A28 MOYENS DE PRÉVENIR LES ACCIDENTS DE L'ÉTHÉRISATION
tement. M. Robinson a rapporté il y a quelques années dans un journal de médecine américain, un fait qui semble indiquer en effet qu'il faut alors apporter une certaine discrétion dans l'usage des anestbésiques.
Observation. — Une personne de trente-cinq ans, qui, il y a quatre ans, avait avorté à la suite d'une chute au troisième mois, mais qui, il y a deux ans, avait donné le jour à un enfant à terme, fut prise dans le cinquième mois de sa troisième grossesse de violents maux de dents. En vue de les calmer, elle se soumit à l'inhalation d'une certaine quantité de chloroforme, qui fut versé sur un linge, ce qui la mit dans unedemi-anesthésie qui se prolongea pendant environ une demi-heure. Peu de temps après elle sentit des douleurs utérines, qui, après une durée de quelques heures, amenèrent l'enfant (1).
Malgré l'insuffisance des détails et la signification litigieuse du fait lui-même, il est bon pourtant d'en tenir compte et de poser en principe qu'il ne faut, pendant la grossesse, recourir h l'éthérisation que dans les cas d'impérieuse nécessité. La lactation ne paraît exercer aucune influence sur la marcbe de l'anesthésie : elle-même n'en est aucunement troublée. Le plus grand inconvénient qui pourrait en résulter, si l'on faisait usage de l'éther, c'est que le lait, tenant en dissolution une certaine quantité de vapeurs, n'acquît, pendant quelques jours, un arôme désagréable au nourisson. Pourtant dans un cas, l'enfant, allaité par une femme à laquelle on avait fait respirer du cbloroforme, fut pris d'un assoupissement que l'on envisagea comme un effet anesthésique, mais qui probablement était simplement accidentel : ce qui nous le fait croire, c'est que le lait ne contient pas de chloroforme chez les femelles d'animaux anesthésiées pendant la lactation.
C. Influence du tempérameyit ^ de la constitution, des idiosyncrasies. — Ces conditions inhérentes au sujet, et qui constituent sa manière habituelle de vivre n'ont d'importance qu'en raison de leur action sur des mouvements du cœur. On a
(1) Annales médicales de la Flandre occidentale, et Gazelle des hôpitaux, 1858, p. lll.