture de l’olécrâne et alors le désordre serait extrême. La résistance des ligaments latéraux, surtout l’engrenure des surfaces articulaires, sont de grands obstacles à la luxation latérale , qui ne peut survenir qu’après rupture de presque tous les ligaments; et même malgré ces circonstances favorables à la production du déplacejnent, la luxation est presque toujours incomplète.

Lorsde la luxation en arrière, dansles cassimples, la poulie de rhumérus est retenue sur le sommet de l’apophyse coron oïde par le tendon du muscle brachial antérieur, tendon qui est fortement dé-r

DE LA RÉCION DU COUDE. JOÇ)

primé et cjullorsque la luxation est méconnue, peut s’ossifier et former ainsi une nouvelle cavité articulaire, comme Béclard en montrait un exemple. On a vu aussi dans les luxations en arrière l’humérus déchirer en avant les parties molles, et sortir audelîorsj l’artère brachiale ne saurait guères maiirpicr d’étre déchirée dans ces cas; la luxation du radius sur le cubitus survient presque toujours en arrière, parce que le bord de la cavité du dernier est moins élevé dans ce sens; elle est fréquentechez les enfants, chez lesquels la cavité cubitale est rudimentaire.

L’hydarthrose du coude paraît d’abord en arrière, sur les côtés de l’olécrâne et du tendon du triceps, lieu où l’articulation estle moins soutenue, puis ensuite la tunieur s’élève entre le triceps et l’humérus. Brasdor a proposé d’amputer l’avant-bras en le désarticulant dans la région du coude, et faisant un seul lambeau antérieur; procédé calculé d’après l’anatomie du coude, puisque c’est là en effet que sont les gros troncs nerveux et vasculaires , et les masses musculaires les plus grandes; le lambeau postérieur que l’on pourrait faire serait très maigre. Il ne faut pas perdre de vue pour cette opération, que l’articulation est placée un travers de doigt audessous de l’épitrochlée, qu’elle est lâche en dehors, et que là seulement on peut y entrer à plein iranchanL. M. Dupuytren a conseillé une modification ingénieuse de la méthode de Brasdor , elle consiste à scier l’olécràne qui, pouvant s’ankyloser dans ^sa cavité humérale, fournirait un point fixe d’acition fort utile au triceps. Malgré ce procédé.

Th O ANATOMfE TOPOGP. APfnoITE.

tous los pradcicris prélèpcnt l’amputa Lion du ])ras à la méthode de Ikasdor. Park, célèbre (•hirurg^icn aii^jlais, a le premier tenté la résection des os du coude dans le cas de carie; il a été ensuite imité en cela par VVerrnandois et Moreau de Bar-sur-Ornain. MM. Boux et Dupuytreri ont aussi pratiqué avec succès cette {grande opération. Leurs méthodes consistent toujours à attaquer le coude en arrière, lieu où les os sont plus superficiels, et recouverts de moins de parties importantes. La li(jature de l’artère brachiale nécessite seulement la section de la peau, du tissu cellulo-.qraisseux souscutané, etdel’aponévrose. On évite facilementle nerf médian; il est placé en dedans et même lé(jèrement écarté de l’artère. Laphlébotomiepeutêtrepratiquée sur toutes les veines du pli du coude; elle n’a aucun danger sur la radiale ou les cubitales superficielles ; il n’en est pas de même lorsqu’on ouvre les médiane basilique ou céphalique, que l’on choisit presque toujours à cause de leur plus fort volume. La saig;née de la médiane basilique faite au milieu de sa hauteur, si la lancette était profondément enfoncée, pourrait être suivie d’une piqûre de l’artère brachiale, accident très grave.; mais en ouvrant cette veine plus bas, d’après ce que nous avons vu, on ne court plus le même risque, parce c[ue l’artère s’est enfoncée loin d’elle; disons cependant, que lorsque' l’artère cubitale reste superficielle, comme il a été* dit, elle pourrait être piquée par un médecin inattentif; enfin les filets nombreux du nerf cutané interne, peuvent être intéressés incomplètement dans-

Page 1