DERNIERS CONSEILS
Nous avons voulu, dans cette troisième partie, donner à l’aquarelliste une idée des morceaux de la nature les plus capables de frapper son imagination et des innombrables sujets d'étude qui s’offrent à lui. Aux quelques explications dans lesquelles nous avons pu entrer nous avons joint des dessins ou des aquarelles sincèrement faits d’après nature, persuadé que, si dans les questions d'art un exposé théorique est quelque chose, un type dessiné ou peint est plus encore, et qu’un volume en dit moins que le moindre dessin bien compris. Les types dont nous parlons sont des reflets de nos impressions et de nos sentiments personnels; c'est maintenant à l’élève d’en faire son profit, et, dès qu’il le pourra, de s’affranchir de son guide pour marcher seul et devenir lui-même.
Quand on est suffisamment instruit sur l’art, qu'on possède bien les principes qui sont la base fondamentale de toute création, qu’on a enfin bien compris l’exécution en théorie, il faut naturellement arriver à la pratique ; mais c’est alors seulement qu’il faut y arriver; car la pratique sera toujours défectueuse, si elle n’a la théorie pour guide et pour appui.
« La théorie est comme le bâton de l’aveugle », a dit Decamps, un de nos plus illustres peintres modernes. Le maître avait raison ; ajoutons cependant que la pratique seule, privée de raisonnement, arrivera encore, par une imitation servile, à produire une œuvre quelconque, quoique privée d'harmonie, d’ensemble, d’unité, comme