MOYENS DE COMBATTRE LES ACCIDENTS DE L'ÉTIIÉRISATION
gène. La théorie ne manquait nas d'excellentes raisons au point de vue des phénomènes chimiques de la respiration, pour justifier cette préférence, et cependant nous avons démontré, avec la commission de la Société médicale d'émulation, que l'oxygène pouvait être sans inconvénient remplacé par l'air atmosphérique. Il n'y a donc pas de motif, quelle que soit d'ailleurs la cause à laquelle on attribue la mort apparente, pour accorder la préférence sur l'air atmosphérique, à un gaz dilficile à préparer, plus encore à conserver, et dont le concours, rendu obligatoire, conduirait à se priver le plus souvent des ressources de l'insufïïation.
Le traitement par l'insufflation trachéale, pour donner les résultats que l'on est en droit d'en attendre, doit être employé aussi promptement que possible. Il est donc urgent d'avoir toujours sous la main ce qu'il faut pour l'exécuter, soit une canule trachéale, soit, à son défaut, une sonde ordinaire ouverte à ses deux extrémités. Le mieux serait encore d'être muni d'un appareil insufflaleur construit d'après les principes que nous venons d'établir. Ces précautions ont été trop fréquemment négligées. Quand on parcourt le nécrologe de l'éthérisation, on est tout étonné de voir, presque à chaque accident, le praticien pris au dépourvu, n'ayant à la disposition du malade que de l'air frais et de l'eau claire; et c'est dans ces conditions que se pratique encore tous les jours la chloroformisation ! On peut le dire sans amertume comme sans faiblesse, l'organisation des secours à porter aux malades atteints de syncope chloroformi(|ue a manqué jusqu'alors : tant qu'elle n'existera pas, et qu'elle n'aura pas ses lois; tant qu'elle n'aura pas fonctionné régulièrement, personne n'est en droit d'en préjuger les résultats.
Les bases peuvent en être déterminées de la façon suivante : dans toute syncope, et immédiatement après la disparition du pouls, il faut placer la tête du sujet dans une position déclive, puis pratiquer immédiatement la respiration artificielle, d'abord à l'aide de pressions rhythmiques sur la poitrine et l'abdomen
ACTION SUR l'État immédiat des opérés. 521
pendant que l'on introduit la canule, et ensuite à l'aide de i'insuftlation trachéale poursuivie avec opiniâtreté, soit avec la bouche, soit avec un soufflet, jusqu'à ce que toute chance de succès ait disparu, sans chercher à lui substituer, en désespoir de cause, d'autre méthode de traitement. L'introduction de la canule sera faite par le larynx, à l'aide du doigt ou d'un conducteur ; ce n'est que dans les cas où ce procédé offrirait des difficultés insurmontables ou trop de lenteur que Ton serait autorisé à pratiquer la trachéotomie.