‹ Traité d'anesthésie chirurgicaleChapitre 62 sur 123 · CAUSES DÉTEUMI NAIN TES. A · texte numérisé non relu

CAUSES DÉTEUMI NAIN TES. A

groupe ces chiffres, le nombre des cas dans lesquels Faccident peut être impute à l'opération n'égale pas la moitié.

D'un autre côté, pour que les nerfs de la sensibilité réagissent sur les centres, il faut de toute nécessité qu'ils soient encore excitables. Admettre encore une action réflexe quelconque après que la sensibilité aux irritants mécaniques est abolie, ce serait admettre un effet sans cause. Les effets observés par M. Yigouroux ne peuvent donc se rattacher qu'à une certaine période de l'éthérisme, celle dans laquelle les nerfs sensibles et leur centre perceptif restent encore impressionnables, c'està-dire pendant l'anesthésie incomplète.

L'observation chez l'homme confirme cette prévision. Nous avons pris le soin de relever l'état du pouls chez huit malades pendant toute la durée del'éthérisation, et nous avons vu (1) qu'au moment de la période d'excitation, soit initiale, soit de retour, il marquait les réactions indiquées par M. Yigouroux, même à l'occasion d'impressions douloureuses légères : les piqûres des aiguilles à suture, par exemple. Mais, une fois obtenue l'anesthésie confirmée telle que nous l'avons définie, le pouls ne subit plus, en aucune façon, le contre-coup de l'opération. Les circonstances dans lesquelles se sont déclarés les accidents témoignent la môme chose. Sur les 18 cas de mort subite survenus pendant l'opération, il y en a 10 dans lesquels l'anesthésie était manifestement incomplète.

Appliquée au premier degré de l'éthérisme, à cette péiiode caractérisée par l'abolition de la vie psychique, le mode de réaction sur lequel M. Romain-Vigouroux a appelé l'attention à si juste titre, conserve une importance extrême : importance facile à prévoir, démontrée par la clinique et sanctionnée enfin par l'ingénieux expérimentateur. C'est précisément pour échapper à son action désastreuse que nous avons fixé la période chirurgicale après la perle de la sensibilité et de tout sentiment perceptif. De la sorte on court plus de risques de

(1) Voyez page 161.

hlll CAUSES DE LA SYNCOPE CHLOROFORMIQUE.

voir le malade succomber aux progrès do Téthérisme, on le prédispose à la syncope par un épuisement plus complet des forces nerveuses ; mais ces dangers sont loin d'être aussi sérieux que celui que l'on évite sûrement. En face de deux écueils, le parti de la sagesse est de choisir le moins dangereux.

Page 1