‹ Traité d'architecture dans son application aux monuments de BruxellesChapitre 100 sur 143 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

L’ARCHITECTURE ITALO- FLAMANDE

La Renaissance, en matière d’architecture, est un retour à l’art grec et romain, tel qu’il fut interprété en Italie à partir du xv® siècle. D’Italie elle pénétra dans les pays voisins où elle se substitua à l’architecture nationale. Toutefois, chez nous, la rupture ne fut pas brusque. Il y eut une période de transition pendant laquelle on mêla les principes gothiques traditionnels aux principes nouveaux de la Renaissance.

Il y eut à vrai dire deux Renaissances. Une première, au XVI® siècle; une deuxième, au xvii® siècle.

La première Renaissance était toute classique, sobre d’ornements, exigeant l’application rigoureuse de certains canons ou règles de construction. Elle fut introduite dans les Pays- Bas au XVI® siècle, mais n’eut à Bruxelles qu’une faible répercussion. Les édifices religieux élevés à cette époque — la chapelle de la Cour (1525-1553), l’église de Saint-Géry (1520- 1564), la chapelle du Saint-Sacrement à l’église de Sainte- Gudule (1534-1539) — appartiennent encore tous, et exclusivement, au style gothique flamboyant. Parmi les édifices civils privés, nous ne relevons que deux exemples d’application intégrale de la Renaissance classique, le palais Granvelle, bâti vers 1550, et la maison des peintres, à la Grand’ Place, construite en 1553 Les troubles religieux vinrent arrêter l’expansion de cette première Renaissance et la dispersèrent vers les provinces du nord. Elle ne nous intéresse donc pas ici et nous n’en poursuivrons pas l’étude. Il n’en est pas de même de la deuxième Renaissance qui fut largement représentée à Bruxelles.

La deuxième Renaissance est une dégénérescence de la première, en ce sens qu’elle cesse de poursuivre l’application rigoureuse des canons classiques et se complaît dans une ornementation exubérante qui lui valut en Italie le nom de style baroque. Cette Renaissance fut répandue en Belgique, et

I. Guide illustré de Bruxelles. Les Monuments civils et religieux, pp. 96 et 78.

plus particulièrement à Bruxelles, dès le début du xvii® siècle. Elle ne fut cependant pas reprise servilement mais adaptée par nos architectes à leur vision personnelle. Comme Rubens fut un des grands promoteurs de cette architecture baroque, on la qualifie parfois, mais improprement, de style Rubens. D’autre part, comme les Jésuites l’appliquèrent de préférence à leurs églises à partir de 1615, on lui donne très souvent aussi le nom de style jésuite, et même cette expression est devenue d’un usage courant. Cependant il n’y a pas eu de style jésuite, pas plus qu’il n’y a eu un style Rubens. Il conviendrait de parler tout simplement de Renaissance flamande, ce serait déjà plus exact, mais nous préférons à cette expression un peu générale celle à' Architecture italo- flamande, de style italo- flamand, afin de bien marquer le double apport qui constitue le fond de nos édifices du xvii^ siècle, l’apport 'italien et l’apport flamand.

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