CHOIX ET POSITION DES AIDES. A
conséquences, conlre laquelle nous nous sommes élevés : pourtant le passé devrait éclairer sur la valeur de ces motifs spécieux. Aujourd'hui on donne le chloroforme plus fréquemment qu'il y a dix ans, on maintient son action beaucoup plus longtemps, on lui demande des services plus variés, et cependant le chiffre annuel des morts survenues pendant son administration est descendu de 7 à 3 environ! Pourquoi, si ce n'est parce qu'on a profité des leçons de l'expérience, parce qu'on sait mieux s'en servir. L'usage de l'élhérisalion impose une obligation préalable : c'est de savoir la faire. Nous n'admettons pas plus que le médecin pratique la chloroformisation sans la connaître, qu'il n'ampute un membre sans savoir manier le cduteau. Sans doute les événements sont très rares, ils paraissent déjouer toute prudence, ils éclatent parfois avec tant de brusquerie, qu'il est déjà trop tard pour y porter remède quand on est assuré de leur existence ! En présence de la gravité des accidents, leur rareté ne peut servir d'excuse ; s'il est vrai que l'arrêt des battements du cœur a surpris à l'improviste beaucoup d'observateurs, il est incontestable que, dans la grande majorité des cas, la syncope est précédée de signes prémonitoires qu'il est possible de saisir, quand on est habile et attentif. Quel est le chirurgien qui n'a pas été à même de les constater, et qui, mettant à profit ce moment d'efficace intervention , n'a pas conjuré de la sorte un péril imminent? Nous ne doutons pas que, dans cette pratique intelligente et éclairée, ne réside le secret de ces chloroformisations constamment heureuses, et la raison du nombre relativement moins considérable de morts subites observées dans les services hospitaliers. Quelques opérateurs •ont l'habitude de confier de préférence la cliloroformisation ■à des personnes étrangères à l'art de guérir, mais spécialement aptes à juger des conditions physiques de l'inhalation. Les raisons qui précèdent indiquent assez que nous blâmons cet usage. C'est peu de chose que la facile et vulgaire manœuvre, réclamée pour l'administration des vapeurs stupéfiantes : verser le
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chloroforme sur une éponge ou dans un appareil, n'a rien que de très simple dans l'exécution. L'important est de savoir apprécier le caractère, le mode de développement des phénomènes anesthésiques. Chacun est capable de régler les conditions physiques de l'éthérisation ; il faut être physiologiste pour en apprécier l'opportunité et les modifier à propos : par conséquent, à moins d'études spéciales sur la question, la chloroformisation ne doit être faite que par des médecins.
L'aide chargé de l'éthérisation ne doit pas avoir d'autres fonctions, que l'on ne compte pas surlui pour tous autres soins, qu'il reste en quelque sorte étranger aux détails de l'opération. Il en résulte qu'un nombre d'aides suffisant, en dehors de lui, devra toujours assister l'opérateur. Outre les services ordinaires qu'ils sont appelés à rendre, ils auront à surveiller les mouvements du patient pendant la durée de la période d'excitation. Toutes les fois que le chirurgien n'en aura pas à sa disposition un nombre suffisant pour ce soin, il devra le confier à des personnes étrangères, en leur indiquant à l'avance ce qu'elles auront à faire.
§ V. — Inliainfion»» rt'essal.
Cette précaution, vantée par quelques chirurgiens anglais, employée pendant un certain temps par M. Guersant, est aujourd'hui justement tombée dans l'oubh. D'après la manière dont il faut envisager les difficultés et les dangers de l'éthérisation, on conçoit que les inhalations d'essai représenteraient un danger de plus à courir, et ne donneraient, en aucune façon, la mesure approximative de la promptitude et de la régularité d'action du chloroforme, au moment de l'opération. Tel individu chez lequel les inhalations suivront un cours très régu- Uer, quand le système nerveux n'est impressionné par aucune émotion, pourra bien inspirer les plus vives inquiétudes au moment de l'opération et sous l'influence des préparatifs qu'elle exige.