‹ Traité d'aquarelleChapitre 89 sur 215 · CONDUIRE LA. GOUTTE D’EAU · texte numérisé non relu

CONDUIRE LA. GOUTTE D’EAU

Quand les ombres et le modelé de l’aquarelle sont faits, il faut poser le ton local, c’est-à-dire la couleur et la valeur variées des objets, et, à cet effet, délayer la teinte voulue aussi complètement que possible avec une assez grande quantité d’eau pour que le pinceau, s’emplissant de cette teinte, puisse la déposer en effleurant seulement le papier; or, l’aquarelle étant inclinée, cette teinte faite ou à moitié faite laisse sur son bord inférieur de larges gouttes qui n’attendent que le coup de pinceau pour descendre et envelopper les teintes suivantes. En observant celte conduite de la goutte, on obtient facilement un lavis transparent, qui a beaucoup de charme,

PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE L'ART

et de plus on peut augmenter ou modeler le ton local; car cette ample teinte humide se maintient quelque temps.

L’aquarelliste inexpérimenté pèche toujours par le manque d’eau dans les teintes; il peint presque à sec et s’étonne que ses teintes manquent de fraîcheur et de transparence; qu’il se rappelle donc ce vieux principe : conduire la goutte.

Page 1