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DES RÈGLES DE LA CIILOROFOUMISATION

C'est là un des molils pour lesquels M. Guersanl préiere chez eux l'appareil mécanique, qui offre au moins l'avantage de maintenir le foyer d'évaporalion à une distance constante de la bouche.

Au moment où le malade redevient calme, on recommence l'éthérisation, mais avec beaucoup de réserve. S'il survient de nouvelles convulsions générales avec réaction du côté des grandes fonctions, on s'arrête de nouveau, pour essayer encore quelques instants plus tard. Il est des sujets chez lesquels la chloroformisation s'accompagne de la reproduction interminable des mêmes irrégularités. C'est dans ces circonstances qu'il faut s'armer de courage et de patience. Pas de dépit! pas de brusquerie! En opposant l'obstination d'une sage persévérance à l'obstination du mal, on parvient presque toujours à atteindre la période d'anesthésie confirmée.

C. La menace de vomissements, devenue rare depuis la vulgarisation du chloroforme, est annoncée par l'état du pouls, la pâleur de la face et de petites secousses convulsives du dia-. phragme qui sillonnent la base de la poitrine : la règle est alors de suspendre immédiatement les inhalations; elles seront reprises au moment où l'angoisse du vomissement sera dissipée.

D. Les troubles de la respiration sont ceux qui exigent la plus grande attention, par leur fréquence et leur importance :

1» Chez certains malades, la respiration est lente, paresseuse, à peine marquée par quelques légères ondulations des parois abdominales. L'opérateur en tiendra compte pour stimuler cette fonction. Des flagellations douces et rhythmées sur le ventre ou la base de la poitrine , des interpellations brusques serviront à tirer l'organisme de cet état de torpeur. On voit, sous leur influence, les côtes s'élever à chaque intervention, pour retomber dans cette sorte d'oubli fonctionnel, jusqu'à ce qu'une nouvelle excitation vienne produire un nouveau réveil. En pareil cas, on peut sans crainte continuer les inhalations ■ en utilisant la ressource do ce petit artifice.

MOYENS DE REMÉDIER AUX IRRÉGULARITÉS. /lS8

T La respiration peut être brusquement suspendue par 'état convulsif des puissances respiratrices ou le spasme de la jlotle ; alors des phénomènes de congestion se produisent très rapidement : la face s'anime, les yeux s'injectent et proéminent, les lèvres deviennent livides, les veines du cou se gonlent, et parfois quelques bruits rauques s'échappent des voies lériennes. L'appareil doit être immédiatement enlevé, non pas ians la crainte d'une asphyxie, mais en vue de la syncope qui rient si souvent se substituer à cet état convulsif. Pendant ce emps d'arrêt, des frictions sèches, faites avec la main, seront îraployées pour ramener le calme.

3» On rencontre encore dans la pratique, et surtout chez les )ersonnes impressionnables ou vivement préoccupées de leur Sort, un état de la respiration bien capable de causer de l'em- )arras. Nous le désignons sous le nom de respiration sangloante : dans ces circonstances, l'inspiration est courte, peu déveoppée ; l'expiration, au contraire, est profonde, bruyante et somme produite par le spasme des muscles de la poitrine et du 'entre. Il en résulte des troubles de la circulation ou de la 'espiration, faciles à pressentir. Lorsque cet état est stationlaire, qu'il ne se complique pas de suffocation, on peut conliluer, mais en redoublant de prudence et de surveillance. Dans e cas contraire, il est prudent de s'arrêter jusqu'à ce que le aime se rétablisse.

' E. Les troubles de la circulation, sans être plus importants ue ceux qui précèdent, réclament pourtant plus de prompti* ade et de délicatesse dans l'observation. Ils sont gouvernés ar l'état de la respiration. C'est sans doute pour ce motif que, rènant cette fonction pour régulateur exclusif, plusieurs uteurs, et plus spécialement MM. Sédillot, Bickersteth, Malaigne, recommandent au chloroformisateur de .surveiller les louvements de la poitrine, de ne s'en rapporter qu'à eux, ttribuant une importance secondaire aux changements de aractèrc du pouls. « La manie de s'occuper du pouls penanl l'éthcrisalion, dit M. Malgaigno, détourne l'attention des

hSli DES RÈGLES DE LA CHLOROFORMISATION.

phénomènes respiratoires , et notre avis est qu'on verrait ; beaucoup moins d'accidents, si l'on s'occupait un peu plus • d'assurer la régularité de la respiration (1). »

De pareilles maximes n'ont point prévalu dans la pratique: : on a compris que dans une opération où l'on avait surtout à i redouter l'apparition d'une syncope, il fallait accorder la plus s grande attention à la surveillance du pouls ; surtout en pré- • sence des cas difficiles dont nous venons de parler, sesî révélations seront d'une importance extrême. Lui seul peut! traduire à leur juste valeur la signification des troubles respi-ratoires. Proviennent-ils d'une simple inertie, celui-ci reste; calme; dépendent-ils d'un état convulsif de tout l'appareil, , brusquement il change de caractère, devient petit, irré-gulier, misérable. Ces deux états ont en apparence la même 3 signification, ils ont la même durée, se traduisent tous deuxi par l'arrêt des mouvements inspiratoires, et pourtant le pre-mier ne représente qu'une difficulté à vaincre dans la cou-;duite des inhalations, tandis que le second constitue un péril, imminent qui nécessite une suspension immédiate. Eni pareille circonstance, pas de mesure exclusive; ce n'est pass trop des ressources fournies par les deux grands appareils! pour se prémunir contre des accidents si prompts à se pro-duire. La respiration et la circulation sont deux fonctions con-nexes; leur exploration mérite une attention égale, seulement il faut demander à chacune d'elles les renseignements qu'elle i peut donner; interroger de temps en temps du regard l'iia-' bitude du malade pour savoir comment s'exécute l'inspira-tion; ne pas quitter l'artère du doigt pour scruter, à chaquei seconde, les changements qui peuvent surgir dans l'intervallei de deux mouvements respiratoireSo Loin de se nuire, ces explorations, confiées à un seul aide, s'éclairent, se corroin)rent l'une l'autre. Quand le pouls change de caractère el^ ([u'il. est brusquement modifié dans son rhythme et son am--

(1) licvuc médico-chirurglcalc, t. XIV, p. /i9.

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