II. LE CONTREFORT ET L’ARC-BOUTANT
Le contrefort et l’arc-boutant étaient deux éléments constructifs essentiels de l’architecture gothique, à cause de la poussée que la voûte d’ogives exerçait sur les murs (p. iio). Le jour où la voûte redevient hémisphérique, la poussée diminue et par conséquent l’architecte peut songer à modifier le système des butants. Il n’abandonne cependant pas immédiatement le système traditionnel et ici, comme ailleurs, il maintient les contreforts, et dans une certaine mesure, des arcs-boutants.
I. Le contrefort dans les édifices de la Renaissance garde momentanément la structure du contrefort gothique. Il est fortement saillant et divisé en étages (fig. 283) mais il ne peut plus être question de pinacle.
L’achèvement se fait par un petit aileron, sorte de console, qui amortit l’étage supérieur (fig. 283). Quant aux moulures qui ménagent la transition d’un étage à l’autre, elles n’ont plus le profil gothique mais un profil Renaissance.
Le contrefort « gothique »
n’est cependant pas maintenu partout. Quand le système de
L’ARCHITECTURE ITALO-FLAMANDE
la voûte le permet, le constructeur se contente d’un simple pilastre, comme à l’église des Riches-Claires (fig. 303) et à l’église de Bon Secours. Il y a un retour au système constructif roman (fig. 36).
2. L’arc-boutant, comme le contrefort, est parfois maintenu, mais il change complètement d’aspect et revêt la forme d’un aileron, sorte d’éperon massif, ressemblant à une console renversée et s’appuyant sur les arcs-doubleaux des collatéraux (fig. 288 et 304).