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LA FENÊTRE

La fenêtre de la Renaissance italo-flamande diffère complètement de la fenêtre de l’architecture ogivale. Celle-ci était recouverte d’un arc brisé, divisée par des meneaux et ornée d’un magnifique remplage (voir, par exemple, les fig. 214 à 219). Plus rien de semblable.

I. L’arc brisé fait place à un arc en plein cintre, conformément au principe général qui domine le style de la Renaissance. Les fig. 284 et 285 nous montrent des arcs en plein cintre.

Cependant, exceptionnellement, on rencontre, surtout au rez-de-chaussée, des fenêtres dont l’arc est fortement surbaissé. C’est le cas, par exemple, à l’église de N.-D. de Bon Secours (fig. 297). L’arc en plein cintre ne tarde cependant pas à réapparaître à l’étage supérieur (même fig.).

Les fenêtres de la façade de l’église des Brigittines sont cintrées mais à des degrés différents (fig. 291). Au rez-dechaussée et au gâble, l’arc ne décrit pas un demi-cercle, comme à l’étage. Par contre, l’arc en plein cintre caractérise la chapelle Maes, adossée au chevet du choeur de l’église de Sainte-Gudule (fig. 292).

Le style classique de la première période (xv®-xvi® siècle) connaissait l’ouverture rectangulaire , surmontée d’un fronton triangulaire ou circulaire. Ce type passa dans le baroque italien, et nous ne devons pas nous étonner de le rencontrer dans les façades, telles que les façades des églises des Jésuites et des Augustins, qui furent manifestement calquées sur des modèles italiens. A part les volutes, qui s’enroulent à rebours le long de ses piédroits, la fenêtre rectangulaire de l’étage de l’ancienne église des Augustins (fig. 287), avec son entablement et son fronton, se rapproche davantage de la Renaissance du XVI® siècle que de celle du xvii®. L’exemple de l’église des Jésuites est plus caractéristique encore (fig. 288).

Le style italo-flamand n’adopta pas la fenêtre rectangulaire pour ses églises. Il lui préféra la fenêtre cintrée, du type que nous venons de décrire. L’ouverture rectangulaire ne réapparaîtra que dans le style néo-classique.

2. Suppression des meneaux et du remplage. La baie de la fenêtre italo-fl amande est garnie d’une simple mise en plomb.

3. U encadrement constitue la caractéristique de la fenêtre italo-fl amande tant par la richesse que par la variété de son ornementation. Il faut renoncer à établir ici des règles, tant la fantaisie est grande, tant la recherche de l’effet pousse le constructeur à inventer des formes toujours nouvelles. La ligne verticale est sans cesse interrompue par des moulures saillantes, par des courbes et des contre-courbes. Les contours sont mouvementés et tourmentés. Jamais deux fenêtres ne sont complètement identiques.

Il suflit de jeter un coup d’œil sur la fig. 284 pour se rendre compte de la fantaisie que l’artiste a déployée dans la construction de cette fenêtre. L’encadrement est divisé de distance en distance par des bandeaux, motif familier de la Renaissance italo-flamande. Il est recouvert d’un fronton triangulaire dont la ligne horizontale est brisée, afin de pouvoir mieux orner le tympan, en y sculptant une tête d’ange et des guirlandes de fleurs et de fruits. La fenêtre se prolonge ♦ dans un bas-relief pris dans un cadre aux contours tourmentés et rehaussé d’un cartouche ou cuir, décor que nos architectes flamands affectionnaient tout particulièrement.

Cette fenêtre orne la façade principale de l’église du Béguinage (fig. 290). On sait que toute l’attention de l’architecte se portait sur cette partie de l’édifice et que le restant était traité dans une note plus simple. C’est aussi le cas pour l’église du Béguinage, dont les façades latérales sont très sobrement décorées, si on les compare à la façade principale.

La fig. 285 nous fait connaître le type de la fenêtre. Le type de la fig. 284 s’y retrouve mais simplifié. En dessous de la fenêtre devaient figurer en bas-relief des scènes de la Passion du Seigneur.

Un élément de cette fenêtre doit retenir notre attention. C’est l’arc, sorte d’archivolte, qui contourne en forte saillie le plein cintre de la baie. Ce larmier est propre à nos constructions brabançonnes. Il a pour but premier de détourner de la fenêtre les eaux qui ruissellent le long de la façade. Il sert aussi d’ornement, si bien qu’on le rencontre à l’intérieur des édifices (fig. 297). Quelle est son origine? On l’ignore.

Fig. 284. Fenêtre ornant la façade principale de l’église du Béguinage (1657-1676).

Fig. 285. Fenêtre de la façade latérale de l’église du Béguinage (1657-1676).

L’ARCHITECTURE ITALO-FLAMANDE

Comme on le retrouve aux portes (fig. 286), on s’est demandé s’il ne faut pas y voir un reste atrophié de l’auvent.

La fenêtre ovale. Si le style gothique de la dernière période (xvi® siècle) connaissait la fenêtre triangulaire curviligne (fig. 222), le style italo-flamand du xvii® siècle introduisit l’usage de la fenêtre ovale. Nous trouvons celle-ci à l’église des Riches-Claires où elle éclaire la partie supérieure de la nef et des absides (fig. 303). Elle se rencontre aussi dans la façade de l’église de N.-D. de Bon Secours. Une moitié est visible sur la fig. 286.

L’ovale, comme la fenêtre cintrée, est surmonté d’un larmier.

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