VIEUX CHATEAUX ET ABBAYES
Aucun genre de peinture ne peut traduire avec plus de charme et de poésie que l’aquarelle les vieux châteaux et les abbayes, sous les ruines desquels sont ensevelis tant de souvenirs et de merveilleuses légendes.
Bien que ces monuments rentrent essentiellement par tous leurs éléments de composition dans les fabriques, nous pensons qu’ils doivent y occuper une place hors cadre, à cause du caractère particulier dont les siècles ont revêtu les vieux murs qu'ils nous ont conservés en effritant leurs contours, en brisant les lignes parles végétations parasites.
Quoi de plus pittoresque, de plus imposant, de plus propre à captiver l’imagination que ces châteaux perchés comme des nids d’aigle ou de vautour sur le sommet des monts escarpés et dont les ponts-levis, les épaisses murailles, les énormes tours, les donjons surmontés de créneaux et de mâchicoulis semblent être les débris d’un monde fantastique (fig. 130)?
Quels sujets de méditation, quelles rêveries, quelles idées de calme et de recueillement n’inspirent pas ces vieilles abbayes dont les longues colonnades et les cloîtres mystérieux sont souvent enfouis aux deux tiers dans Je sol (fig. 131 et 132) ; dont les pans de mur, aujourd'hui affaissés, ont jonché la terre de débris, ou dont les tours gigantesques, encore surmontées d’un lambeau de toit vermoulu, résistent fièrement aux efforts du temps ou de la tempête !
Quels sujets plus capables d’inspirer un peintre! Pourtant ce genre, qui n'a pas d’égal, est quelque peu délaissé aujourd’hui;
VILLAGE et CHATEAU de JOSSELIN (BRETAGNE.)