‹ Traité d'aquarelleChapitre 90 sur 215 · GRENER · texte numérisé non relu

GRENER

Ce moyen, employé à des degrés différents sur les premiers et sur les seconds plans, peut donner d’excellents résultats; le danger est d’en user mal, ou du moins d’en user trop souvent.

Ou a, par exemple, un mur où l’on désire figurer le grain de la pierre, un terrain, un chemin où il est nécessaire d’indiquer des aspérités : il faut grener. S’agit-il d’un arbre se dessinant sur le ciel avec un feuillé fin et élégant : c’est en grenant qu’on le représentera dans sa forme légère. Yeut-on figurer des groupes de feuilles qu’on ne pourrait jamais représenter en cherchant à les analyser, veut-on indiquer les détails que présente un tronc de chêne, d’orme ou de tout autre arbre : on y arrivera par le grené.

En général, le grené, qui s’exécute simplement comme modelé, se fait en glissant rapidement le pinceau; mais le modelé des terrains, des pierres, des murs, etc., demande une certaine préparation; voici dans ce cas la manière de procéder :

Le pinceau (fig. 69) étant légèrement mouillé et enduit de couleur d’un ton plus ou moins fort, selon le besoin, le poser sur la palette, l’y appuyer fortement, le faire osciller en variant le mouvement, et le pousser en avant jusqu’à ce qu’il s’aplatisse et s’ouvre en éventail (fig. 70); alors, le plaçant sur le côté où il présente sa partie unie (fig. 71) et le passant rapidement en sens divers, on obtient facilement un grain régulier ou varié à volonté.

Le grené peut être employé, soit au moment du modelé des ombres fortes, soit lorsque l’aquarelle est terminée. Néanmoins,

pour les seconds plans, il vaut mieux l’employer au moment du modelé, parce qu’alors il sera enveloppé et adouci par les teintes

Fig. 69. Fig. 70. Fig. 7i.

locales, et, pour les premiers plans, lorsque l’aquarelle est terminée, parce qu’alors il conservera son accent.

Page 1