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ÉLECTRICITÉ

ceps préparé de façon à être isolé de la gencive du patient et de la main de l'opérateur, fut mis en rapport avec le pôle négatif d'une machine électro-magnétique, tandis que l'autre rhéophore était placé dans la main du malade. En faisant fonctionner l'appareil, le courant traversait nécessairement la dent au moment même où l'instrument venait à la toucher : il paraît que l'électricité détermina une insensibilité complète.

Il en fut de même entre les mains de M. Préterre (de Paris). Celui-ci apporta quelques modifications au procédé primitif de M. Francis, dans le double but d'isoler plus complètement l'instrument de la gencive, et d'étendre le bénéfice de l'anesthésie électrique à toutes les opérations qui sont du ressort de la chirurgie dentaire (1).

A Philadelphie, une commission chargée par l'Institut de Franklin d'étudier la question, déclara que dansl6/i avulsions de dents observées par elle, il n'y avait eu le plus souvent aucune douleur (2).

Le Boston médical Sournal (3) fait aussi mention de 26 extractions de dents, dans lesquelles l'électricité réussit au moins dans les deux tiers des cas.

M. Morel-Lavallée fut tout aussi heureux : 15 avulsions de dents furent pratiquées sans causer de douleur {h).

Ici finit la période de succès de l'anesthésie voltaïque. Employée en France par MM. Robert, Velpeau, Follin, elle ne fournit que des résultats peu satisfaisants et contradictoires. Tantôt la douleur ne fut point ressentie; ailleurs elle parut vive et même exagérée.

M. Wauthier échoua complètement toutes les fois qu'il s'en servit.

Les dentistes anglais n'eurent pas à s'en louer davantage. Aussi, dans une séance du collège des dentistes de Londres

(1) Gazelle hebdomadaire, 1857, p. 701.

(2) American Journal of med. se., 1857.

(3) Gabelle hebdomadaire, 1857, p. 750.

(4) Bulletin de l'Académie de médecine, 1858»

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fut-il proposé de la repousser de la pratique, en déclarant, sur la proposition du président M. Mallheus « que, le galvanisme agit seulement en produisant une diversion à la douleur, mais non une véritable insensibilité (1). »

Le même moyen a été aussi essayé dans quelques petites opérations. M. Nélaton s'en est servi pour ouvrir un abcès. Le bistouri, isolé de la main du cbirurgicn, fut mis en communication avec un des pôles d'un appareil d'induction, pendant que l'autre rhéophore était tenu par le malade, de façon que le courant traversât le point qui devait être ponctionné au moment précis du contact de l'instrument avec la peau. Loin d'obtenir l'insensibilité, la douleur causée par le courant électrique fut tellement intense, que l'on fut obligé d'y renoncer (2). Il est vrai que M. Bergounhioux attribua cet insuccès à la forme pointue du bistouri qui servait de conducteur. Il prétendit s'être assuré qu'à l'aide de rbéophores plats et semilunaires, et avec des quantités très faibles d'électricité, on pouvait obtenir l'insensibilité des téguments, même quand ils étaient envahis par l'inflammation (3).

Les chirurgiens qui tentèrent l'expérience de M. Nélaton ne furent guère plus heureux. MM. Robert et Velpeau, en particuher, échouèrent complètement; pourtant M. Morel-Lavallée réussit à rendre des incisions à peine douloureuses, et M. Fonssagrives obtint l'insensibilité chez cinq malades auxquels il devait ouvrir des bubons suppurès ou pratiquer des débridements (A).

Il est difficile de se prononcer, surtout en l'absence de toute expérience personnelle, sur la valeur d'un moyen tombé actuellement en désuétude. Les rares occasions dans lesquelles il s'est montré efficace ne suffisent pas pour justifier tout ce qu'il a d'irrationnel. On comprend difficilement comment le

(1) Med. Times and Gas., 1858, p. 412.

(2) Gazelle hebdomadaire, 1857, p., 842.

(3) Ibid., p. 857.

(4) Gazelle deshôpitaux, i^o8, p. 589.

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