‹ Traité d'anesthésie chirurgicaleChapitre 114 sur 133 · CHAPITRE y · texte numérisé non relu

CHAPITRE y

En présence des inconvénients qui restent attachés à l'emploi des anesthcsiques, l'anesthésie locale, si elle était applicable à toutes les opérations, réaliserait un progrés important, puisqu'elle permettrait d'atteindre le même but , sans faire courir aucun danger. Le problème, posé dans ces termes, n'est pas résolu ju.squ'alors , et nous doutons qu'il le soit jamais. Malgré des tentatives multipliées, on n'est parvenu à obtenir qu'une insensibihté incomplète, de courte durée, et limitée à la peau, à moins que l'on n'agisse sur des parties de faible volume et accessibles sur toute leur circonférence aux agents modificateurs. Le cercle des applications de l'unes-

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llîésie locale se trouve de la sorte rpslreint aux opérations qui se pratiquent sur les extrémités, ou qui sont d'une exécution rapide, ou dans lesquelles on n'intéresse que les plans superficiels. Dans ces limites, elle est encore une ressource précieuse, car elle peut être utilisée dans une foule de cas qui représentent comme le fond de la chirurgie usuelle. On se trouve rarement dans la nécessité de pratiquer une amputation, d'extraire un calcul , de faire ce qu'on appelle une grande opération ; mais tous les jours on opère un ongle incarné, on pratique l'amputation d'une phalange, l'ouverture d'un abcès, l'incision d'un panaris, le débridement d'un phlegmon, l'excision d'hémorrhoïdes , de végétations et autres productions pathologiques tégumentaires, etc. Loin d'avoir un rôle effacé par l'anesthésie générale, l'anesthésie locale lui sert de complément; elle permet d'étendre à tous ceux qui souffrent l'inappréciable bienfait de la suppression de la douleur.

ARTICLE PREMIER

ÉTUÉRISATION LOCALISÉE.

Dès que les vertus stupéfiantes de l'éther et du chloroforme furent connues, M. Simpson (1) eut l'idée de rechercher s'il serait possible d'obtenir, par des applications locales, une anesthésie limitée aux régions sur lesquelles on voudrait agir. A cet effet, il exposa à l'action du chloroforme, tantôt liquide, tantôt en vapeurs, des animaux de diverses classes, tels que des chenilles, des salamandres, des lapins, etc. Il s'aperçut que les parties exposées au contact, après avoir été le siège d'une excitation momentanée , devenaient lourdes , inhabiles au mouvement, et de plus tombaient dans une immobilité absolue. Vers la môme époque, des effets identiques furent constatés chez les animaux par M. Nunneley, profes-

(1) Simpson, De la produciion de l'anesthésie locale par le chloroforme chez les animaux inférieurs el chez l'homme, traduit dans VUnion médicale, 18Û8, p. 371 et 395.

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