‹ Traité d'anesthésie chirurgicaleChapitre 51 sur 133 · ACCIDENTS DE L'ÉTHÉRISATION · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DE L'ÉTHÉRISATION

Irente-cinq ans, à qui M. Bickerstelh allait amputer la cuisse pour une gangrène consécutive à la ligature de l'artère fémorale. Il avait été ciiloro- Ibrmisé six fois auparavant sans accidents fâcheux , alors qu'on lui lia l'artère fémorale pour un anévrysme poplité. Le jour de l'accident, on l'anesthésia dans la salle avec du chloroforme versé sur un morceau de charpie qu'on tenait à une certaine distance du nez et de la bouche. Ayant partiellement repris connaissance pendant qu'on le transportait dansl'amphithéâlre d'opérations, le chloroforme fut réappliqué, et M. Allan rapporte comme suit ce qui arriva : « On versa alors un demi-gros (2 grammes) de chloroforme sur de la charpie qui fut tenue devant le nez, et le malade tomba complètement sous l'influence de l'aneslhésique. Respiration bonne; pouls fréquent, faible. L'opération allait commencer, et je versai environ 20 grains (1 gramme environ) de chloroforme au plus sur la charpie (ayant trouvé le patient dans un état convenable); j'étais même prêt à lui en redonner, si l'occasion l'exigeait, ce que je ne lis pas, lorsqu'on me retournant, je remarquai quelque chose de particulier dans son aspect général, et en soulevant la paupière je trouvai la pupille dilatée et la paupière ne se ferma plus lorsque j'eus retiré mon doigt; les yeux étaient légèrement tournés en haut. Je cherchai aussitôt l'artère temporale, mais il n'y avait plus de pulsations. Je n'en découvris plus non plus au poignet gauche. La respiration avait presque cessé. La tête fut tenue abaissée, de l'eau froide projetée sur la face, et l'abdomen frappé avec la paume de la main. Le doigt fut introduit dans la bouche, les jambes furent tenues élevées, et l'on frictionna l'épigastre avec une serviette mouillée. Après un ou deux souffles, la respiration devint meilleure, semblait même bonne, et au bout d'environ deux minutes on put sentir le pouls au poignet. Cet état dura de deux à trois minutes, la respiration étant bonne ; puis le pouls se mit à tomber, et une minute après la respiration diminua. La langue fut saisie avec des pinces et tirée en avant, on flt respirer de l'ammoniaque; mais la face devenait livide. Aussitôt alors on adopta la méthode Ready, d'où résultèrent clairement quelques respirations artificielles, puis naturelles, mais le pouls n'existait plus, et en moins de deux minutes il n'y eut plus qu'une respiration artificielle. Au moment où le pouls s'arrêta, il y eut un mouvement convulsif des muscles de la jambe, puis la peau se couvrit d'une sueur visqueuse. La méthode Ready fut continuée durant une demi-heure, puis on eut recours au galvanisme, mais sans succès. Dix minutes environ s'écoulèrent depuis le moment où il fut placé sur la table jusqu'à la mort, ou jusqu'à la cessation de la respiration naturelle.

,. » A l'autopsie, faite le jour suivant, on trouva le cerveau très sain, très ferme et pâle ; les poumons étaient sains. Les cavités droites du cœur contenaient un peu de sang liquide qui se coagula un peu à l'air, et de plus un

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