II. LE CONTREFORT ET DARC-BOUTANT
Le jour où on applique la voûte à croisée d’ogives, la poussée sur les murs devient plus forte. Dès lors, il ne peut être question de maintenir le contrefort-pilastre du style roman (fig. 36). On renforce ce soutien et on en fait un véritable fUier butant ou éperon. Si on avait donné à ce pilier-butant
L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE
la même largeur en haut qu’en bas, il aurait été extrêmement lourd et disgracieux. L’architecte s’applique à le rendre esthétiquement acceptable. Il le divise en deux ou plusieurs étages, disposés en retraite l’un sur l’autre. A chaque étage il y a un glacis ou plan incliné, non seulement agréable à la vue, mais utile aussi parce qu’il rejette instantanément les eaux pluviales.
Le contrefort de la fig. 78 est adossé au chœur romano-ogival de l’église de N.-D. de la Chapelle. Il est dépourvu encore de tout pinacle ou clocheton et s’arrête à la hauteur du toit ; sa masse étagée n’est décorée d’aucune sculpture. C’est un type intermédiaire entre le pilastre roman et le contrefort élégant du style gothique.
Au stade romano-ogival, Varchoutant n’existe pas encore. Nous ne le trouverons qu’au stade suivant.