LA VOUTE
Les premières constructions romanes en pierre n’étaient pas nécessairement voûtées. Au contraire, elles étaient presque toujours recouvertes d’un simple plafond en bois.
L’usage du plafond se maintint même fort tard. Il se perpétua en Brabant, jusqu’en plein xiii® siècle.
Le système de la voûte fut appliqué tout d’abord à la crypte, et cela se comprend, puisque la crypte devait supporter le poids d’une église supérieure. L’abside et le chœur de cette église furent voûtés les premiers; ensuite les bascôtés, et en dernier lieu la nef principale, de sorte que la voûte s’étendit progressivement à tout l’édifice.
On distingue deux espèces de voûtes : la voûte en berceau et la voûte d’ arêtes.
A. Voûte en berceau (fig. 31).
La voûte en berceau est la voûte la plus simple. Elle est semi-cylindrique et se trouve parfois renforcée de distance en distance par un arc en saillie ou bande étroite, plate et saillante, adhérant au contour de la voûte. Cet arc de soutien s’appelle arc-doubleau. La voûte entière repose par ses
extrémités sur des murs uniformément épais, sur lesquels elle exerce une pression identique partout.
La figure 31 explique d’une façon concrète ce que nous venons de dire. On y voit une voûte semi-cylindrique, se
Fig. 32. Extérieur d’une voûte d’arêtes. (Vue schématique.)
Fig. 33. Intérieur d’une voûte d’arêtes. (Vue schématique.)
LE STYLE ROMAN
prolongeant sur une certaine étendue, uniformément soutenue par des murs et renforcée de distance en distance par des arcs-doubleaux (A, B et C). ^
B. Voûte d’arêtes (fig. 32 et 33).
Si maintenant deux voûtes en berceau, de même ouverture et se coupant à angle droit, se pénètrent réciproquement, elles forment une voûte qui offre quatre quartiers, -réparés l’un de l'autre par une arête, d’où le nom de voûte d’arêtes.
Chaque extrémité de la voûte retombe diagonalement sur un support (pilier ou colonne).
L’espace voûté ou arqué entre deux supports se nomme travée. Une travée est séparée d’une travée voisine parunarcdouhleau, qui renforce ainsi les voûtes en leur point de jonction. La fig. 34 donne la coupe d’une travée.
La crypte de Saint-Guidon à Anderlecht compte une série de travées dont chacune est recouverte d’une voûte d’arêtes. La fig. Il, qui donne le plan terrier de cet édifice, les indique en pointillé ; elle laisse voir aussi l’emplacement des arcsdoubleaux qui relient les supports et séparent les travées les
unes des autres. La fig. 35 est une vue d’ensemble de l’intérieur de cette crypte. On remarquera le jeu des colonnes, ainsi que les voûtes, dont les arêtes retombent diagonalement sur les chapiteaux.