COMPOSITION DES MÉLANGES ANESTIIÉSIQIES
e. Enfin les éponges ou autres corps spongieux, loin d'accélérer l'évaporation de l'élher, peuvent la ralentir dans le rapport de 5 à A et même de 3 à 2, suivant qu'ils occupent plus ou moins complètement la surface du liquide.
Toutes ces observations ont été faites avec l'éther ; elles ne seraient pas rigoureusement applicables à un liquide moins volatil comme le chloroforme, mais nous avons tenu à les reproduire parce qu'elles représentent les véritables bases de fanesthésimétrie. Une telle analyse nous a paru indispensable pour montrer les difficultés contre lesquelles auraient à lutter les partisans d'une méthode rigoureuse.
Moins satisfaisants au point de vue du dosage exact, les essais dont il nous reste à parler, ont eu pour but de déterminer, soit par des expériences directes, soit par comparaison, la composition des mélanges anesthésiants à diverses températures.
M. Lassaigne (1) a cherché à produire artificiellement des mélanges aéro-éthérés, se rapprochant par leur composition de ceux qui sont fournis par les appareils ordinaires.
Il introduit à cet effet dans un volume connu d'air pur de petites quantités d'éther. Ce liquide fournit sur-le-champ des vapeurs qui ne tardent pas à atteindre le degré de saturation. La force d'expansion du mélange augmente, et cette augmentation peut être rigoureusement mesurée en employant un tube gradué, placé sur la cuve à mercure.
Dans trois expériences successives faites avec (50 centimètres cubes d'air, à 0,762 de pression, l'introduction d'une petite quantité d'éther a donné les augmentations suivantes pour les températures indiquées ci-dessous :
A 4- '"^ degrés centigrades. 13 centimètres cubes d'augmentation. A 4- ^^ — 30 — —
Le ra|)j»ort de Fair à la vapeur éthérée et celui de l'oxygène
(1) Uullclin de i'Acadnnic de vudccine, t. MI, p. 4 4o,
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à l'azote, calculés pour un mènic volume de mélange, ont été trouvés comme il suit :
1" expérience faite à 8 degrés :
. . „^ ^ (Oxygène . . . 17,2
Air 82,3] .^ '
• (Azote 65,1
Vapeur d'éther . 17,7 ~82~3"
2* expérience faite à iO degrés:
». ^/. ^ (Oxygène ... 13,9
Air 66,6 , \^ ^'
' (Azote 52,7
Vapeur d'éther . 33,4 '66~6~
3* expérience faite à 1 5 degrés :
(Oxygène. . . 13,5
^'' '^''Uzote ^M^
Vapeur d'éther . 35,4 g^ g
M. Lassaigne conclut de ces expériences que l'air éthéré fourni par les appareils inhalateurs de faible capacité présente, à cause de l'excès d'éther qu'ils contiennent, la composition de celui qui est indiqué dans la troisième expérience, c'està-dire qu'il ne renfermerait plus que 13 à lA pour 100 d'oxygène, proportion inférieure à celle qui existe dans les produits de l'expiration. Nous croyons devoir faire une réserve à l'égard de pareilles déductions. Les conditions expérimentales dans lesquelles s'est placé M. Lassaigne lui permettaient, comme il l'indique, d'obtenir facilement la saturation, en sorte que l'augmentation de volume à chaque température représentait la tension maximum. Or, les conditions dans lesquelles fonctionnent nos appareils inhalateurs indiquent assez qu'ils ne fournissent pas une saturation complète de la colonne d'air qui les traverse ; c'est ce qui d'ailleurs a été démontré par M. Doyère dans les recherches relatées plus haut. Il y a donc dans la [)roposition de M. Lassaigne une cause d'erreur cju'il nous snlïit de signaler [)0ur en faire apprécier rinq)orlancc.