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LA VOUTE

A la fin de la période gothique la voûte s’abaissait au point de se confondre presque avec le plein cintre. La Renaissance revient à la voûte en plein cintre et écarte définitivement la voûte d’ogives. Tout souvenir de la voûte gothique n’est cependant pas perdu, comme nous le verrons à l’instant.

Fig. 281. Voûte hémisphérique à réseau du carré du transept de l’église du Béguinage. Arcs-doubleaux larges, ornés de caissons (1657-1676).

L’ARCHITECTURE ITALO-FLAMANDE

La voûte en plein cintre présente les particularités suivantes :

1. V arc- doubleau redevient ce qu’il était dans le style roman et le style gothique primaire, c’est-à-dire une bande large, plate et saillante, séparant deux travées (fig. 34, 35, 76, 112). Au surplus, il est orné de caissons ou compartiments rehaussés de sculptures, car l’architecture de la Renaissance désire que la voûte soit richement décorée.

La fig. 293, qui nous montre l’intérieur de l’église du Béguinage, nous laisse voir une succession de trois arcs-doubleaux, les deux premiers délimitant le carré du transept, le troisième séparant l’abside du chœur proprement dit. La fig. 281 est plus précise. Nous y voyons à l’avanU plan l’arc-doubleau à caissons séparant le carré du transept de la grande nef.

2. Les nervures de la voûte gothique subsistent. Les principes de la voûte gothique ne furent pas immédiatement abandonnés.

Le système des nervures resta en usage. On reprit même de l’architecture ogivale de la dernière' période la voûte en réseau, de sorte qu’il y a une similitude parfaite entre la voûte de la chapelle gothique du Saint-Sacrement à l’église de Sainte- Gudule, par exemple, et la voûte hémisphérique du carré du transept de l’église italo-flamande du Béguinage (fig. 257 et 203 à comparer à la fig. 281).

Seule, la retombée des nervures diffère, et elle doit différer. C’est que l’entablement, qui occupe la place de l’ancien triforium, empêche désormais la nervure de descendre jusqu’au chapiteau de la colonne. La nervure s’arrête désormais dans un angle de la travée et s’appuie sur une console ouvragée (fig. 282). Quant à l’arc-doubleau, il ne peut atteindre davantage le chapiteau de la colonne maîtresse et il doit s’appuyer sur la corniche de l’entablement (fig. 281). Il n’y a plus de liaison intime entre la voûte et le restant de l’édifice.

Fig. 282. Retombée de la nervure de la voûte dans les édifices de la Renaissance (église du Béguinage).

3. La voûte étant redevenue hémisphérique, elle n’exerce plus la même poussée sur les murs latéraux, ce qui permet de transformer le système des contreforts et de supprimer éventuellement les arcs-boutants (paragr. ii).

Fig. 283. Contrefort de l’église du Béguinage (1657-1676).

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