LA PERSPECTIVE AÉRIENNE
(Voir lig. 79 et 1 19.)
« Il y a, dit Léonard de Vinci, une espèce de perspective qu'on nomme aérienne, qui, par divers degrés des teintes de l’air, peut faire connaître la dilférence d’éloignement des divers objets. » La perspective aérienne est donc en peinture la juste apposition des teintes et des valeurs, selon la distance où se trouvent les objets qu’elles représentent.
Les teintes et les valeurs s’atténuent à mesure que nous nous éloignons des objets; cet affaiblissement plus ou moins grand des tons est dû à la masse d’air plus ou moins considérable qui s’interpose entre notre œil et les objets.
Il n’y a point de règles fixes pour la perspective aérienne, à l’égard de laquelle toute théorie ne pourrait être que vague et insaisissable comme l’objet dont elle traiterait; c’est au peintre 5 observer la nature et à en saisir les mystérieuses indications.
D’ailleurs, l’application de la perspective aérienne varie constamment selon le temps et les pays. Dans le Midi, la transparence de l’atmosphère fait que les objets conservent leur coloration vraie à de très grandes distances. Dans le Nord, au contraire, où l’air est si fréquemment chargé de nuages et de brouillards, les objets dans
1. Pour les détails et les explications techniques, nous renvoyons le lecteur à notre Traite pratique de perspective.
PRINCIPES ELEMENTAIRES DE L’ART
l’éloignement sont comme enveloppés d'un voile et n’offrent plus à l’œil que des masses superposées participant plus ou moins du ton de l’atmosphère.
On dit d’un tableau exprimant une grande distance : la perspective aérienne est bien observée dans ce tableau.