ACTION SUR LES ACCIDENTS DES OPÉRATIONS
même but, en prenant pour base les résultats définitifs des opérations, sont empreints du môme caractère d'incertitude; cela se conçoit, car la question est toujours très complexe. Les termes de comparaison sont empruntés à des époques assez éloignées pour que les différences qu'ils font connaître puissent être attribuées aussi bien à des influences générales ou aux progrès de l'bygiène qu'à l'action anesthésique elle-même. Il faudrait, pour bien faire, parlager, durant une certaine période, toutes les opérations en deux séries, pour l'une desquelles seulement on ferait usage du cbloroforme; épreuve désormais impossible, puisque l'usage des ancstbésiques est définitivement entré dans la pratique de tous les chirurgiens. Néanmoins il nous paraît intéressant de consigner ici les tentatives qui ont été failes jusqu'alors. Si elles n'offrent pas les éléments d'une démonstration, leur concordance suffit pour légitimer une présomption très acceptable.
Le plus ancien et le plus important travail sur ce sujet appartient à M. Simpson (d'Édirabourg) (1). Il s'efforça de comprendre dans ses relevés le plus grand nombre de faits qu'il lui fût possible à cette époque. Pourtant, afin de n'avoir que des opérations de même nature, exposant aux mêmes dangers, et pratiquées sur des sujets placés dans des conditions identiques, il limita son choix aux grandes amputations faites dans les hôpitaux.
Les tableaux statistiques de MM. Benjamin Phillips, Lawrie et Malgaigne, pubhés avant la découverte de l'éther, lui servirent de point de comparaison : il est indispensable, pour plus de clarté, de les placer d'abord sous les yeux du lecteur.
M. Phillips (2), en réunissant tous les cas d'amputation relatés dans les publications périodiques de l'Angleterre et des autres pays, depuis le commencement de ce siècle jusqu'en
(1) Simp:on, necherches slalisliques sur les résidlals de rclhérisalion dans les ampulalions (The Monihly Journal of médical science, April 1848 traduit dans la lievve m6dico-cbirurgica!e de Paris, t. III, p. 284).
(2) Ubsci valions on the rcsuUs af ampulalions in difforcnl countrios (London médical Gazelle, t. XXXIII, p. 804).
530 INFLUENCE DE l'ANESTIIÉSIE SUR l'iSSUE DES OPÉRATIONS.
18/i/i, obtint un chiffre de 1369 grandes amputation.s réparties de la manière suivante :
N° 1. — Tableau de la mortalité dans 136!) cas d'amputation de cuisse, de jambe et de bras.
AMPDTATIONS,
PRIMITIVES
SKCONDAIRES.
OPÉRÉS
MORTS
PROPORTION
sur 100.
OPÉRÉS
MORTS
PROPORTION
sur 100.
Cuisse . . .
Jambe . . .
Bras. . . .
Totaux. .
M. le docteur Lawrie (de Glascow) a publié les résultats des amputations pratiquées à l'hôpital de Glascow, depuis sa fondation (année 179Z,) jusqu'en 1839 (1). C'est d'après ces données que Simpson a dressé le tableau suivant :
N" 2. - Tableau de la mortalité dans 2/i2 amputations de cuisse, de
PRIMITIVES
SECONDAIRES
AMPUTATIONS
OPÉRÉS
MORTS
PROPORTION
sur 100.
OPÉRÉS
MORTS
PROPORTION
sur 100.
Cuisse . . .
Jambe . . .
Bras. . . .
Totaux. .
Un troisième tableau a été établi par le même auteur, d'après les résultats statistiques de M. Malgaîgne.
(1) On Ihe liesalls of ampiitalions {London médical aazclle, t. XXVII, p. 394).
INFLUENCE DE l'ANESTHÉSIE SUR l'ISSUE DES OPÉRATIONS. 531
N" 3. — Tableau de la mortalité dans U8U amputations de cuisse, de jambe et de bras, pratiquées dans les hôpitaux de Paris de 1836 à 1841.
AMPUTATIONS
PRIMITIVES
SECONDAIRES
OPÉRÉS
MORTS
PROPORTION
sur 100.
OPÉRÉS
MORTS
PROPORTION
sur 100.
Cuisse. . .
Jambe . . .
Bras. . . .
Totaux. .
Afin de prévenir une objection fondée sur ce que les résultats des amputations compris dans les tableaux précédents étaient empruntés à des époques si différentes, qu'il devenait nécessaire de tenir compte des progrès introduits, soit dans les méthodes opératoires, soit dans les moyens de traitement, M. Simpson dressa, en outre, la statistique de toutes les amputations pratiquées dans trente hôpitaux anglais pendant les dernières années qui précédèrent l'éthérisation. Celles qui figurent -dans le tableau suivant représentent une période de huit ans, de 1839 à 18/i6 inclusivement.
N° k. — Tableau de la mortalité dans 618 amputations de cuisse, de jambe et de bras, pratiquées de ISSOcî 18/i6 dans 30 hôpitaux anglais.
PRIMITIVES
SECONDAIRES
AMPUTATIONS
OPÉRÉS
MORTS
PROPORTION
sur 1 00.
OPÉRÉS
MORTS
PROPORTION
sur 100.
Cuisse . . .
Jambe . . .
Bras. . , .
Totaux. .
532 INFLUENCE DE L'ANESTIIÉSIE SUR L'iSSUE DES OPÉRATIONS.
Pour obtenir l'aulrc terme de comparaison, identique autant que possible, M. Simpson rassembla les résultats de 302 amputations pratiquées dans /i9 hôpitaux anglais sous l'influence de l'anesthésie ; ils se trouvent répartis de la façon suivante.
N° 5. — Tableau de la mortalité dans 320 amputations de cuisse, de jambe et de bras, pratiquées pendant l'élhérisation dans 49 hôpitaux anglais.
TRIMITIVES.
SECONDAIRES
AM PUTATIONS
opÉnÉs.
MORTS
rnoponTiON sur 1 00.
opÉnÉs.
MORTS
PROPORTION
sur 100.
Cuisse . . .
Jambe . . .
Bras. . . .
Totaux . .
En comparant les chiffres de ce tableau avec ceux du n" h, avec lequel il est le plus exactement comparable, puisqu'ils représentent tous les deux des opérations identiques, pratiquées dans les mêmes hôpitaux et sur la même classe de sujets, on trouve une moyenne de mortalité moins élevée à la suite des amputations pratiquées sous l'influence de l'éther. Dans le tableau n" h, en effet, elle est, en chiffre exact, de 1 sur 3,22, tandis que dans le tableau n° 5, elle est de 1 sur 3,8Zi.
Le tableau suivant, dressé également par les soins de M. Simpson, donne les différentes moyennes de mortalité, telles qu'elles se trouvent déduites de tous ceux qui précèdent.
INFLUENCE DE l'ANESTIIÉSIE SUR l'iSSUE DES OPÉRATIONS. 533
N" 6. — Tableau de la morlalilé après les amputations de cuisse, de
jambe et de bras.
Hôpitaux de Paris. — Malgaigne. . .
Hôpitaux de Glascow. — Lawrie. . .
Colieclion générale. — Phillips. . . .
Hôpitaux anglais. — Simpson. . . .
Opérés sous l'influence de l'éllier. .
OPÉRÉS
MORTS